Un nanfrage
Après avoir navigué ou plutôt dérivé ^ l'espace d'une lieue , suivant nos calculs, une vague furieuse, haute comme une montagne, vint, en roulant derrière notre barque, nous annoncer le coup de grâce. Elle tomba sur nous avec tant de violence que la chaloupe fut à l'instant renversée. Alors, nous séparant les uns et les autres de cette dernière planche de salut ^, nous eûmes à peine le temps de nous écrier : « 0 mon Dieu I )) et nous fûmes tous engloutis.
Je ne saurais décrire les pensées confuses qui se pressaient dans mon esprit quand je tombai dans l'eau. Je suis très-bon nageur ; cependant je ne pus me dégager des vagues pour respirer que lorsque le flot, m'ayant porté assez avant sur le rivage, diminua de force et de hauteur et me laissa presque à sec, mais à moitié suffoqué par l'eau que j'avais bue. J'eus assez de pré-
1. Des végétatiims. «Des êtres qni végètent, » c'est-k-dire qui naissent, croissent, so développent et se propagent comme les végétaux. En signalant les différences entre le rfegne animal et le règne végétal, remarquer que les mots végétet', végètcUiotif qui expriment un mode particulier de t)i>, appartiennent h la môme famille que ce mot vie, vigueur, vitalité, végétal.