‹ Recueil de morceaux choisis de prose et de vers, avec des notes pour l'intelligence du texte et l'étude de la langueChapitre 400 sur 466 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

Dans ces vers, la césure est placée à la quatritaie syllabe, et le vers se trouve ainsi partagé inégalement. Ex. :

Lortqn'il sentit les paniers sar son dos, Uol ho! dit-il, TOici de lourds fardeanz.

Les vers qui ont moins de dix syllabes ne sont pas soumis à la césure. On comprend, en effet, que le petit nombre de syllabes dont ils se composent n'exige pas le repos dont la prononciation a besoin dans les vers plus longs de dix et douze syllabes.

On n'est donc pas astreint à la césure dans les vers de neuf, de huit, de sept, de six syllabes, et à plus forte raison encore dans ceux de cinq et de quatre.

Quelquefois les vers de même mesure se suivent uniformément ; d'autres fois, ils sont disposés en stances ou strophes régulières, comme les couplets d'une chanson. Souvent au contraire les vers de différente mesure s'entremêlent dans un même morceau.

V L'arrangement et la rencontre des syllabes donnent lieu à deux règles principales, V hiatus et Vélision, Toute voyelle autre que Ye muet, lorsqu'elle est suivie d'un mot commençant par une voyelle, donne lieu à un hiattcs, et l'hiatus est banni de la versification.

Il n'y a d'exception que pour les voyelles nasales, dont l'usage autorise la rencontre avec une autre voyelle, et pour les voyelles précédées de Vh aspiré, bien que la sv^^ceptibilité de l'oreille soit blessée de cette rencontre.

Gardez qu'une voyelle )k courir trop hèXée Ne soit d'une voyelle en son ehemln heurtëe.

L'e muet qui termine un mot s'élide ou se retranche dans hi prononciation, quand le mot suivant commence par une voyelle. Est^il besoin d'ajouter que l'élision ne peut avoir lieu devant un h aspiré.

Par suite de l'élision, il arrive souvent que la césure tombe, non sur la dernière, mais sur l'avant-dernière syllabe d'un mot, parce que la dernière disparaît par l'élision.

Quel bras peut tous suspendre^ innombrables étoiles 1 J'y reconnais un maître à qui rien n'a coûté.

3® Les vers alexandrins sont ordinairement disposés de manière à présenter deux rimes masculines et deux rimes féminines se suivant alternativement. Le premier morceau du recueil offre

eaftfte ëitpotitioB, qui est adoptée dans la poésie épique et dans la tragédie. D'autres fois les rimes maseulipes et féminioee aont entrelacées suivant un certain ordre, ou bien se suivent sans aucun ordre.

Dans la mesure du vers comme dans la disposition des rimes, le pointe n'est donc guidé que par le sentiment du rhythme et de la eadenee, et la délicatesse de Toreille.

La coupe des vers demande en général que |a phmse finisse avec le vers, et qu'on ne rejette pas au vers suivant un mot nécessaire pour la terminer. C'est ce qu'on exprime en disant qu'un vers ne doit pas enjamber sur un autre vers. Mais cette règle de Venjambemeni ^ comme ceWe de l'hémistiche, estloin d'être absolue , et ne doit pas être prise dans un sens trop rigoureux.

Les grands écrivains y échappent de la manière la plus heureuse, et parviennent, tout en restant fidèles au rhythme poétique, à éluder la monotonie fatigante de cette coupe uniforme du vers alexandrin, et à donner k leur phrase le mouvement môme des iipages et des sentiments qu'ils veulent peindre.

II faut donc bien se garder, quand on lit ou qu'on récite des vers, de faire sentir avec une régularité monotone le repos de l'hémistiche, et de se conformer d'une manière servlle aux lois de l'enjambement et de la césure. Ce qu'il faut consulter avant tout^ c'est la coupe et le mouvement de la phrase, les besoins du sens, les indications du sentiment et de la pensée, les besoins de la prononciation et de l'oreille.

Pour donner une idée de la manière dont les poëtes savent varier la coupe dei vers, tout eu restant fidèlçs aux lois de rhémistiche et de renjambement, nous transcrirons ici, avec l'indication des poses à observer, quelques vers empruntés à un des lUprceaux qui vont suivre.

M» foi -^ »«r VATMilr tr ^ieq foa qal pa ti«m i f^ Tel — qui rit vendredi — dimanche pleurera. — Un Juge, — l'an passé, — me prit k soq service ; — * n m'avait ftilt vanir d* Amiens — pour être suisse. — Ton* eet Normands in voulaient se divevtir de pous : -<• On apprend 2i hurler, «f dit l'autro, «^ aveo le|i loupp. ^ n murmure toujours — certaines patenAtres Oh je ne comprends rien. — Jl veut, — bon g?tf, Jm\ grtf • — Ne se coucher qu'en robe — et qu'en bonnet carré, — : Il fit couper la tête k son coq, — de colère — Pour l'avoir ëveilfé plus tard — - qu'à l'ordinaire. — Il disait qu'un pUidour — dont raflUIre allait flUliT-i Av»it graissé ûk patte -^ à ce paovr^ «nimaL

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