LIVRE III
CES FORMES PARTICULIERES A LA POESIE BT BBS RBOLBB DB LA YERSIFIGATION rRANÇAtSfié
La poésie se distingue de la prose de deux tnatiières :
\* Par la nature des idées et des sentiments dont elle est l'iri-» terprète, et par le caractère particulier du langage dans lequel oïl les exprime ;
T Par la forme matérielle qu'elle donne à ce langage et que déterminent leé règles de là verâiflcatîon.
La connaissance de ces règles aide à mieux èe rendre (iomptô des difficultés et du mérite de la poésie, à mieux en sentir Thai*tnonie et les beautés, à mieux en interpréter, quand on la récite, les intentions et les effets.
Il est donc utile, pour lire et étudier avec plus de fruit \éê ouvrages des poè'tes, de connaître lés règles générales de la versification.
Ces règles sont relatives :
4<> A la consonnance des syllabes qui terminent chaque vefs : c'est ce qu'on appelle la rimé ;
%"* Au nombre, à l'arrangoment, à la coupe des mots et des syllabes qui constituent le vers^ et à l'arrangeBi^nt des vers entra eux : c'est ce qu'on appelle le rhythme,
4** Règles relatives à la rimé.
La rime n'est autre chose que la ressembiance exacte des sons qui terminent les mots, c'est-à-dire qui en forment les dernières syllabes.
Ofi distingue déUï sortes de ritnes. Les Hmés màsûulinèè et les rimes féfnininés,
La rime masculine résulte de Pidentité de son dans les syllabes fbf méeë par une voyelle autre quô Vè muet :
Ex. Le compas, le itépoê, --^ V^yxleur, Ift hau^éwr, — lei^ ht^teauji, les tatéaux.
Lorsque, comme dans cés exemples, toutes les lettres de lA dérflièrè syllabe sont semblables, on dit que là rime est riche.
Elle est seulement suffisante, soit quand la consonne qui cotti* métiee la syllabe n*est pas Ift même dans les deux mots, doit
quand la voyelle, bien qu'ayant le même son^ ne s'écrit pas avec les mêmes leltres, soit enQn lorsque les consonnes muettes qui se trouvent après la voyelle ne sont pas semblables. Ex. : le BOÏdatj le combat, — toujours, discours, — la mainy le sein, — aus^^re^ \o\ontaire, — les efforts, les bords, etc.
Lorsque la dernière syllabe d'un mot est féminine, c'est-àdire quand elle est formée par un e muet, la rime se constitue alors par la ressemblance de son dans les deux dernières syllabes, et non plus seulement dans la dernière. Ainsi rive ne rimerait pas avec rêve, riche avec arche, etc. Mais rive forme rime avec prive, rêve avec sève, riche avec niche, crèche avec bêche, etc.
Il faut donc pour les syllabes féminines conformité de son dans l'avant-dernière et la dernière syllabe des mots.
Bien que l'on trouve souvent des consonyies muettes différentes à la fin des rimes , l'usage ne permet pas qu'on fasse rimer un singulier avec un pluriel quand les deux mots ne finissent pas par ' une môme lettre. Ainsi, on peut faire rimer le repos avec les impôts, les tributs avec l'abus^ mais on ne pourrait faire rimer Venfmit avec les méchants, Vimpôt avec les dépôts
V Règles relatives au rhythme.
Les règles relatives au rhylhme s'appliquent :
<• Au nombre des syllabes;
2° A leur arrangement et à leur coupe ;
3* A la succession et à l'arrangement des vers.
4** Les vers les plus longs sont composés de douze syllabes quand la rime est masculine, de treize quand la rime est féminine.
Oai, c'est un Diea cache que le Dieu qu'il faut croire ; Mais tout caché qu'il est, pour réréler sa gloire Quels témoins éclatants devant moi rassemblés! Répondez, deux et mer, et vous, terre, parles.
Ces vers se nomment vers alexandrins.
Dans le vers alexandrin , la sixième syllabe doit toujours se trouver à la fin d'un mot après lequel le sens de la phrase autorise une légère pause : c'est ce qu'on appelle la césure.
La césure, dans Y alexandrin, partage donc le vers en deux parties égales qu'on nomme hémistiches.
La césure ne peut tomber sur une syllabe muette, par conséquent on ne peut finir l'hémistiche initial par un mot que termine une syllabe formée par un e muet, à moins que Ve ne soit élidé.
Après les vers alexandrins viennent les vers de dix syllabes.