‹ Recueil de morceaux choisis de prose et de vers, avec des notes pour l'intelligence du texte et l'étude de la langueChapitre 90 sur 466 · Le Nil, fleure d'^j?ypte; le Gange, fleuve de rinde · texte numérisé non relu

Le Nil, fleure d'^j?ypte; le Gange, fleuve de rinde

2. Ce corps fluide. Corps qui coule, qu'on ne peut presser. Tous les corps de la nature se pidsentent sous trois formes : la forme solide, comme la terre, la glace U forme fluide ou liquide, comme le vin, Thulle, Teau; la forme gazeuse, comme l'air, la vapeur.

3. Donne la main» Image gracieuse qui peint bien comment rOc^an favorise l'nnion des deux mondes.

4. Transparent. Qui laisse passer les rayons lumineux. Corps au travers duquel on peut voir. Opposd : opaque,

quand Tair est plein de brouillards épais. Nous vivons plongés dans des abimes d*air S comme les poissons dans des abîmes d'eao. De môme que l'eau, si elle se subtilisait' deviendrait une espèce d'air qui ferait mourir les poissons, l'air, de son cdlé) nous ôterait la respiration s'il devenait pKiS épais et plus humide : alors iiOus nous noierions dans les flots de cet air épaissi, comme un animal terrestre se noie dans la mer.

Qui est-ce qui a puriGé avec tant de justesse oet air que nom respirons? S'il était plus épais, il nous suffoquerait; comme, s*il était plus subtil*, il n'aurait pas cette douceur qui iàlt une nourriture continuelle du dedans de l'homme : nous éprouverions partotit ce qu'on éprouve sur le sommet des montagnes les plue hautes, où la subtilité de Fair ne fournit rien d'assez humide et d'assez nourrissant pour les poumons/. Mais quelle puissance invisible excite et apaise si soudainement les tempêtes de ce grand corps fluide? Celles de la mer n'en sont que les suites. De quel trésor sont tirés les vents qui purifient l'air, qui attiédissent les saisons brûlantes, qui tempèrent la rigueur des hivers, et qui changent, eu un instant, la face du ciel ? Sur les ailes de ces vents volent les nuées, d'un bout de l'horizon à l'autre. On sait que certains vents régnent en certaines mers, dans des saisons précises ; ils durent un temps réglé, et il leur en succède d'autres, comme tout exprès pour rendre les navigations commodes et régulières. Pourvu que les hommes soient patients et aussi ponctuels que les vents, ils feront sans peine les plus longues navigations.

u. — Le feu.

Voyez'vous ce feu qui paraît allumé dans les astres, et qui répand partout sa lumière? Voyez-vous cette flamme que certaines montagnes vomissent % et que la terre nourrit de soufre dans ses entrailles? Ce même feu demeure paisiblement caché dans les veines des cailloux *, et il y attend à éclater jusqu'à ce que le

1. AMmea d'air. Masses d'une étendue immense, qn*on ne pent mesurer.

2. Se subtiiisait' Si eUe perdait tontes les substances qu'elle renferme et qui la rendent propre à nourrir les personnes.

8. Subtil. S'il se raréfiait, comme sur les hautes montagnes oh il fatigue les vi-gaues de lu respiration.

4. Les poumons. Organe du corps humain renfermé dans la poitrine et qui sert a la respiration.

5. Les mottiagnes oit sont des volcans , c'est-lt-dire des fournaises souterraines d'uh s'échappent des flammes, de la fumée et des matières en combusMou.

C. ^ans les peines des cailloux. L«s cailloux on pierres à feu rc^tileut dans

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choc d'un autre corps TexcUe, pour ébranler les villefl et les montagnes. L'homme a su rallumer et l'attacher à tous ses usagesi pour plier les plus durs métaux \ et pour nourrir avec du bois, jusque dans les climats les plus glacés, une flamme qui lui tienne lieu de soleil, quand le soleil s'éloigne de lui. Cette flamme se glisse subtilement dans toutes les semences; elle est comme l'Ame de tout ce qui vit; elle consume tout ce qui est impur, et r^àouvelle ce qu'elle a purifié. Le feu pnôte sa force aux hommes trop faibles : il enlève tout à coup les édifices et les rochers. Mais veui-on le borner à un usage plus modéré, il réchauffe l'homme, il cuit les aliments. Les anciens, admirant le feu , ont cru que c'était un trésor céleste que rbomme avait dérobé aux dieux.

FiNKLON.

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