LIVRE III. id
de faire couver des canaris^. Il est vrai que ce qu'il dépense d'un côté> il répargne de l'autre ; car ses enfants sont sans maîtres et sans éducation. Il se renferme le soir^ fatigué de son propre plaisir, sans pouvoir jouir du moindre repos que ses oiseaux ne reposent, et que ce petit peuple, qu'il n'aime que parce qu*il chante, ne cesse de chanter. Il retrouve ses oiseaux dans son sommeil ; lui-même il est oiseau, il est huppé, il gazouille, il perche ; il rôve la nuit qu'il mue, ou qu'il couve.
Cet autre aime les insectes, il en fait tous les jours de nouvelles emplettes; c'est surtout le premier homme de l'Europe pour les papillons; il en a de toutes les tailles et de toutes les couleurs. Quel temps prenez -vous pour lui rendre visite! il est plongé dans une amère douleur, il a l'humeur noire, chagrine, et dont toute sa famille souffre : aussi a-t-il fait une perte irréparable. Approchez, regardez ce qu'il vous montre sur son doigt, qui n'a plus de vie, et qui vient d'expirer* : c'est une chenille, et quelle chenille! *
La Bedtébi.
S8« — La roM mot prltM avec l'avarlee.
U« PATELIN, ftTOCfttheaoigneuz,
M. GUILLAUME, marchand de drap, défiant et «Tare.
Patblw, k p»i. Boni le voilà seul, approchons.
GUILLAUIIB, à part, ftoiUtiant ion lim. ComptO dU trOUpOEU, OtC. ;
six cents bétes, etc.
Patelin, à put, lorgnaat u drap. Voilà une pièce de drap qui ferait bien mon affaire. Serviteur, Monûeur.
Guillaume, md* le regarder. Est-ce le sergent que j'ai envoyé quérir? Qu'il attende.
Patelin. Non, Monsieur, je suis...
GuiLLAUVE, le reffardaai. Une robol lo prooufeur doDcf... Serviteur.
Patelin. Non, Monsieur, j'ai l'honneur d'être avocat.
Guillaume. Je n'ai pas besoin d'avocat : je suis votre serviteur.
Patelin. Mon nom, Monsieur, ne vous est sans doute pas inconnu ; je suis Patelin l'avocat.
Guillaume. Je ne vous connais point, Monsieur.
Patelin, à part. Il faut se faire connaître... (Haut.) J'ai trouvé,
!. Canaris. Serins des tles Canaries, sur la cOte occidentale d'AfMqne. 3. Pléonasme k remarquer.
Monsieur, dans les mémoires de feu mon père, une dette qui n'a i
pas été payée, et... I
Guillaume. Ce ne sont pas mes affaires; je ne dois rien.
Patelin. Non, Monsieur, c'est au contraire feu mon père qui devait au vôtre trois cents écus; et, comme je suis un homme d'honneur, je viens vous payer...
Guillaume. Me payer? Attendez, Monsieur, s'il vous plaît, |
je me remets un peu votre nom. Oui, je connais depuis longtemps ^
votre famille. Vous demeuriez au village ici près; nous nous sommes connus autrefois. Je vous demande excuse ', je suis votre très-humble et très-obéissant serviteur, (lui of&uxt m oiusse.) Asseyez- vous là , je vous prie ; asseyez-vous là. <
Patelin. Monsieur...
Guillaume. Monsieur...
Patelin ■ugeyani. Si tous ceu^i qui me doivent étaient aussi ^
exacts que moi à payer leurs dettes, je serais beaucoup plus riche que je ne suis, mais je ne sais point retenir le bien d'autrui.
Guillaume. C'est pourtant ce qu'aujourd'hui beaucoup de gens savent fort bien faire. i
Patelin. Je tiens que la première qualité d'un honnête homme est de bien payer ses dettes ; et je viens savoir quand vous serez de commodité * de recevoir vos trois cents écus.
Guillaume. Tout à l'heure.
Patelin. J'ai chez moi votre argent tout prêt et bien compté; mais il faut vous donner le temps de dresser une quittance pardevant notaire. Ce sont des charges d'une succession qui regar* ^ dent ma fille Henriette, et j'en dois rendre un compte en forme.
Guillaume. Cela est juste. Hé bienl demain matin, à cinq heures.
Patelin, â cinq heures^ soit. J'ai peut-être mal pris mon temps, monsieur Guillaume; je crains de vous détourner...
Guillaume. Point du tout, je n'ai que trop de loisir; on ne vend rien. ^
Patelin. Vous faites pourtant plus d'affaires vous ôeul que tous les négociants de ce lieu.
Guillaume. C'est que je travaille beaucoup.
Patelin. C'est que vous êtes, ma foi l le plus habile homme ^
1. Phrase irrëgnllbre et prëtentant grammaticalement im sens opposé h celai que l'auteur veut exprimer. Demander des excuses , c'est exiger des excuses ,
comme on dit demander, exiger une réparation. *
2. Expression qui ne s'emploierait plus. On dirait « quand il tous sera commode. »