Le dispatear
Âuriez-vous, par hasard, connu feu monsieur d'Aube,
Qu'une ardeur de dispute éveillait avant l'aube?
Contiez-vous un combat de votre, régiment,
Il savait mieux que vous , où , contre qui , comment.
Vous seul en auriez eu toute la renommée ,
N'importe, il vous citait ses lettres de l'armée;
£t Richelieu présent, il aurait raconté
Ou Gênes défendue, ou Mahon emporté*.
D'ailleurs, homme de sens, d'esprit et de mérite;
Mais son meilleur ami redoutait sa visite.
L'un, bientôt rebuté d'une vaine clameur,
Gardait, en l'écoutant, un silence d'humeur.
J'en ai vu , dans le feu d'une dispute aigrie ,
Près de l'injurier , le quitter de furie ;
Et, rejetant la porte à son double battant,
Ouvrir à leur colère un champ libre en sortant*.
Ses neveux, qu'à sa suite attachait l'espérance,
Avaient vu dérouter toute leur complaisance....
Un voisin asthmatique^, en l'embrassant un soir.
Lui dit : ce Mon médecin me défend de vous voir. »
Et, parmi cent vertus, cette unique faiblesse
Dans un triste abandon réduisit sa vieillesse.
Au sortir d'un sermon la fièvre le saisit.
Las d'avoir écouté , sans avoir contredit.
Et tout près d'expirer, gardant son caractère,
n faisait disputer le prêtre et le notaire.
Que la bonté divine , arbitre de son sort.
Lui donne le repos que nous rendit sa mort.
Si du moins il s'est tu devant le grand arbitre^!
RULHliSE.