‹ Recueil de morceaux choisis de prose et de vers, avec des notes pour l'intelligence du texte et l'étude de la langueChapitre 272 sur 466 · Aspect de lérosalem et de la ludée · texte numérisé non relu

Aspect de lérosalem et de la ludée

Entre la vallée du Jourdain et les plaines de i'Idumée s'étend une diatne de montagnes qui commence aux champs fertiles de la Galilée et va se perdre dans les sables de l'Yémen ^. Au centre de ces montagnes se trouve un bassin aride, fermé de toutes parts par des sommets jaunes et rocailleux ; ces sommets ne s'entr'ouvrent qu'au levant, pour laisser voir les gouffres de la mer Morte et les montagnes lointaines de l'Arabie. Au milieu de ce paysage de pierres, sur un terrain inégal et penchant, dans Tenceinte d'un mur jadis ébranlé sous les coups du bélier ', et fortifié par des

1. Histoires gothiques. « Vieilles histoires. » Les Goths étaient des peuples gernunilqnes qai ont raragé ou asserri une partie de TËnrope dans le ve siMeis notre toe. Ils y ont laissé tant de traces de leur passsge qn'on a compris souvent sons la désignation de gothique tout ce qui appartient aux ftges reculés de notre histoire sans aucun rapport avec les Goths. Ce mot signifie donc ancien, antique; en mauvaise part et par extension, vieux, usé, de mauixiis goût.

3. Le Jourdain prend sa source dans le Liban, traverse la Palestine et se Jette dans la mer intérieure qu'on appelle mer Morte ou lac Asphaltite. Vldumée était située au sud -ouest, la Galilée, une des grandes divisions de la Palestine, au nord, ITémen, partie fertile de l'Arabie, s'étendait "h Test.

8. Bélier. Machine de guerre, présentant la forme d*nne t6te de bélier, dont lea I M serraient pour ébranler lea muralUes.

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tours qui toinbent, on aperçoit de vastes débris ; des cyprès épars, des buissons d'aloès et de nopals ^, quelques masures arabes, pareilles à des sépulcres blanchis, recouvrent cet amas de ruines: c'est la triste Jérusalem.

Au premier aspect de cette région désolée, un grand ennui saisit le cœur. Mais lorsque, passant de solitude en solitude^ l'espace s'étend sans bornes devant vous, peu à peu l'ennui se dissipe ; le voyageur éprouve une terreur secrète qui , loin d'abaisser l'âme, donne du courage et élève le génie. Des aspects extraordinaires décèlent de toutes parts une terre travaillée par des miracles : le soleil brûlant, l'aigle impétueux, l'humble hysope *, le cèdre superbe, le figuier stérile, toute la poésie, tous les tableaux de rÉcriture sont là. Chaque nom renferme un mystère , chaque grotte déclare l'avenir, chaque sommet retentit des accents d'un prophète. Dieu mémo a parlé sur ces bords : les torrents desséchés, les rochers fendus, les tombeaux entr'ouverts attestent le prodige; le désert paratt encore muet de terreur, et l'on dirait qu'il n'a osé rompre le silence depuis qu'il a entendu la voix de l'Étemel.

Ca^TBAUBUAHD.

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