voit faire. « Il surreUle la maniëre dont on fait
2. Tracasser, Au sens neutre : « AUer et Tenir, s'agiter, se tourmenter pour • peu de choie. »
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SI. -> Un Perêan à Parif.
Les habitants de Paris sont d'une curiosité qui va jusqu'à Textravagance. Lorsque j'arrivai, je fus regardé comme si j'avais été envoyé du ciel : vieillards, hommes, fenunes, enfants, tous voulaient me voir. Si je sortais, tout le monde se mettait aux fenêtres; si j'étais aux Tuileries, je voyais aussitôt un cercle se former autour de moi ; si j'étais au spectacle, je voyais aussitôt cent lorgnettes dressées contre ma figure : enfin jamais homme n'a tant été vu que moi. Je souriais quelquefois d'entendre des gens qui n'étalent jamais sortis de leur chambre qui disaient entre eux : « Il faut avouer qu'il a l'air bien persan. » Chose admirable I je trouvais de mes portraits partout; je me voyais multiplier dans toutes les boutiques, sur toutes les cheminées, tanf on craignait de ne m'avoir pas assez vu.
Tant d'honneurs ne laissent pas d'être à charge : je ne me croyais pas un homme si curieux et si rare ; et, quoique j'aie très-bonne opinion de moi, je ne me serais jamais imaginé que je dusse troubler le repos d'une grande ville où je n'étais point connu. Cela me fit résoudre à quitter l'habit persan, et à en endosser un à l'européenne, pour voir s'il resterait encore dans ma physionomie quelque chose d'admirable. Cet essai me fit connaître ce que je valais réellement. Libre de tous les ornements étrangers, je me vis apprécié au plus juste. J'eus sujet de me plaindre de mon tailleur , qui m'avait fait perdre en un instant l'attention et l'estime publique, car j'entrais tout à coup dans un néant affreux. Je demeurais quelquefois une heure dans une compagnie sans qu'on m'eût regardé, et qu'on m'eût mis en occasion d'ouvrir la bouche; mais si quelqu'un, par hasard, apprenait à la compagnie que j'étais Persan , j'entendais aussitôt autour de moi un bourdonnement : a Ah ! ah ! monsieur est persan! C'est une chose bien extraordinaire! Comment peut-on être persab? »
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î3. — Ihircpas ût nuiavals goût an dlx-scpueme aieele.
Dans une chambre haute.
En dépit des volets, le soleil irrité Formait un poêle ardent au milieu de l'été. Le couvert était mis dans ce lieu de plaisance, Où j'ai trouvé d'abord pour toute connaissance Deux nobles campagnards, grands liseurs de romans,
Qui m'ont dit tout Cyrus^ dans leurs longs compliments. J'enrageais. Cependant on apporte un potage. Un coq y paraissait en pompeux équipage, Qui, changeant sur ce plat et d'état et de nom, Par tous les conviés s'est appelé chapon. Deux assiettes suivaient, dont l'une était ornée D'une langue en ragoût, de persil couronnée ; L'autre, d'un godiveau tout brûlé par dehors, Dont un beurre gluant inondait tous les bords* On s'assied ; mais d'abord notre troupe serrée Tenait à peine autour d'une table carrée, Où chacun, malgré soi, l'un sur l'autre porté, Faisait un tour à gauche et mangeait de côté. Jugez, en cet état, si je pouvais me plaire. Moi qui ne compte rien ' ni le vin ni la chère, i
Si l'on n'est plus au large assis en un festin Qu'aux sermons de Cassagne ou de l'abbé Gotin'* Notre h6te cependant, s'adressant à la troupe : <r Que vous semble, a-t-il dit, du goût de cette soupe? *
Sentez-vous le citron dont on a mis le jus Avec des jaunes d'œufs mêlés dans du verjus? Ma foi I vive Mignot ^ et tout ce qu'il apprête 1 ^
Les cheveux cependant me dressaient sur la tête ; Car Mignot, c'est tout dire, et dans le monde entier Jamais empoisonneur ne sut mieux son métier. J'approuvais tout pourtant de la mine et du geste, '
Pensant qu'au moins le vin dût réparer le reste. Pour m'en éclaircir donc, j'en demande * ; et d'abord I
Un laquais effronté m'apporte un rouge-bord* D'un auvemaf fumeux, qui, mêlé de lignage'',
1. Cyrus. Titre d'nn roman en 10 yolnmes 4e icn* de fksaétrj, amtenr ftwt k la mode II cette époqne (1G65), et qui ne méritait pat son aaocès. 9. EllipM. « Moi qmi ne compte pour rien. ■
8. Mauyais prédicateurB du temps, et pins mauvais écrivains. Cotin répondit k Boileau par une violente satife.
4. Mignot. PfttisBler-traiteur, qui se vengea de ce trait en enveloppant ses biscnits de la satire de Cotin contre BoUeao. Cette vengeanoe Ingénieuse donna la vogue à ses biscuits.
6. Bemarqner la coupe heureuse du vers, qui rompt k propos la monotonie de Thémistiche , et, dans le vers qui suit, l'exemple d'an enjambement non moins autorisé par le goût. *