‹ Recueil de morceaux choisis de prose et de vers, avec des notes pour l'intelligence du texte et l'étude de la langueChapitre 326 sur 466 · Magot. Expression familière pour « trésor, n · texte numérisé non relu

Magot. Expression familière pour « trésor, n

4. M'affronte. Expression manquant de Justesse et amenée par la n^esslté de la rime.

6. Épie, u SurreiUe en cachette. » Bemarqner la racine d*etpion, êspiot^ nage, etc.

6. Oui, souvent le pins faible est puni, en effet, le premier, comme poor aerrir d'exemple et d'aTortiisement aux autres. Mais chacun a son tour ; et d'édatonts exemples prouvent partout et à chaque instant que la Providence n'attend pas to^oars raati« vie pour tirer une terrible TWgMnee dwHomiiwi qnl offptUnmt

Liiraa i* 63

0S. — L'o§arler * bypoerUe.

On capitaine était sur le point de quitter Madrid. Déjà aes chevaux l'attendaient dans la rue ; il allait partir pour la Catalogne, où son régiment était commandé.

Comme il n'avait pas d'argent, il s'adressa à un usurier, c Seigneur Sanguisuela * , lui dit-il , ne pourriez-vous pas me prêter mille ducats 1 — Seigneur capitaine, répondit l'usurier d'un air doux et bénin, je ne les ai pas ; mais je me fais fort de trouver un homme qui vous les prêtera, c'eat-à-dire qui vous en donnera quatre cents comptant ; vous ferez votre billet de mille, et, sur lesdita quatre cents que vous recevrez, j'en toucherai, s'il vous platt, soixante pour le droit de courtage : l'argent est si rare aiH joord'hui !...— -Quelle usure l interrompit brusquement l'officier; demander six cent soixante ducats pour trois cent quarante! quelle firiponnerie 1 il faudrait pendre des hommes si durs l •*- Point d'emportement, seigneur capitaine, reprit d'un grand sangofroid l'usurier : voyez ailleurs. De quoi vous plaignez-^ous ? est-ce que je vous force à recevoir les trois cent quarante ducats? il vous est libre de les prendre ou de les refuser. » Le capitaine, n'ayant rien à répliquer à ce discours, se retira; mais, après avoir fait réflexion qu'il fallait [partir, que le temps pressait, et qu'enfin il ne pouvait se passer d'argent, il est retourné ce matin chez l'usurier, qu'il a rencontré à sa porte en manteau noir, en rabat * et en cheveux courts, avec un gros chapelet garni de médailles. « Je reviens à vous, seigneur Sanguisuela, lui a-t-il dit, j'accepte vos trois cent quarante ducats : la nécessité où je suis d'avoir de l'argent m'oblige à les prendre. — Je vais à la messe, a répondu gravement l'usurier ; à mon retour, venez, je vous compterai la somme. — Eh 1 non, non, répliqua le capitaine, rentrez chez vous, de grâce ; cela sera fait dans un moment : expédiez-moi tout à l'heure ; je suis fort pressé. — Je ne le puis,

leurs semblables. Voici la suite probable de l'histoire de nos personnages: le ralet, pris en flagrant déUt, fat routf, le comsiia alla ans galère» «t le traitant k la Bastille.

l. Usurier. Remonter H la racine de ce mot : iLser, usage, usure; roir comme Vs se change en t dans utile, utiliser. On a nommé usure le droit (Intérêt) prélevé pour l'usage (Vusure) d'une chose prêtée par celai qui la prête, et uswier celui qui prête ainsi anx autres de l'argent moyennant un intérêt» que ravarice et l'aridité élèrent outre mesure.

t. Sanguisuela. Hom imagln^re, sangsue.

8. Rabat. Partie du vêtement des prêtres qui s'attache au col et se rcAat sur Im Bovtaaé. £& Espagne , à l'époque dont parle Lesage, le» homme» gx»T«» portaient le rabat quand ils étaient en tenu» de visito.

répartit Sanguisuela ; j'ai coutume d'entendre la messe tous les jours avant de commencer aucune affaire; car c'est une règle que je me suis faite, et que je veux observer religieusement toute ma vie. » Quelque impatience qu'eût l'officier de toucher son argent, il lui a fallu céder à la règle du pieux Sanguisuela : il s'est armé de patience, et même, comme s'il eût craint que les ducats ne lui échappassent, il a suivi l'usurier à l'église : il a entendu la messe avec lui. Après cela, il se préparait à sortir ; mais Sanguisuela s'approchant de son oreille^ lui a dit : « Un des plus habiles prédicateurs de Madrid va prêcher, je ne veux pas perdre le sermon. 9

Le capitaine, à qui le temps de la messe n'avait déjà que tropduré, a été au désespoir de ce nouveau retardement ; il est pourtant encore demeuré dans l'église. Le prédicateur paraît, et prêche contre l'usure. L'officier en est ravi ; et observant le visage de l'usurier, il dit en lui-même : « Si ce juif pouvait se laisser tou* cher; s'il me donnait seulement six cents ducats, je partirais content de lui. n Enfin, le sermon fini, l'usurier sort; le capitaine le joint, et lui dit : « Eh bien, que pensez-vous de ce prédicateur? Ne trouvez-vous pas qu'il prêche avec beaucoup de force? pour moi, j'en suis tout ému. — J'en porte le même jugement que vous, répond l'usurier, il a parfaitement traité sa matière; c'est un savant homme : il a fort bien fait son métier; allons-nous-en faire le nôtre. »

Lbsaqx.

Hé. — Leçon de riunrler ft son 1110.

« Prends-moi le bon parti : laisse là tous les livres.

Cent francs au denier cinq combien font-ils*?— Vingt livres. —

C'est bien dit. Va, tu sais tout ce qu'il faut savoir.

Que de biens, que d'honneurs sur toi s'en vont pleuvoir?

Exerce-toi, mon fils, dans ces hautes sciences,

Prends au lieu d'un Platon le Guidon des finances ' :

Sache quelle province enrichit les traitants ^,

Combien le sel au roi peut fournir tous les ans ^.

1. Au denier cinq. Ellipse et gallicisme pour dire « en retenant un denier inr cinq, n La livre autrefois équivalait an franc.

3. Le Guidon des finances. Esp^e de manuel à Tusage des financiers ou gens de finances. — Platcm^ un des plus grands philosophes de l'antiquité païenne.

8. Les provinces qui étaient les plus riches rapportaient de plus gros profits, les traitants prenant k bail la perception des impôts.

4. L'lmp(yt sur le sel, désigné sous le nom de gabeUe^ constitoalt on des re- Tenus les plus cozuidérableji de l'ancienne monarchie.

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