‹ Recueil de morceaux choisis de prose et de vers, avec des notes pour l'intelligence du texte et l'étude de la langueChapitre 331 sur 466 · La vraie cliarité · texte numérisé non relu

La vraie cliarité

Il ne s'agit point d'épuiser sa bourse et de verser Targent à pleines mains; je n'ai jamais vu que l'argent fît aimer personne. Il ne faut point être avare et dur, ni plaindre la misère qu'on peut soulager ; mais vous aurez beau ouvrir vos coffres, si vous n'ouvrez aussi votre cœur, celui des autres vous restera toujours fermé. C'est votre temps, ce sont vos soins, vos affections, c'est vous-même qu'il faut donner ; car, quoi que vous puissiez fan*e, on sent toujours que votre argent n'est point vous. Il y a des témoignages d'intérêt et de bienveillance qui font plus d'effet, et sont réellement plus utiles que tous les dons : combien de malheureux, de malades ont plus besoin de consolations que d'aumônes 1 combien d'opprimés à qui la protection sert plus que l'argent ! Raccommodez les gens qui se brouillent, prévenez les procès, portez les enfant§ au devoir, les pères à Tindulgence, empêchez les vexations, employez, prodiguez le crédit en faveur du faible à qui on refuse justice, et que le puissant accable. Déclarez-vous hautement le protecteur des malheureux. Soyez juste, humain, bienfaisant. Ne faites pas seulement l'aumône, faites la charité^ ; les œuvres de miséricorde soulagent plus de maux que

1. L*an des plus éloquents ayocàts du temps de Boileau. Il était aussi honnête que célèbre, et mourut pauvre malgré sa grande réputation. 8. Métaphore d'une grande énergie.

8. L*i4éê 4U0 Rousseau douQQ de la citante s'accorde arec la signification rigoa-

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