‹ Recueil de morceaux choisis de prose et de vers, avec des notes pour l'intelligence du texte et l'étude de la langueChapitre 402 sur 466 · Licence. On dit aux rayons du soleil · texte numérisé non relu

Licence. On dit aux rayons du soleil

8. Margelle, L'assise de pierres qui forme le rebord du puits. Baelne, marge, 4. ÉtrHnt, • Embrasse en la serrant. » Étreindre, fsmille déjit me, de itnU, strict, etc.

6. E9eQli9r, Radical sedU (degré, échtfUe), escale, escalade, scandor.

LIVRB III. 453

Sonore, chancelant, conduisent au palier Qu'un avant-toit défend du vent et de la neige , Et que de ses réseaux un vieux lierre protège ; Là, suspendus le jour au clou de mon foyer, Mes oiseaux familiers chantent pour m'égayer... Entrez, ne plaignez pas ma riche pauvreté; * Ces murs ne sentent pas leur froide nudité ! Des travaux journaliers voilà d'abord l'asile Où le feu du foyer s'allume, où Marthe file; Marthe, meuble vivant de la sainte maison, Qui suivit dans le temps son vieux maître en prison ', Pauvre fille, à ces murs trente ans enracinée. Partageant leur prospère ou triste destinée, Me servant sans salaire et pour l'honneur de Dieu, Surveillant à la fois la cure et le saint lieu. Et qui voyant de Dieu l'image dans son maître, Croit s'approcher du ciel en vivant près du prêtre 1 Quelques vases de terre, ou de bois, ou d'étain, Où de Marthe attentive on voit briller la main ' ; Sur la table , un pain noir sous une nappe blanche Dont chaque mendiant vient dîmer * une tranche ; Des grappes de raisin, que Marthe fait sécher, De leur pampre encor vert décorent le plancher ; La sève en hiver même y jaunit leurs grains d'ambre *. De ce salon rustique on passe dans ma chambre ;

C'est celle dont le mur s'éclaire du couchant

La chaise où je m'assieds^ la natte où je me couche, La table où je t'écris, l'âtre où fume une souche, Mon bréviaire vêtu de sa robe de peau **, Mes gros souliers ferrés, mon bâton, mon chapeau. Mes livres pêle-mêle entassés sur leur planche, Et les fleurs dont l'autel se pare le dimanche,

1. Au temps do la Terrear, oU les prêtres forent yiolemment persécat^s.

9. Ces deux vers charmants présentent un exemple de cette figure , qui consiste a moins consulter, dans la construction, Tordre de la syntaxe, que la liaison cm Tassociation des idées dans l'esprit. Ce n'est pas la main de Marthe qui brille^ ce sont les yases qui briUent et qui, par leur éclat, révèlent la main attentire de Marthe. Cette espèce de confusion, que la logique rigoureuse condamne , ne nuit en rien à la justesse de Timage et k la darté de la pensée.

3. Dîmer, Au sens propre, lever la dime, le dixième. Il est verbe neutre.

4. • Qui deviennent Jaunes comme Fambre. > Ambre ou succin, résine fossile qui se trouve sur le littoral de la Baltique.

5. Enveloppe de peau que les ecclésiastiques mettent souvent à leur bréviaire pour en ménager la reliure. ^

i54 RECUEIL D9 M^flOIIAlIX CHOISIS.

De cet esfwce étroit sont tout FfimQiibtomQSt. ToutI oh non I j'oubliai» aon divin orDomeat, Qui surmonte tout seul mon humble obemiiiée , Ce christi le^ bras ouverts et la tôte inolinée» Cette image de boi^ du maître que je sers. Céleste ami, qui seul me peuple oos désola, Qui, lorsque mon regard le visite à toute heure» Me dit ce que j'attends dans cette âpre demeure, Et, recevant souvent mes larmes sur ses pieds» Fait resplendir ea paix dftns mea y9ua^ essuyés.

LAHAKnXB.

S. -* La Journée do coré ëe vllla^t.

La cloche avant le jour m'arrache de mon lit ;

Je crois entendre, au son de sa voix balancée,

L'ange qui du sommeil appelle ma pensée,

El lui donne à porter son fardeau pour le joun

Je convoque à l'autel les maisons d'alentour ^ :

Des vieillards, des enfanta, quelques pieuses femmes,

Ceux qui sentent de Dieu plus de soif dans leur^ Ames»

D'un cercle rétréci m'entourent à genou:^ ;

Le Dieu de l'humble foi descend du ciel $ur nous»

Du maître en peu de mots j'e)(plique la parole ;

Ce peuple du sillon^ aime la parabole»

Poème évangélique» où chaque vérité

Se fait image et chair par sa simplicité ^t

Lorsque j'ai célébré le pieux sacrifice,

J'enseigne les enfants, je me fais leur nourrice ;

Je donne goutte à goutte à leurs lèvres le lait

D'une instruction simple et tendre, et qui leur plaît.

Je rentre ; et, du malin la tâche terminée,

A ma table, de fruits et de lait couronnée,

Je m'assieds un moment, eomrae le voyageur

Qui s'arrête à moitié du jour et reprend cœur.

Le reste du soleil^, dans mes champs je le passe

A ces travaux du corps dont l'esprit se délasse :

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