Ecprotfaclloii des vésétanx
Tout se fait à propos dans les animaux ; mais tout se fait peutêtre encore plus à propos dans les plantas. Leurs fleurs tendres et délicates, et durant l'hiver enveloppées comme dans un petit coton, se déploient dans la saison la plus bénigne ; les feuilles les environnent comme pour les garder ; elles se tournent en fruits dans leur saison , et ces fruits servent d'enveloppes aux grains d'où doivent sortir de nouvelles plantes. Chaque arbre porte des semences propres à engendrer son semblable, en sorte que d'un orme il vient toujours un orme, et d'un chêne toujours un chéne. La nature agit en cela comme sûre de son effet. Ces semences, tant qu'elles sont vertes et crues', demeurent attachées à l'arbre pour prendre leur maturité; elle se détachent d'elles-mêmes quand elles sont mûres; elles tombent au pied de leurs arbres,
1. L'aloès est aue plante grasse qni donne on suc amer ntUIstf en médecine; le nopal est une plante épineuse de Teeptce des cactus, sur laquelle on élère I* cochenille.
2. Hysope. Petite plante aromatique de la famille des labiées.
8. Crues. Ce root qni désigne d'ordinaire ce qui n'est pas cuit, cq qui est dsns son état naturel, se rapproche ici de ce dernier seni et signifie « qui végète, dont la végétation ne s'est pas arrêtée. «
LIVHB 1. 47
et les feuilles tombent dessus. Les pluies Tiennent; les feuilles pourrissent et se mêlent avec la terre^ qui, ramollie par les eauX| ouvre son sein aux semences que la chaleur du soleil, jointe à rhumidité, fera germer en son temps. Certains arbres, comme les ormeaux et une infinité d'autres, renferment leurs semences dans des matières légères que le vent emporte ; la race s'étend bien loin par ce moyen et peuple les montagnes voisines.
BO80UXT.
10. — One séii«niil4Mi de véf écanx enrcrmêe tn peut ««m un teal ferme.
Lorsqu'on examine au milieu de l'hiver le germe de l'oignon d'une tulipe avec une simple loupe ou verre convexe, ou même seulement avec les yeux, on découvre fort aisément dans ce germe les feuilles qui doivent devenir vertes, celles qui doivent composer la fleur ou la tulipe, cette petite partie triangulaire qui enferme la graine, et les six petites colonnes qui Tenvironnent dans le fond de la tulipe. Ainsi on ne peut douter que le germe d*un oignon de tulipe ne renferme une tulipe tout entière.
Il est raisonnable de croire la même chose du germe d'un grain de moutarde, de celui d'un pépin de pomme, et généralement de toute sorte d'arbres et de plantes, quoique cela ne se puisse pas voir avec les yeux, ni même avec le microscope ; et Ton peut dire avec quelque assurance que tous les arbres sont en petit dans le germe de leur semence.
Il ne paraît pas même déraisonnable de penser qu'il y a des arbres infinis ^ dans un seul germe, puisqu'il ne contient pas seulement l'arbre dont il est la semence , mais aussi un très-grand nombre d'autres semences, qui peuvent toutes renfermer dans elles-mêmes de nouveaux arbres et de nouvelles semences d'arbres ; lesquelles conserveront peut-être encore, dans une petitesse incompréhensible, d'autres arbres et d'autres semences aussi fécondes que les premières, et ainsi à l'infini. De sorte que, selon cette pensée, qui ne peut paraître impertinente * et bizarre qu'à ceux qui mesurent les merveilles de la puissance infinie de Dieu avec les idées de leurs sens et de leur imagination , on pourrait