Merveilleux mécanltme ûa corpi toomaln
Tout est ménagé* dans le corps humain avec un artiûce' merveilleux. Le corps reçoit de tous côtés les impressions des objets, sans être blesse. On lui a donné des organes^ pour éviter ce qui l'offense ou le détruit ; et les corps environnants , qui font sur lui ce mauvais effet, font encore celui de lui causer de l'éloignement. La délicatesse des parties, quoiqu'elle aille à une finesse inconcevable, s'accorde avec la force et avec la solidité. Le jeu des ressorts n'est pas moins aisé que ferme : à peine sentons-nous battre notre cœur, nous qui sentons les moindres mouvements du dehors, si peu qu'ils viennent à nous; les artères vont, le sang circule, les esprits '^coulent, toutes les parties s'incorporent leur
1. Ces deux derniers vers, oh Tënergle de Texpression s'sUie à Ift grftoe de rimsge, terminent dignement cet admirable moicean.
2. Ménagé, « Disposa. » Ménage, ensemble des travaux domestiques, administration delà maison. Ménager, administrer le ménage, et par extension économiser, épargner, ordonner, disposer d'nne nuuiiere jndidense. Le mot économie, tiré d'one antre langue, présente une signification analogue. Il Tent dire administration de la maison, et par extensioui comme plus loin dans ce morceau, bon ordre, disposition Judicieuse.
3. Îlf*f{/Ie«. Sens propre « qui est fait avec art, » d'une manière ingénieuse. Il s'emploie plus ordinairement dans un sens détourné et arec une idée déikToràMe : Défiez-vous de tes artifices. Composé de art et de faire, dont les formes de raeine sont très-variées : foi, fa, fact, fi, faiseur, facile, facteur^ difficile, etc.
4. Organes. Instruments pouvant remplir une fonction, parties du corps bumain correspondant au service des sens et des fonctions vitales. Par extension, parties d'une macbine qui remplissent dans les fonctions de cette machine un rôle aaa* logue k celui que remplit Forgane dans le corps humain. Famille : Organiser, organisme, désorganiser, orgues.
6. Esprits. On désignait alors par le mot €^prUt ce que l'on appeUe ai^our-
II» PAKTIB. ^
110 RECUEIL DS MORQBAUX CtlOISId.
nourriture, sans troubler notre sommeil, sans distraire nos pensées, sans emler tant soit peu notre sentiment : tant Dieu a mis de règle et de proportion, de délicatesse et de douceur, dans de si grands mouvoments...
Tant de parties si bien arrangées, et si propres aux usages i)our lesquels elles sont faites; la disposition des valvules*, le battement du cœur et des artères, la délicatesse' des parties du cerveau et la variété de ses mouvements , d'où dépendent tous les autres; la distribution du sang et des esprits; les effets différents de la respiration, qui ont un si grand utage dans le corps : tout cela est d*une économie*, et, s'il est permis d'user de ce mot, d'une mécanique' si admirable, qu'on ne la peut voir sans ravissement^ ni assez admirer la sagesse qui en a établi les règles.
11 n'y a genre de machines' qu'on ne trouve dans le corps humain. Pour sucer quelque liqueur, les lèvres servent de tuyau, et la langue sert de piston. Au poumon est attachée la trachée-artère, comme une espèce de flûte douce d'une fabrique particulière, qui, s'ouvrant plus ou moins, modifie Tair et diversifie les tons. La langue est un archet qui/ battant sur les dents et sur le palais, en tire des sons exquis. L'œil a ses humeurs et son cristallin : les réfractions s'y ménagent avec plus d'art que dans les verres les mieux taillés; il a aussi sa prunelle, qui se dilate et se resserre; tout son globe s'allonge ou s'aplatit selon l'axe de la vision pour s'ajuster aux distances, comme les lunettes à longue vue*. L'oreille a son tambour, où une peau, aussi délicate que bien tendue , résonne au mouvement d'un petit marteau que le moindre bruit agite; elle a, dans un os fort dur, des cavités pratiquées pour faire retentir la voix, de la même sorte qu'elle retentit parmi les rochers et dans les échos. Les vaisseaux ont leurs soupapes ou valvules tournées en tous sens. Les os et les muscles ont leurs
4*hiil ▼««aemeiit /lulies, e*ett-k^ir« iMilémentB ImpalpablM «t ImponMrftlileB dont Vaetlon te feit 8«iit!r Miia être Tislble , «t étiblissent les rapports entre le eorpe et rime, llntelligeiice et le« orgaues.
l. ValviUes. « Petites ouvertures. » Diminutif de wUve, onTertnre.
S. Voir la note l, page 109.
S. MéeaniqHê, On dirait aujourd'hui d'un méeanismet e'est-lt-dlre d'une disposition, d*nne oonetmctlon, etc. Le mot mécanique s'applique 3i la science mSme du mouvement et des madilnes, et devient aussi quelquefois, dans un sens restreint, la synonyme de nuufhinê, signifiant un appareil spécial pour un usage donné.
4. Lunettes à longue vue. La eonstructfon de l'œil montre Papplication de toss les principes de la eclence en ce qui regarde l'optique, on i>onr parler plus juste l'étude de ce merreUleux organe fournit à la science la démonstration vivante de tous les principes qu'elle établit, comme eUe l'a mis sur la vote de tontes ses déeo«-