Dl«a révélé par tes oavragéf
Oui, c'est un Dieu caché ^ que le Dieu qu'il faut croire; Mais, tout caché qu^il est 3, pour révéler sa gloire, Quels témoins éclatants devant moi rassemblés i Répondez, cieux et mers, et vous, terre, parlez I Quel bras peut vous suspendre, innombrables étoiles^ Nuit brillante, dis-nous qui t'a donné tes voiles?
1. w Invisible. j> Dieu étant nn pur esprit ne peut tomber sous nos sens, et ne so manifeste qvCk l'intelligence. On dit d'nne manière absolne : Je crois en Dieu; mais ici le complément caché don&é an mot Dieu appelle la forma : Je crois un Dieu caché.
2. Remarquer la proposition absolue tout caché gu*U ett, pour rendre oompte de rinégularlté de la conatractien.
LtTBS I. 7
0 cieuxl que de grandenr, et quetle majesté I Je reconnais un maître à qui rien n*a coûté, Et qui dans vos déserts a semé la lumière Ainsi que dans nos champs il sème la poussière. Toi qu'annonce Taurore, admirable flambeau. Astre toujours le même, astre toujours nouveaa, Par quel ordre, 6 soleil ! viens- tu du sein de Tonde Nous rendre les rayons de ta clarté féconde? Tous les jours je t'attends, tu reviens tous les jours : Est-ce moi qui t'appelle, et qui règle ton cours? Et toi dont le courroux veut engloutir la terre, Mer terrible, en ton Ut quelle main te resserre? Pour forcer ta prison tu fais de vains efforts : La rage de tes flots expire sur tes bords^ ... La voix de l'univers à ce Dieu me rappelle; La terre le publie. « Est-ce moi? me dit-elle*, Est-ce moi qui produis mes riches ornements? C'est celui dont la main posa mes fondements. Si je sers tes besoins, c'est lui qui me l'ordonne. Les présents qu'il me fait, c'est à toi qu'il les donne. Je m'empare des fleurs qui tombent de sa main; 11 ne fait que l'ouvrir et m'en remplit le sein. Mais à d'autres objets tu peux le reconnottre : Contemple seulement l'arbre que je fais croître. Mon suc, dans la racine à peine répandu. Du tronc qui le reçoit à la branche est rendu ; La feuille le demande, et la branche fidèle. Prodigue de son bien, le partage avec elle. De l'éclat de ses fruits justement enchanté, Ne méprise jamais ces plantes sans beauté. Troupe obscure et timide, humble et faible vulgaire : Si tu sais découvrir leur vertu salutaire, Elles pourront servir à prolonger tes jours, Et ne t'afflige pas si les leurs sont si courts : Toute plante, eu naissant, déjà renferme en elle D'enfants qui la suivront une race immortelle ; Chacun de ces enfants, dans ma fécondité,
1. Belle Image due an rapprochement on a Tantith^ d«a deux méta^hong : le fage de tes flots — expire, etc.
2. Exemple de prosopopée à remarquer. Four comprendre comblea ce tour donne de Tle et de mouvement k la pensée, U suffit de le remplacer par U femio Indirecte : Elle dit que ce n'est point elle qv4 produit H9 rieheê omanaUs,
8 BEGVEIL DE IfOHGBAVX CHOISIS»
Trouve un gage nouveau de sa postérité. »
Ainsi parie la terre; et, charmé de l'entendre, Quand je vois par ces nœuds, que je ne puis comprendre, Tant d'êtres diflférents l'un à l'autre enchaînés, Vers une même fin constamment entraînés, A l'ordre général conspirer tous ensemble, Je reconnais partout la main qui les rassemble. Et d'un dessein si grand j'admire l'unité Non moins que la sagesse et la simplicité.
Mais pour toi, que jamais ces miracles n'étonnent, Stupide spectateur des biens qui t'environnent, 0 toi qui follement fais ton Dieu du hasard*, Viens me développer ce nid qu'avec tant d'art, Au même ordre toujours architecte fidèle, A l'aide de son bec maçonne l'hirondelle. Ck)mment, pour élever ce hardi bâtiment, A-t-elle, en le broyant, arrondi son ciment? Et pourquoi ces oiseaux, si remplis de prudencet Ont-ils de leurs enfants su prévoir la naissance?... Ceux qui, de nos hivers redoutant le courroux , Vont se réfugier dans des climats plus doux, Ne laisseront jamais la saison rigoureuse Surprendre parmi nous leur troupe paresseuse. Dans un sage conseil, par les chefs assemblé. Du départ général le grand jour est réglé; Il arrive, tout part : le plus jeune peut-être Demande, en regardant les lieux qui l'ont vu naîtro. Quand viendra ce printemps par qui tant d'exilés Dans les champs paternels se verront rappelés.
A nos yeux attentifs que le spectacle change : Retournons sur la terre, où jusque dans la fange L'insecte nous appelle, et, certain de «on prix, Ose nous demander raison de nos mépris... De l'empire de l'air cet habitant volage. Qui porte à tant de fleurs son inconstant hommago Et leur ravit un suc qui n'était pas pour lui. Chez ses frères rampants qu'il méprise aujourd'hui, Sur la terre autrefois traînant sa vie obscure,
1. Les clenx, la terre, la mer, les phënombnes de la vëgétatlon proclament Tinfinie sagesse du Créateur. Cette apostrophe k ceux qui attribuent au hasard toutea ces merveilles fournit à l'auteur une transition pour arriver aux témoignage! rtndat k rezistence de Dieu par Vinstlnct et rorganisaUon des animaux.
LIVRB I. 9
Semblait vouloir cacher sa honteuse Bgure. Mais les temps sont changés, sa mort fut un sommeil : On le vit, plein de gloire à son brillant réveil, Laissant dans le tombeau sa dépouille grossière, Par un sublime essor voler vers la lumière.
Le roi pour qui sont faits tant de biens précieux, L'homme, élève un front noble et regarde les cieux.