LIVRE PREMIER
permet de tomber que goutte à goutte, comme si on les distillait par un arrosoir? D'où vient qu'en certains pays chauds où il ne pleut presque jamais, les rosées de la nuit sont si abondantes qu'elles suppléent au défaut de la pluie ; et qu'en d'autres pays, lels que les bords du Nil ou du Gange % Tinondation régulière des fleuves, en certaines saisons , pourvoit à point nommé aux besoins des peuples pour arroser les terres? Peut-on imaginer des mesures mieux prises pour rendre les pays fertiles?
L'eau désaltère .non-seulement les hommes , mais encore les campagnes arides; et celui qui nous a donné ce corps fluide' l'a distribué avec soin sur la terre, comme les canaux d'un jardin. Les eaux tombent des hautes montagnes où leurs réservoirs sont placés; elles s'assemblent en gros ruisseaux dans les vallées : les rivières serpentent dans les vastes campagnes pour les mieux arroser ; elles vont enfin se précipiter dans la mer, pour en faire le centre du commerce de toutes les nations.
Cet Océan, qui semble mis au milieu des terres pour en faire une éternelle séparation, est, au contraire, le rendez- vous de tous les peuples, qui ne pourraient aller par terre d'un bout du monde à l'autre qu'avec des fatigues, des longueurs et des dangers incroyables. C'est par ce chemin sans traces , au travers des abîmes, que l'ancien monde donne la main ' au nouveau, et que le nouveau prête à l'ancien tant de commodités et de richesses.
Fbkklon.
«3. - L'air.
Après avoir considéré les eaux, appliquons-nous à examiner d'autres masses encore plus étendues. Voyez -vous ce qu'on nomme l'air? C'est un corps si pur, si subtil et si transparent ^ que les rayons des astres, situés dans une distance presque infinie de nous, le percent tout entier sans peine et en un seul instant, pour venir éclairer nos yeux. Un peu moins de subtilité dans ce corps fluide nous aurait dérobé le jour, ou ne nous aurait laissé tout au plus qu'une lumière sombre et confuse, comme