La mer
La première chose qui se présente, c'est Timmense quantité d*eau qui couvre la plus grande partie du globo; ces eaux occupent toujours les parties les plus basses, elles sont aussi toujours de niveau, elles tendent perpétuellement à l'équilibre et au repos : cependant nous les voyons agitées par une forte puissance qui, s'opposant à la tranquillité de cet élément, lui imprime un mouvement périodique et réglé, soulève et abaisse alternativement les flots, et fait un balancement de la masse totale des mers en les remuant jusqu'à la plus grande profondeur. Nous savons que ce mouvement est de tous les temps, et qu'il durera autant que la lune et le soleil, qui en sont les causes.
Considérant ensuite le fond de la mer, nous y remarquons autant d'inégalités que sur la surface de la terre ; nous y trouvons des hauteurs, des vallées, des plaines, des profondeurs, des rochers, des terrains de toute espèce ; nous croyons que toutes les îles ne sont que les sommets de vastes montagnes dont le pied et les racines sont couverts de l'élément liquide ; nous y trouvons d'autres sommets de montagnes qui sont presque à fleur d'eau ; nous y remarquons des courants rapides qui semblent se soustraire au mouvement général : on les voit se porter quelquefois constamment dans la même direction, quelquefois rétrograder^, et ne jamais excéder leurs limites, qui paraissent aussi invariables que celles qui bornent les efforts des fleuves de la terre. Là sont ces contrées orageuses où les vents en fureur précipitent la tempête, où la mer et le ciel également agités se choquent et se confondent ; ici sont des mouvements intestins, des bouillonnements, des trombes et des agitations extraordinaires causées par des volcans dont la bouche submergée vomit le feu du sein des ondes, et pousse jusqu'aux nues une épaise vapeur mêlée d'eau, de soufre et de bitume. Plus loin, je vois ces gouffres dont on n'ose approcher, qui semblent attirer les vaisseaux pour les engloutir *; au delà, j'aperçois ces vastes plaines toujours calmes et tranquilles, mais tout aussi dangereuses, où les vents n'ont jamais exercé leur empire, où l'art du nautonier devient inutile,
1. u Rerenir en arrière. » Bemarqner la famille de cette racine j^roJ, qni signifie monTement de marche, et qui prend des formes trèsi-yariées : Grad, grade, gradin, gradation, graduer, rétrograder ; ^rov, gravir; gi-é, degré; grés, progrte. digression, agresseur, transgresser ; ^red, ingrédient, etc.
S. Engloutir. Mot onomatopée. « Avaler, absorber. » Préfixe m ^racine glou, fiunUle de glonton, glotte (gosier), déglntltlon, glon glou.