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AU Tond d'une petite anse^, sous une falaise creiipée à sa ))aisa par les flots, eptre des rochers où pendaient de longue» algues d'un vert glauque, deuît hommes, Ym jeune, Tautre hgi mai^ robuste encore, appuyés contre une barque de pêcheur, attendaient 1» marée qui montait lentement, à peine affleurée par une brise mourante. Se gonflant près du bord, la lam^ gUasait moHçloxent sur le sable avec un murmure faible et doux.
Quelque temps aprè#, ou voyait la barque s'éloigner du rivage Qt s'avancer vers la haute pier, la proua relevée* laissaut derrière elle un ruban d'écume blanche.
Le vieillard, prèa du gouvernail, regardait !#& voile« qui tantôt s'enflaient, tantôt s'aflkisaaient comme des ailes fatiguéeir Sqp regard alors semblait chercher un signe k Tborizon et dans les nuées stagnantes. Puis, retombant dans «es pensées, on lisait sur non front bruni toute une vie de labeur 9t de coKU)at6 soutenu sans fléchir jamais,
I^ raflux creusait dans la nier calme des vallons où se jouait la pétrçlle^, gracieusement baianoée sur Inondes luisantes et plQUibées. Pu haut des airs la mauve' s'y plongeait comme une flèche, et sur la pointe noire d'un rocher, le lourd cormorai) ' reposait immobile,
Le moindre accident, un léger souQle , un jet de la lumière, variait l'aspect de ces scènes changeantes. Le jeune homme, replié en soi, les voyait comme on voit ^n songe. Bon âme ondoyait et flottait au bruit du sillage, semblable au son monotone et faible dont la nourrice endort l'enfant.
Soudain, sortant de sa rêverie, ses yeux s'animent, Tafr retentit de sa voi}ç sonpro :
1. Anse. Partie wiHIante d'un rase, d'un panier, ordinairement façonnée en deiBl-cere!e, et par extension ou métaphore , petit enfoneement cirenlaire de la mer on d*an flenve dans le sein des terres, petit golfe.
3. Proue, Partie antérieure d'an yaisseau, d'un bateau, opposée k la pwfi,
S. lloiBf ««oiseaia de mer.
164 KBCUBIL 1>E MOECBAUX CHOISIS.
c Âa laboureur les champs, au diasseor les bois, an pécheur la mer et ses flots, et ses récifs^ et ses orages 1
c Le ciel au-dessus de sa tèie, l'abime sous ses pieds, il est libre, il n'a de maître que soi.
• Comme elle obéit à sa main, comme elle s*élance sur les plaines mobiles, la frêle barque qu'animent les souffles de l'air!
c II lutte contre les vagues et les soumet, il lutte contre les vents et les dompte. Qui est fort, qui est grand comme lui ?
< Où sont les bornes de ses domaines? Quelqu'un ies trouvat-il jamais? Partout où s'épanche l'Océan, Dieu lui a dit : Va , ceci est à toi.
c Ses filets recueillent au fond des eaux une moisson vivante. D a des troupeaux innombrables qui s'engraissent pour lui dans les pâturages que recouvrent les mers.
« Des fleurs violettes, bleues, jaunes, pourprées, éclosent en leur sein, et pour charmer ses regards, les nuages lui offrent de vastes plages, de beaux lacs azurés, de larges fleuves, et des montagnes, et des vallées, et des villes fantastiques* tantôt plongées dans l'ombre, tantôt illuminées de toutes les splendeurs du couchant.
< Oh! qu'elle m'est douce la vie du pécheur! Que ses rudes combats et ses mâles joies me plaisent !
a Cependant, ma mère, quand, la nuit, le grain' tout à coup ébranle notre cabane, de quelles transes votre cœur est saisi ! Comme vous vous relevez toute tremblante pour invoquer la Vierge divine qui protège les pauvres matelots !
« A genoux devant son image , vos pleurs coulent pour votre fils poussé par le tourbillon dans les ténèbres, vers les écueils où l'on entend les plaintes des trépassés mêlées à la voix de la tempête. »
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