‹ Recueil de morceaux choisis de prose et de vers, avec des notes pour l'intelligence du texte et l'étude de la langueChapitre 318 sur 466 · Le dispatear · texte numérisé non relu

Le dispatear

Âuriez-vous, par hasard, connu feu monsieur d'Aube,

Qu'une ardeur de dispute éveillait avant l'aube?

Contiez-vous un combat de votre, régiment,

Il savait mieux que vous , où , contre qui , comment.

Vous seul en auriez eu toute la renommée ,

N'importe, il vous citait ses lettres de l'armée;

£t Richelieu présent, il aurait raconté

Ou Gênes défendue, ou Mahon emporté*.

D'ailleurs, homme de sens, d'esprit et de mérite;

Mais son meilleur ami redoutait sa visite.

L'un, bientôt rebuté d'une vaine clameur,

Gardait, en l'écoutant, un silence d'humeur.

J'en ai vu , dans le feu d'une dispute aigrie ,

Près de l'injurier , le quitter de furie ;

Et, rejetant la porte à son double battant,

Ouvrir à leur colère un champ libre en sortant*.

Ses neveux, qu'à sa suite attachait l'espérance,

Avaient vu dérouter toute leur complaisance....

Un voisin asthmatique^, en l'embrassant un soir.

Lui dit : ce Mon médecin me défend de vous voir. »

Et, parmi cent vertus, cette unique faiblesse

Dans un triste abandon réduisit sa vieillesse.

Au sortir d'un sermon la fièvre le saisit.

Las d'avoir écouté , sans avoir contredit.

Et tout près d'expirer, gardant son caractère,

n faisait disputer le prêtre et le notaire.

Que la bonté divine , arbitre de son sort.

Lui donne le repos que nous rendit sa mort.

Si du moins il s'est tu devant le grand arbitre^!

RULHliSE.

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