Les monf aynes iln Valais
Tantôt d'immenses rochers pendaient en ruine au-dessus de ina tète ; tantôt de hautes et bruyantes cascades m'inondaient de leur épais brouillard ; tantôt un torrent éternel ouvrait à mes côtés un abîme dont les yeux n'osaient sonder la profondeur. Qnelquefois je me perdais dans l'obscurité d'un bois touffu. Quelquefois, en sortant d'un gouffre, une agréable prairie réjouissait tout à coup mes regards. Un mélange étonnant de la nature sau- ^ge et de la nature cultivée montrait partout la main des liommes, où l'on eût cru qu'ils n'avaient jamais pénétré : à côté d'une caverne, on trouvait des maisons, on voyait des pampres *
1- Cette expression prc'sento Vld($o de hauteur, de fierté; elle est tonte metaphoriqne et dérive du mot sourcil. Comme le sourcil domine l'œil et concotfrt •nrtOTit k exprimer dans la physionomie le sentiment de la fierté, on a appelé lourdl/eux les monts d'une grande hauteur et d'un aspect majestueux.
^' Pompra. Branches de rlgnes avec leurs feuiUes.
14 RBGVEIL DB VOftCSAUX CHOISIS.
86C8 OÙ l'on n'eût cherché qoe des ronces ; des vignes dans des terres éboulées, d'excellents fruits sur des rochers, et des champs dans des précipices.
Ce n'était pas seulement le travail des hommes qui rendait ces pays étranges si bizarrement contrastés : la nature semblait encore prendre plaisir à s'y mettre en opposition avec elle-même, tant on la trouvait différente en un même lieu, sous divers aspects ! Au levant, les fleurs du printemps, au midi, les fruits de Tautomne, au nord, les glaces de l'hiver : elle réunissait toutes les saisons dans le même instant, tous les climats dans le même lieu, des terrains contraires sur le même sol, et formait l'accord inconnu partout ailleurs des productions des plaines et de celles
des Alpes K
J. J. RoossMir*