ifo muic. Métonymie, pour « mon génie poétique, n
4. Métonymie, pour m Torgneil qu'Inspirent les charges ott les positloni 4«l donnent de rimportanoe. • Remarquer l'emploi Inusité d'orgueU an pluriel. 6, Ceit-Wlre devient nne source de Jonlssancoa et un sujet de vort.
bre assez bien arrangée, où je m'enferme parfois pour ne rien faire et ne pas être interrompu. Ce tapis représente des feuillages d'un vert sombre parsemés de grandes fleurs rouges. Hier, mes yeux sont tombés sur mon tapis , et je me suis aperçu que les couleurs en était fort passées , que le vert en est devenu d'un verdâtre assez laid , que le rouge est fané d*une manière déplorable , et que la laine est râpée et montre la corde sur tout l'espace qui conduit de la porte à la fenêtre, et de la fenêtre à mon fauteuil au coin de ma cheminée. Ce n'est pas tout; en dérangeant une énorme et pesanle table de bois sculpté , j'ai fait un accroc au tapis. Tout cela m'a effrayé à un certain point ; j'ai fait recoudre la déchirure , mais je n'ai pu rendre la fraîcheur au feuillage ni l'éclat aux fleurs rouges. Mais ce malin en me promenant au jardin , je me suis arrêté devant la pelouse qui en est à peu près le milieu.
« A la bonne heure ! me suis-je dit , voilà un tapis comme je les aime; toujours frais, toujours beau, toujours riche. » En efifet, il m'a coûté soixante livres de graines de gazon , à cinq sous la livre, c*est-à-dire quinze francs, et il est à peu ppès du même âge que celui de mon cabinet, qui m'a coûté cent écus. Celui de cent écus n'a subi que de tristes changements ; il est aujourd'hui pauvre , et plus pauvre qu'un autre de toute sa splendeur ternie, râpé, honteux , rapiécé. Celui-ci devient chaque année plus beau, plus vert, plus touffu. Et avec quel luxe il change et se renouvelle I Au printemps, il est d'un vert pâle et semé de petites marguerites blanches et de quelques violettes. Un peu après , le vert devient plus foncé , et les marguerites sont remplacées par des boutons d'or vernissés. Aux boutons d'or succèdent les trèfles rose et blanc. A Taulomne , mon tapis prend une teinte un peu jaune, et au lieu du trèfle rose et du trèfle blanc, il esiseioé de colchiques qui sortent de terre comme de petits lis violets*. L'hiver, il est blanc de neige à éblouir les yeux. Puis, au printemps , comme dans l'automne on a quelquefois marché et dansé dessus, comme il est un peu écrasé, déchiré, il se raccommode de lui-même , de telle façon qu'on ne peut plus retrouver ses blessures ni même leurs cicatrices; pendant que mon autre tapis reste là avec ses éternelles fleurs rouges , qui ne font qu'enlaidir chaque jour, et avec ses déchirures mal recousues.
A. Karb.
1. Cfts fleurs sont connues dans beaucoup de pays sous le nom de veilleuses^ parce qu'elles annoncent les veillées d'hiver. Elles ne sont . accompafrn^^ d^aucune feuille, ont la hampe blanch&trc et délicate, et la corolle d*uu Tlolet bleu. Les feuilles poussent seules aa printemps et sont vénéneuses ainsi que les fleurs.