Goûtez-vous cela. « Trouvez-vous cela de votre goût
4. CcUiot. Dessinateur et graveur célèbre de la première moitié du xyii« siècle, dont les œuvres sont encore très-recherchées.
II* FÀRTIK. 12
906 RECUEIL DB lIORCEAtX CHOISIS.
hormis une seule ^, qui n'est pas à la vérité de ses bons ouyrages ; au contraire, c'est un des moindres, mais qui m'achèvefait Callot ; je travaille depuis vingt ans à recouvrer cette estampe, et je désespère enfin d'y réussir : cela est bien rude!
Tel autre fait la satire de ces gens qui s'engagent , par inquiétude ou par curiosité, dans de longs voyages ; qui ne font ni mémoires, ni relations ; qui ne portent point de tablettes; qui vont pour voir, et qui ne voient pas, ou qui oublient ce qu'ils ont vu ; qui désirent seulement connaître de nouvelles tours ou de nouveaux clochers, et de passer des rivières qu'on n'appelle ni la Seine, ni la Loire; qui sortent de leur patrie pour y retourner; 4ui aiment à être absents ; qui veulent un jour être revenus de loin ; et ce satirique parle juste et se fait écouter.
Mais quand il ajoute que les livres en apprennent plus que les voyages, et qu'il m'a fait comprendre par ses discours qu'il a une bibliothèque, je souhaite de la voir. Je vais trouver cet homme, qui me reçoit dans une maison où , dès l'escalier , je tombe en faiblesse d'une odeur de maroquin noir dont ses livres sont tous couverts. 11 a beau me crier aux oreilles, pour me ranimer, qu'ils sont dorés sur tranche, ornés de filets d'or, et de la bonne édition ; me nommer les meilleurs }'un après l'autre; dire que sa galerie est remplie, à quelques endroits près, qui sont peints de manière qu'on croît voir de vrais livres arrangés sur des tablettes, et que l'œil s'y trompe ; ajouter qu'il ne lit jamais, qu'il ne met pas le pied dans cette galerie, qu'il y viendra pour me faire plaisir , je le remercie de sa complaisance, et ne veux, non plus que lui, visiter sa tannerie, qu'il appelle bibliothèque.
IMphile commence par un oiseau, et finit par mille. Sa maison n'en est pas infectée, mais empestée ; la cour, la salle, l'escalier, le vestibule, les chambres , le cabinet , tout est volière. Ce n'est plus un ramage, c'est un vacarme; les vents d'automne et les eaux, dans leurs plus grandes crues, ne font pas un bruit si perçant et si aigu ; on ne s'entend non plus parler les uns les autres que dans ces chambres où il faut attendre, pour faire le compliment d'entrée , que les petits chiens aient aboyé. Ce n'est plus pour Diphile un agréable amusement; c'est une affaire laborieuse, et à laquelle à peine il peut suffire. Il passe les jours, ces Jours qui échappent et qui ne reviennent plus , à verser du grain et à nettoyer des ordures. Il donne pension à un homme qui n'a point d'autre ministère^ que de siiïler des serins au flageolet, et
I. Hormis une seule. Syllepseh remarqaer. S. MinêsUre. On dinlt ai^ourdlini emploi.