‹ Recueil de morceaux choisis de prose et de vers, avec des notes pour l'intelligence du texte et l'étude de la langueChapitre 403 sur 466 · Du iolHl, c'eet-h-dlre «« du jour, n · texte numérisé non relu

Du iolHl, c'eet-h-dlre «« du jour, n

A fendre avec la bêche un 30I dur; à 3çin9r L'orge (lu'un court été pressera (Je gerr»er; Â faucher mon pré mûr pour m^ blonde génisap ; A délier la gerbe afin qu'elle jaunisse; A faire à chaque plante, à son heure, pleuvoir En insensible ondée un pesant arrosoir; Car de Thomme à la fois cette terre réclamç La sueur de son front et |a sueur de l'ftme *. Le soir, quand chaque couplç est rentré du travail, Quand Je berger rassemble et compte son bétai), Mon bréviaire à la main, je vais de porte en portip. Au hasard et sans but, comme le pied me porte; M arrêtant plus ou moins, un peu eur chaque seujl; A la femme, aux enfants, disant un mot d'accueil ; Partout portant un peu de baume à la souffrance, Aux corps quelque remède, aux âme$ Tespérancep Un secret au malade, aux partants un adieu, Un sourire à chacun, à tous un mot de Dieu.

i, ^ Ont Promenade «• reaelon.

Un jour loin de la vil^e ayant longtemps err^,

11 * airive aux conOns d'un hameau retiré,

Et sous un toit de chaume, indigente demeure,

La pitié le conduit : une famille y pleure.

Il entre; et, sur-^le«champ, faisant place au respect,

La douleur un moment se lait à son aspect.

0 ciel l c'est Monseigneur !... On se lève , on s'empresse;

Il voit avec plaisir éclater leur tendresse.

« Qu*avez-vous, mes enfants? D'où natt votre ehagrin?

Ne puis-je le calmer? Versez-le dans mon seiu ,

Je n'abuserai point de votre confiance. »

On s'enhardit alors, et la mère commence ;

« Pardonnez, Monseigneur, mais vous n'y pouvez rien;

Ce que nous regrettons, c'était tout notre bien ;

Nous n'avions qu'une vache ! Hélas ! elle est perdue :

Depuis trois jours entiers, nous ne l'avons point vue ;

Notre pauvre Brunon! nous l'attendons en vainl.^.

Les loups l'auront mangée, et nous mourrons de faim.

1. Antithèse et métaphore, pour « le travail de son corps et celai de Bon intelligence. B t. Fénelon, (t«i était alors ardierêque de Cambrai.

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Peut-il être un malheur au nôtre comparable?

— Le malheur, mes amis, est-il irréparable? Dit le prélat; et moi ne puis-je vous offrir, Touché de vos regrets, de quoi les adoucir? En place de Brunon si j'en trouvais une autre?

— L'aimerions-nous autant que nous aimions la nôtre? Pour oublier Brunon, il faudra bien du temps I

Eh 1 comment l'oublier, ni nous, ni nos enftints ^ ! Nous serions bien ingrats 1... C'était notre nourrice! Nous l'avions achetée étant encore génisse 1 Accoutumée à nous, elle nous entendait.

Et môme à sa manière elle nous répondait; Son poil était si beau I d'une couleur si noire I Trois marques seulement, plus blanches que l'ivoire, Ornaient son large front et ses pieds de devant. Avec mon petit Claude elle jouait souvent ; Il montait sur son dos ; elle le laissait faire ! Je riais... Â présent nous pleurons, au contraire! Non, Monseigneur, jamais, il n'y faut pas penser, Une autre ne pourra chez nous la remplacer. »

Fénelon écoutait cette plainte naïve ; Mais, pendant Tentretien, bientôt le soir arrive : Quand on est occupé de sujets importants, On ne s'aperçoit pas de la fuite du temps. Il promet, en partant, de revoir la famille.

« Ah I Monseigneur, lui dit la plus petite 6lle, Si vous vouliez pour nous la demander à Dieu, Nous la retrouverions. — Ne pleurez plus. Adieu. »

Il reprend son chemin, il reprend ses pensées.

Achève en son esprit des pages commencées ;

Il marche; mais déjk l'ombre croît, le jour fuit;

Ce reste de clarté qui devance la nuit

Guide encoie ses pas à travers les prairies.

Et le calme du soir nourrit ses rêveries.

Tout à coup à ses yeux un objet s'est montré ;

Il regarde... il croit voir... il distingue... en un pré.

Seule, errante, et sans guide, une vache... c'est celle

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Dont on lui fit tantôt un portrait si fidèle; li ne peuts*y tromper 1... Et soudain empressé, 11 court dans Therbe humide et franchit un fossé, Arrive haletant; et Brunon complaisante, Loin de le fuir, vers lui s'avance et se présente; Lui-même, satisfait, la flatte de la main.

Mais que faire? va-t-il poursuivre son chemin, Retourner sur ses pas ou regagner la ville? Déjà, pour revenir, il a fait plus d'un mille ^. « Ils l'auront dès ce soir, dit-il, et par mes soius, Elle leur coûtera quelques larmes de moins 1 »

Il saisit à ces mots la corde qu'elle traîne, Et, marchant lentement, derrière lui l'emmène.

Venez, mortels si fiers d'un vain et mince éclat, Voyez, en ce moment, ce digne et saint prélat, Que son nom, son génie, et son titre décore, Mais que tant de bonté relève plus encore! Ce qui fait votre orgueil vaut-il un trait si beau?

Le voilà, fatigué, de retour au hameau.

Hélas ! à la clarté d'une faible lumière,

On veille, on pleure encore dans la triste chaumière;

Il arrive à la porte : « Ouvrez-moi, mes enfants.

Ouvrez-moi : c'est Brunon , Brunon que je vous rends. »

On accourt. 0 surprise ! ô joie I ô doux spectacle !

La fille croit que Dieu fait pour eux un miracle :

« Ce n'est point Monseigneur, c'est un ange des cieux,

Qui sous ses traits chéris se présente à nos yeux ;

Pour nous faire plaisir il a pris sa figure;

Aussi je n'ai pas peur... Oh! non, je vous assure.

Bon ange!... » En ce moment, de leurs larmes noyés.

Père, mère, enfants, tous sont tombés à ses pieds.

a Levez-vous, mes amis; mais quelle erreur étrange!

Je suis votre archevêque, et ne suis point un ange;

J'ai retrouvé Brunon, et, pour vous consoler,

Je revenais vers vous ; que n'ai-je pu voler!

Reprenez-la, je suis heureux de vous la rendre.

— Quoi! tant de peine l 0 ciel! vous avez pu la prendre,

Et vous-même!... » Il reçoit leurs respects, leur amour.

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