LIVRA I. 4B
Chacun pendant ce temps , sentinelle à son tour, Veille sur le chasseur qui voudrait nous surprendre : S'il l'aperçoit, il frappe , et nous voilà blottis.
Avec nos feoimes , nos petits,
Dans la gaité, dans la concorde', Nous passons les instants que le ciel nous accorde*
Souvent ils sont prompts à finir :
Les panneaux', les furets' abrègent notre vie;
Raison de plus pour en jouir.
Du moins, par Tamitié, l'amour et le plaisir^ Autant qu'elle a duré , nous l'avons embellie :
Telle est notre philosophie.
Si cela vous convient, demeurez avec nous,
Et soyez de la colonie ; Sinon , faites l'honneur à notre compagnie D'accepter à dîner, puis retournez chez vous. »
A ce discours plein de sagesse , Le hérisson repart qu'il sera trop heureux
De passer sesjours avec eux.
Alors chaque lapin s'empresse
D'imiter l'honnête doyen.
Et de lui faire politesse.
Jusquesau soir tout alla bien.
Ifaislorsqu'après souper la troupe réunie Se mit à deviser des affaires du temps,
Le hérisson de ses piquants Blesse un jeune lapin. « Doucement, je vous prie,
Lui dit le père de l'enfant. »
Le hérisson , se retournant , En pique deux, puis trois, et puis un quatrième. On murmure , on se fâche , on l'entoure en grondant, c Messieurs, s'écria- t-il, mon regret est extrême; Il fout me le passer , je suis ainsi bâti ,
Et je ne puis me refondre*.
— Ma foil dit le doyen, en cecas, mon ami, |
Tu peux aller te faire tondre. » „ j
^ Florun» I
1. C&neorde, Remarquer cette fionille de mots. Elle a pour racine cour: d*Oi| concorder^ concorde, s'accorder, accord, cordial, etc. «
9. Panneaux. « Pièges, n On dit fomillèrement « donner dans le paaneav. »
8. Furets. Petits qnadmpëdes an corps flaet, au mnseati pointn, de la gros» senr d'une belette on d'an très-petit chien, qui pénètrent dans le terrltr det lapins, et cherchent It leur Mre la chasee. Origine du rerbe fureter,
4. Me refondre, « Me refaire, n Image empianMeh rindutftrie dv I