‹ Recueil de pièces authentiques sur le captif de Ste.-Hélène; de mémoires et documens écrits ou dictés par l'empereur Napoléon. Suivis de lettres de MM. le grand-maréchal comte Bertrand, le comte Las Cases, le général baron Gourgaud, le général comte Montholon, les docteurs Warden, O'Meara et Autommarchi, et plusieurs personnages de haute distinctionChapitre 23 sur 45 · PENDANT LES CENT JOURS · texte numérisé non relu

PENDANT LES CENT JOURS

M. LS COHXE CàRNOT,

J'ai nommé à la préfecture de Maine-^^Loire

le sieur Caleazzini , qui était commissaire^énè-

ralàl'ile d'Elbe. Il est de la Corse; c'est un

homme fin et très-capable de suivre les intrigues

qui pourraient se tramer dans l'Ouest. Il est à

Paris, m'ayant accompagné depuis l'iie d'Elbe ;

voyez-le, et recommandez-lui de surveiller de

ce côte avec le zèle et l'intelligence que vous lui

connaissez. Il y a d'autres préfectures vacantes

où Ton pourra nommer Leroy. Je crois qu'on a

conservé Vaublanc [i)\ maison dit qu'il s*est

conduit tellement mal , qu'il n'est plus possible

de le laisser. Metz • au surplus , est une trop

grande préfecture pour Le roy.

Paris, le a 5 mars 18 15.

(1) Depuis ministre de rintérieur , au retour de S. M. Louis XVIII.

38a PIECES SUR LB PRISONNIER

M. LE COMTE CâRNOT,

Je recevrai dimanche prochain TUniversité en même temps que llnstitut. Je désire donc que rUniver$ité soit promptement organisée. Présentez-moi un projet de décret pour la rétablir telle qu'elle était organisée l'année dernière. Proposezmoi, en même temps, les personnes que je dois nommer pour celte réorganisation. Ecartez-* en celles qui, telles que le sieur Bonald (i) , ont énoncé des principes obscurs, propres à égarer l'opinion et à corrompre la jeunesse. Je désirerais que vous pussiez me remettre ce travail mercredi .prochain >

Paris, le 26 mars 181 5.

(1) Auteur de plusieurs ouvrages de philosophie et de politique^ aujourd'hui membre de la Chambre des Députés.

DE SAINT£-H£LÈN£. 383

M. LE COMTE CaRNOT,

Il y a beaucoup de préfets et de maires qui sont très-mauvais. Vous ne pouvez pas les déplacer d'ici aussi promptement que cela serait nécessaire. Je pense que vous devez adresser une circulaire à tous les préfets , pour les autoriser à suspendre provisoirement les fonctionnaires qui ne doivent pas être conservés ; ils conféreront rintérim des sous-préfectures à des citoyens du pays, et des mairies, aux premiers adjoints. Les préfets vous rendront compte, dans les ^4 heures , afin qu'on puisse procéder au remplacement légal.

Paris, le 27 mars i8i5.

vvvvvvvvvwv%w%vvvvvvvvvvvvvv\vvvvvv«vv«vvv«vvvvvvv«vv^

M. LE COMTE CaRNOT,

Je désire que vous me remettiez inccssament l'état de tous les employés des administrations sous vos ordres qui ont été déplacés depuis un an ; mon intention est de replacer ceux contre lesquels il n y aurait pas de reproches fondée.

Taris, le 27 mars 181 5.

384 PIÈCES SUR LE PRISOMKIËIt

M. LE COMTE CaRNOT,

Ayant réuni la garde nationale dans TOtre mit nistère , il est indispensable que tous foraii^ sur-le-champ un bureau dirigé par un officier supérieur, pour prendre connaissance de tout ce qui a été fait relativement aux gardes nationales^, et faire, sans délai, tous les changemens conve* nables dans les chefs. Mon intention est d'orga^ niscr la garde nationale dans toutes les parties de l'Empire , surtout dans les bonnes provinces^ en Dauphiné, en FrancherComté , en Alsace « en Lorraine , dans les Vosges , dans les 3*. et 4^ divisions militaires , dans la â^ , dans la Champagne, dans la Picardie et dans le dép^tement du Nord. II faut qu'une partie soit armée et puisse servir et protéger le territoire ; mais il faut la faire commander par des officiers réformés, ou par des personnes sur le patriotisme desquelles on n'ait aucun doute; cette opération est si im« portante, qu'aussitôt qu'il sera possible je dé* sire avoir votre rapport sur l'organisation de votre bureau des gardes nationales, qui sera chargé de tous les détails et des nominations à tous les emplois. Je pense qu'en attendant, vous devez au-

DE SAIBfTE-HELàNE. 385

toriser M. le comte d'Erlon ( i ) à opérer dans la 1&'. division tous les changemens d'oiSiciers qu'il croira utiles et qui seraient urgens. Donnez la même autorisation au duc d'Albufera (a) pour TAlsace; au général Gérard/ pour les 3% et 4** division; au duc de Plaisance (5), pour la a^. ; au prince d'Essling (4) , pour la 8^ ; au général Lasalcette, pour la 7^.; au général Desaix, pour la 1 g"".; au général Lemarrois, pour les i5%et l4^; au général Cafarelli, pour la iS"*.; au générsll Morand, pour la lâ^; au général Clauzel, pour les ll^ et âi^; et au général Pajol, pour la a2\ Je n'ai pas encore de renseignemeùs clairs sur ce qui se passe à Nîmes, c'est-à-dire dans les 9^. et 10% divisions militaires, mais vous pouvez donner au général Laborde, qui est là, l'autorisation nécessaire pour de semblables changemens , en lui donnant le pouvoir. Faites une circulaire pour leur faire connaître qu'on doit placer de préférence les oiSiciers réformés , ou qui ont servi, et ôter tous ceux qui, par leurs intérêts ou leurs opinions , seraient contraires à la cause nationale. Cette opération est urgente

(1} Général Drouet.

(â) Maréchal Suchet.

(3) Fils da prince Lebrun.

(4) Le maréchal Masténa.

et doit se faire sans délai. Pour que cette opération marche d'ensemble , il faut que toutes les autorités -soient épurées, mais ce travail serait trop long s'il fallait attendre qu'il partit de Paris. Je pense qu'il faudrait , par une circulaire , autoriser les préfets à suspendre les sous-préfets y les maires et autres autorités qui ne seraient pas attachées au Gouvernement impérial. Mandez aussi aux préfets de vous faire connaître tous les déplacemens qui ont eu lieu dans les diverses administrations ou régies de leurs départemens, et surtout dans les eaux et forêts , d'où l'on a ôté de bons citoyens pour placer des émigrés. Vous autoriserez, en conséquence, les préfets à se concerter avec le général commandant la division, pour rectifier les déplacemens qui auraient eu lieu dans les administrations de leurs départemens , en haine d'opinions politiques, etc. Us pourront déplacer, à cet effet, ceux qui auraient été nommés depuis le premier avril 18149 et rétablir ceux qui seraient dans le cas de reprendre leur place. Vous leur ferez connaître que cette latitude extraordinaire de pouvoirs que vous leur donnez, après avoir pris mes ordres, ne doit être que pour quinze jours, à dater de la réception de voire lettre. Faites part aux généraux commandant les divisions de cette décision; vous aurez soin aussitôt que vous serez

DE SAINTB-HiLÈNE. ^ 3^7

instruit des déplacemens , de m'en rendre compte sur-le-champ , pour que je confirme oU rapporte les mesures provisoires que les préfets auraient prises^

Paris, le 27 mars 181 5*

M. tE COMTE CàRNOT,

J'ai rappelé l'ancien sous-préfet de Meaux. Chargez-le de vous proposer sur-le-champ une personne pour remplacer le maire de Meaux.

PariS) le 5o mars 181S.

M. LE COMTE GàRITOT,

Le général Morand a fait arrêter le sieur' de Béville , sous-préfet d'Argentan , et Ta fait remplacer par l'ancien soUs-préfet. Présentezmoi un projet de décret en conséquence.

Paris, le 3o mars 181 5.

388 PIÈCES l^tJE £É PRISONNIER

M. LE COMTE CàRNOT,

Le prince de la Moskowa (i) a remplacé provisoirement le maire de Condé , qui n ayait pas la confiance de ses administrés; confirmez la destitution de ce maire, et faites-le renvplacer légalement.

Pafis, le3i mari i8i5.

M. LE COMTE GàRNOT,

Je vous envoie une note des fonctionnaires du département de la Marne , qui devront être remplacés 9 si les renseignemens que cette note renferme sont d'accord avec eaux qu^. vous vous serez procurés.

Paris 5 le i*' avril t^iS.

(i) Le maréchal Ney.

DE SÀINTE-HilÈNB. SS^

NOTEi

Fonctionnaires à remplacer dans le département de la Marne , si les renseignemens ci-après sont d accord avec ceux recueillis par le ministre :

Le sotis-préfet de Châlons, M. Le Bouc de Ternas , auditeur au Conseil d*état , est , à ce qu'il parait, un homme nul sous tous les rapports.

Le sous-préfet de Sainte-Ménéhould, M. Ghamisso, s est très-mal conduit; on ne peut concevoir comment il se trouve encore en place.

Le sieur Burnet, adjoint au maire de Ste.- Ménéhould, ne jouit d aucune considération.

Le sous-préfet de Vitry , M. de Coucy , a fait paraître , en dernier lieu , une proclamation fort inconvenante.

Le maire de la ville , M. Leblanc , et le sieur Geset , adjoint, ne peuvent conserver leurs fonctions.

M. LE GOHTE ÇaJINOT,

Mon intention est <|pe les anciens ministres^ et antres individus , màrquans , qui ont été employéa sous le gouvernement de Louis XVIII, ne puissent rester en France, et jouir de leurs biens , que lorsqu'ils auront , par une déclara-? tton adressée au ministre dans les attributions duquel ils âe trouvent, reconnu l'empereur Napoléon pour le souverain légitime de la France. Je désire donc que vous me présentiez , dès de* main , une liste comprenant l'ancien ministère de lintérieut , les préfets , les principaux employés dé la maison du Roi, tels que les ministres, etc., et tous les autres individus de votre ministère , dont il est convenable d'exiger cette décjaratioi^ qui devra être simple, claire et sans si ni mais. Ceux qui ne la feront pas, ne pourront rester en France , et le séquestre sera mis sur tpus leurs biens; on devra néanmoins excepter de cette disposition les treize individu^ qui, par un décret de Lyon, ont été déclarés traîtres.

Varis^ le i Avril 181 5^

. DE SÀINTE-uiLÈNE. Sq I

M. LE GOBITE GàRNOT,

U est important de remplacer sur-le-champ les membres du conseil municipal de Paris , qui ont été destitués, ou qui doivent être éloignés. — Le conseil municipal de Lyon a été renommé dans ces derniers temps : il a peu la confiance de la ville. Présentez-m'en également une nouvelle organisation; ce sont deux opérations importantes dans ce moment actuel.

Paris, le a avril 181$.

M. LE COMTE CAaiïOT,

On a levé dans plusieurs départemehs des volontaires royaux. Je désire que vous me présentiez un projet de décret pour qu'ils fendent leurs armes et leurs habillemens , le plus grand nombre de ces volontaires ayant été armés et habillés aux frais des départe mens.'

Paris y le a avril 181 5.

39^ PIÈCES SUE £B PRISOUNIER

M. LE COMTE Ga&NOT,

Les pi^éfets et sous-préfets ne se rendeat point dans leurs places ; donnez des ordres pour qu'ils jpartent dans les vin^-quatre heures.

Paris 9 le 3 avril i8r5.

M. I.B COMTE CàRNOT,

Le ministre de la police m*a commuoiqué une lettre du préfet de Lyon , qui indique la nécessité de faire des changemens dans la municipalité, et dans Tétat-major de la garde nationale de cette yille, si les insurgés approchaient davantage y quoique je reçoive des nouvelles que la marche des troupes de Grenoble et de celles de Lyon les ait forcés de se retirer ; il est cependant nécessaite d'y faire les changemens indiqués«afin que les autorités municipales et la garde nationale soient à la hauteur de Topinion du peuple. Donnez Tordre positif à Rœderer (i ) . Otez

m '• III» ■

( 1 ) Ex'Sénateur et Tun des commissaires extraordinaire s dePEmpereur.

BB SAINTE- HÉLilTE. 393

le maire, si cela est nécessaire, malgré que le danger paraisse passé ; comme par la suite d'autres circonstances pourraient se présenter, il faut que Lyon nous offre toute la force de sa population. Vous ordonnerez au préfet d'augmenter la garde nationale et de la porter au moins à 10,000 hommes; recommandez-lui spécialement d'organiser la garde nationale du faubourg de la Guillotière et des autres faubourgs; qu'il organise deux compagnies de canonniers; il est convenable de tenir à la tête de cette garde nationale un général en activité. J'y ai envoyé le général Brayer ; mais , s'il me devenait nécessaire , je le remplacerais par un autre; la même opération doit être faite dans toutes les villes de la dix* neuvième division militaire. Ecrivez dans ce sens

à , Thibaudeau (1) et à Marchant pour

Dijon; qu'ils utilisent leurs missions, purgent les municipalités et en organisent les gardes nationales sur le principe du dixième de la po« pulation.

Paris, le6avril i8i5«

(1) Ex-pvéfetde Marseille, Tun des cominissaîrei extraordinaires pendant les Cent jours.

»*/^«/^«/^ ^>^^^^^bmf%'^^*^^>'wm^^i^*^^/%imf^

M. LE COMTE GaRNOT,

Témoignez ma satisfaction à la Tille de Gaen pour la conduite qu'elle a tenue (i).

PariSyle S avril 181 5.

M. LE COMTE GàRNOT»

11 paraît que le préfet qui a été nommé pour le département du Pas-de-Calais , vient de Pau. Ainsi il sera encore quelques jours sans y arriver; d un autre côté, la i6*. division militaire, c'est-à-dire le Pas-de-Calais et le Nord, ont été fortement travaillés. Je pense qu'il est nécessaire d'y envoyer un conseiller d'état , qui se rendra à Arras, et parcourra le département du Pas-de-Calais; il changera tous les sous-préfets , maires et employés de toutes les régies , qui ont été nommés par le Roi , se sont mal comportés, et sur lesquels on ne peut pas compter.

(1) D^aprhs le Moniteur^ M. le duc de la Force ayani débarqué dans cette ville , le peuple Tavait arrêté et oa. Tavait conduit à Paris.

DE SÀlNTE-HÈL^NEv '^Q^

U changera également tous les commandans et officiers de la garde nationale ; de là il se rendra à Lille , où il fera la même opération ; il sera tenu de parcourir ainsi tous les chefs-lieux de chaque sous-préfecture; enfin, il sera autorisé à lancer des mandats d arrêt , si cela devenait nécessaire, contre des hommes qui seraient dangereux : chargez de cette miMion le conseiller d'état Costaz. i

Paris ^ le 8 avril 1 8i5.

P. S. J'apprends, k niQD lever, que c'est le baron Roujoux qui est nommé préfet du Pas-de-Calais; qu'il soit parti de Paris avant minuit, qui n'empêchera pas d'envoyer toujours le conseiller d'état qui doit partir dans 1^ imit*

M. LE COMTE GÀRirOT,

Vous avez dû epvoyer le baron Costaz , dans la 16*. division militaire; tout porte à croire que les Bourbons et les ennemis voudraient s en emparer , en opérant un mouvement. Recommandez à Costaz de s'y porter sur-le-champ pour faire de bons choix, et changer entièrement les mauvais.

Paris, le 9 avril 18 15.

396 PliCBS SUE LE PEISONNIEE

M. LE COMTE CaBNOT,

Destituez sur-le-champ le sieur Meloret de la Hechois , sous-préfet de Brest , ex-chouan , nommé par le Roi. Envoyez-y un sous-préfet sur lequel on puisse compter, et qui s'y rende surlenchamp. ^

f NAPOLÉON.

Paris, le 9 avril i8i5.

NOTE

Dictée par l'empereur et adressée à Carnot.

Adresser une circulaire aux préfets et sous-préfets, et aux maires pour qu'ils fassent connaître le décret du â8 mars, et qu'ils invitent les administrateurs à favoriser de tous leurs moyens lappel de tous les vieux soldats , en représentant les besoins de la patrie , en excitant les sentimens généreux dams cette foule de braves qui ont déjà combattu avec gloire , C'est à l'activité de l'administration à faire un appel individuel aux militaires, soit en congés limités, soit en congés absolus , soit même en retraite, et à les

DE SAINTE-HELÈIIB. 897

presser d*obéir à Thonneur. Si les soldats veulent retourner à leurs anciens drapeaux, le préfet les dirigera sur les dépôts de ces anciens régimens , s'ils veulent se réunir aux hommes du département qui fournit à tel corps, il faut les diriger sur le dépôt de ce corps.

On prescrira ensuite aux préfets de se faire envoyer par les sous-préfets , Fétat des hommes avec l'indication du dépôt où ils vont. Le préfet adressera sans délai cet état au ministre.

Adressez aux négocians une circulaire raison* née pour leur faire sentir que sans indépendance et sans une attitude forte , le commerce sera nul et les manufactures tomberont.

M. LE COMTE CaRNOT,

Il parait que toute la Provence arborera aujourd'hui ou demain la cocarde tricolore ; ainsi l'on peut regarder l'insurrection du midi comme terminée. Envoyez un auditeur qui s'embarquera à Toulon pour la Corse , et portera des pouvoirs au préfet. Ordonnez la dissolution de la Junte extraordinaire que j'avais organisée. Faites connaître par une {nroclamation qu'ayant ordonné

que toutes les troupes reviennent en Vrancci )e compte sur le patriotisme des habitans pour défendre la Corse. Donnez Fautorisation au gé-^ néral Delaùssay et au préfet d'organiser les gardes nationales selon les haibitudes et les coutumes du pays, de manière que dans chaque circonstance elles puissent se pester sur tous les points qui seraient menacés. Vous annoncerez que le duc de Padoue (1) ya se rendre en Corse chargé de pouvoirs extraordinaires; faites le venir pour lui faire part de mes intentions ; il devra être prêt à partir dans trois ou quatre jours s vous lui ferez ses instructions ; il organisera la garde nationale , et destituera tous les employés nommés par le Roi, qu'il renverra sur-le-champ en France; il formera un bataillon de cinq cents hommes, tous Corses, qui sera envoyé à Porto- Ferrajo pour la défense de Tile d'Elbe, sous les ordres du général Dalesme , gouverneur. Enfin , je lui donne l'autorisation de distribuer six croix d'officiers de la légion-d'honneur , et trente croix de légionnaire , à ceux des habitans qui se seraient le plus distingués, lorsque le pavillon tricolore a été arboré. Il ne sera conservé dans les emploi» que les Français que j'avais nommés avant le .1"^. avril i8i4; il pourra cependant laisser quel-

. (1) Çénéral Arrlghi^ Corse, et cousin de Napoléon*

DS SAINTE- HÉLÈNE. 5qQ

ques-UDs des habitans de la Corse nommés par le Hoi. Il renverra en France tous les employés français qui se seront mal comportés.

Paris, le lo avril 181 5.

M. LE COMTE GaRNOT,

Il est très-urgent d'ôter le maire d'Orléans et de le remplacer par un homme sûr. On annonce que le nouveau préfet n'est pas encore arrivé.

Paris, le 10 avril i8i5.

M. LE COMTE CaRNOT,

Il parait que le baron de Flavigny , préfet de la Haute-Saône, s'est vivement compromis. 11 avait été nommé à la préfecture de la Meuse ; il faut l'y remplacer le plutôt possible.

Paris, le 10 avril i8i5.

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NOTE

Dictée par l'empereur, dans la séance du

\2 avril 181 5.

L'Empereur désire que le ministre de Tintérieur lui remette les états de compensations des bons de réquisitions , l'état du montant des contributions en principal et des centimes extraordinaires , l'état des compensations effectuées , et ce qui reste à compenser.

L'Empereur désire aussi que le ministre lui rende compte de l'état des approvisioiïnemens de réserve de la ville de Paris , soit en blé soit enfariné, qui existent actuellement. L'Empereur juge convenable que ces quantités soient constatées par des procès-verbaux qui seront dressés par un auditeur chargé de cette mission.

DE SAINTE-HÉLiUK. l^Ot

NOTE

Dictée par l'Empereur au conseil des ministres^

tenu le 12 avril i8i5.

Le ministre de Tintérieur réunira le comte de Sussy (i), le comte Chaptal (2) et M. Ferrier y directeur-général des douanes , pour examiner la question des entrepôts et des ports francs.

Il faudra d abord bien établir les différences qui se trouvent entre les ports francs de Marseille et de Gênes , et les entrepôts réels qui existent dans plusieurs de nos ports.

Ces différences bien constatées , on traitera la question de savoir s'il est convenable de convertir la plupart de nos entrepôts réels en ports francs , semblable à celui qui existait à Gênes. Si cette question était décidée par l'affirmative^ le port franc de Marseille , tel qu'il a été établi par Tordonnance du lloi, se trouverait détruit, il serait constitué comme celui de Gênes , et nous aurions trois ou quatre ports francs en France.

(1) CoUîn, ex-consellîer d'état^ âiredteur-général des domaines^ex-ministredu commerce et des manufactures* (a) Ex^nateur et ex-ministre de Tintérieur.

J^6§ Plies» SVK LB FRUOlIfVIER

Il coii?îent de s'appliquer , dans rorganisation des ports francs, à simplifier les formalités, à éviter les lenteurs , afin que les versemens des caboteurs puissent se faire avec le plus de célérité, qI le moins de formalités possibles; le l^ur qu'il importe dlatteindre , est que toutes les espèces d'expéditions n'éprouvent pas plus de retard qu'elles n'en éprouvaient, soit mus le régime antérieurà la révolution , soitsons le régime de la démise ordonnance du Roi* Si ladiaeus^ sion conduit à ce résultat , qui est , eu cetnemenl considéré comme hypothétique , il faudra^ dans UH rapport d'apparat , exposer les inconvénient qui résulteraient dû système ancien ou du sy^ tème récent pour les fabriques de Franoet pour celles même de Marseille , et spécialement pour la ville qui, placée pour ainsi dire« kers de France , éprouverait des gènes sensibles dans son commerce avec l'intérieur. Le danger* peur no» Manufactures en général est d'une évidenee^pal-^ pable , puisqu'il résulte de l'impossibilité de repousser la contrebande des marchandises étpangères du même genre que les nôtres.

L'entrepôt, réel^ dans le temps où il fut accordé à un grand nombre de ports de France , fut considéré.comme un bienfait Marseille n'en jugea pas ainsi, parce quelle compara lea^va«K tages de son entrepôt réel avec ceux dtt port

franc de Gènes: il faut reconnaibr/e aujourd'hui que le régime du port franc de Gènes est beaucoup plus favorable au commerce. Dai» Je port: franc de Génçs , les négocians avaieiit la faculté de manipuler à leur gré leûra marchaudisçs.; dans lentrepot rjéel , on ne pouvait pas toucher à un ballot Sans le concours des agens des douanes » les douatliers n'entraient pas dans le port franc de Gènes; ils agissaient à toute9. heures, ils qur-* veillaient dans Tentrepôt de Marseille; dans Fun» ils ne gardaient pas les portes extérieures, dans^ l'autre ils exerçaient là les marchandises dans quelque lieux qu elles fussent placées. Les différences sont essentielles. Oh aura donc , en ré-sultat, à examiner si le port franc, tel qu'il e:ds-' tait à Gènes, et qui semble devoir satisfeire to«s les intérêts, répoiidra an ^voêii de h vUle dd IMhif^ seiUe. On pourlrarit éMidir dés pkiMs f i*anùs oi^ ntséé de ia même manière à BârfdAcie , à Ptaniesv ^ Bordeaux et Dunkerque , etc.

4q4 PlicBS SUR LE PRISONBIII»

M. LE COMTE GaRNOT »

Jeyois qu'on est embarrassé pour le choix 'd*un maire à Bordeaux , est-<;e qu'on ne pourrait pas nommer le maître des requêtes Portai (i)?

Paris, le i3 afrii i8iSr.

M. LE COMTE duiNOT,

Témoignez mon i étonnement au préfet de Nantes -, de ce que le maire » l'adjoint» un sieur Bois-Morin, garde-du-corps » et le receveur des contributions sont çnçore en place malgi^ que leurs mauvaises. dispositions ne soient pas douteuses.

Paris , le 14 avril 181 5.

(1) Aujourd'hui ministre de la marine.

M. LE COMTE CàRNOT^

Je vous renvoie un rapport du Ministre de la guerre , du i5. Je ne veux point de régiment provincial en Corse , mais quatre bataillons de Chasseurs organisés comme l'infanterie légère. Le Ministre de la guerre enverra des instructions pour leur habillement pour cette année ; et jusqu'à ce qu'on y ait envoyé des draps du continent ^ ils seront habillés avec des draps du pays ; les officiers à demi solde seront j la plupart j employés en France , dans le royaume de Naples j ou en Italie. U est sans exemple que j'aie autorisé un général à donner autant de décorations de la Légion d'Honneur qu'il le voudrait* Il est également inconvenant, quant àla comptabilité, qu'aucun individu ait le droit illimité de tirer sur le trésor national. Recommandez au gouverneur d'agir avec modération ; qu'il laisse marcher l'administration selon la forme accoutumée; qu'il ne fasse rien d'extraordinaire ^ à moins que ce ne soit indispensable ; qu'il ne. change même personne de place ^ que dans le cas où la sûreté du pays l'exigerait ; qu'il ne change également rien auséjour actuel des autorités. Il est nécessaire qu'il corresponde fréquemment avec le général

Palesme , gouTerneur de File d'Elbe , afin de se porter mutuellementt les secours que les circonstances ei^igeraient.

Paris^le 14 avril 181 5.

Af • IJB COMTE CaRNOT ,

Je désire que vous me présentiez ^ dans la journée de dimanche j Tétât de tous les présidens des derniers collèges électoraux de département, et un projet de décret pour en nommer de nouveaux, en changeant tous ceux qui seraient mauvais. Vous meremétlre^le même travail pour les présidens des collèges d'arrondisseiQent , et ensuite pour les piré$ideiis de canton.

Paris, le 14 avril i8i5.

M. U COMTE CàRNOT ,

Dans le travail d'aujourd'hui^ j'ai ordonné que M. le baron de Lameth partit sans délai pour Toulouse* Il vient de me représenter que c'est lui qui , en 1 790 , a fait la molion pour la

. BS SAIIfTE-HBX:iN£. 4^7

suppression des parlemeos , et il désire; eu coi^lséquence , n'être pas envoyé dans une ville parlementaire : cette raison me parait bonne* Je désire donc que vous renvoyiez y dès demain , le baron de Lameth à Amiens , où il a à s'occuper de l'organisation de la garde nationale- Le barbii Himbert Flegny n'est pas assez fort pour Toulouse. Proposez-moi, sans délai, un mouvement dans les Préfets , pour remplir le poste de Toulouse , et pour placer le Baron Himbert.

NAPOLÈÔiV.

Paris, le i3 avril i8i5.

M. X£ COMTE GaKNOT j

Le siieur RoHand j qui était Préfet à Nisrnek , «'est très-mal comporté. Donnè24ùi ordre dfe Venir à Paris avant de se rendre à la Préfecture d'Eure-et-Ltïîre , et faites faire une enquête sur sa conduite. Tout le ûiônde dit que le Préféï de Lyon (i) est trop faible p6ùr cette plafcè ': Ôti pourrait Fappéliâr à la préfectdre d'ïhiré-ët'Ldîi^ ; â la place du sieiir Rolland.

Paris, le 18 avril i8i5.

(i)M. Fournier, membre de T Académie des^ Sdèndar^

4o8 PIÈGES SUR LE PRISONNIER

M* LE COMTE GARÏfOT,

La huitième division militaire est soumise , les campagnes partagent les sentimens du reste de la France. Marseille et Avignon sont les deux seules villes où il y ait unmauvais esprit. Réitérez Tordre à Rœderer de se rendre à Marseille , et à Bourdon de se rendre dans le Var. Recommandez-leur de remettre le parti patriote, de renvoyer les Maires , les Sous-Préfets , les Officiers de santé de Marseille , les agéiïs des ports , des finances et de toutes les parties de l'administration , qui ne se seraient point bien conduits ; qu'ils les remplacent par des hommes sur lesquels on puisse compter; qu'il réforme sui^-le-champ la Garde Nationale de Marseille , celle dé Toulon , celle de Grasse , celle d'Antibes,* et de tous les départemens; çnfin^; qu'on ne n^Iige aucune mesure pour relever l'esprit du peuple , et pour

en confier la direction à des hommes sûrs.

Conc^tez-vous avec Je Ministre delà guerre pour avoir un bon maréchal-de^cainp pour commander la Garde Nationale dé Marseille , et un lieu-

qui avait accompagné Bonaparte e^ Egypte ; et c}ue ce dernier fit passer en 18 15, delà préfecture de Grenoble à celle de Lyon.

DE SAINTE -HÉLÈNE. ' t\t^

tenant-général pour organiser celle des Bouchesdu-Rhône. Que ce soit des hommes dévoués et fermes. Les pouvoirs de iRû^rferer s'étendront dans le département de Vaucluse. Recommandez-lui de lancer deâ mandats d arrêts contre les hommes qui lui paraîtraient dangereux , et contre ces boute-feu de la révolte. Sachez si les Préfets de Vaucluse , des Bouches-du-Rhône et du Var sont partis : s'ils ne le sont pas , qu'ils partent dans la journée.

Paris le i6 avril i8i5.

M. LE COMTE GaRNOT,

Je vous envoie une lettre qu'on m'a communiquée. Je suppose que le comte Rœderer , avant de se rendre à Marseille , aura proposé- de bonnes autorités pour Lyon ; cette opération faite, il importe qu'il se rende à Marseille, et Bourdon à Draguignan.

Paris, le 16 avril 181 5.

4lO PliCES sua LE PaiSOffNIEE

M* I.E GOMTE CiRNOT ,

Je TOUS envoie une dépêche télégraphique : cette exportation inquiète tous les départemens de ]a frontière qui voient avec peine des vivres jpasser à Tenuemi. Je pense qu'il serait convenable de suspendre toute exportation par la frontière

déterre (i^,

Paris, le so avril i8i5.

Note dictée par Napûléan , relativement au projet de décret présenté par Cambacérès , pour les mesures à prendre contre les généraux qui avaient suivi le Roi.

Le décret proposé parait bien conçu ; il est inutile puisqu'il n'ajoute rien à la législation existante » il n'est en réalité qu'un ordre du -Ministre de la justice.

L'Empereur juge convenable que les Ministres de l'intérieur, des affaires étrangères, de la police, delaguerreet delà marine,en voient au Ministre de la justice la note des individus qui sont dans le

(i) Il s'agit de la sortie des grains.

cas d'être poursuivis ^ avec les rapports , pièces ou renseignemens qui autorisent cette disposition à Içur ;^ar d. Ainsi , le Ministre de la guerre enverra les pièces relatives aux généraux de Bellune , Maison et Bordesoult ; le Ministre de l'intérieur , celles qui concernent le sieur Scey ; etle Ministre des afiaires étrangères la déclaratton faite par Je sieur de Talleyrand , ministre en Suisse, 4e rester dans cette qualité au service de Louis XVIII*

Le Ministre delà justice» en conséquence de ces communications 9 ordonnera aux procureursgénéraux de faire poursuivre.

n est important de mettre en mouvement quelques affaires de ce genre , afin de fixer le vague qui existe encore dans les idées sur cette sorte de délit. On aura soin de faire faire mention dans les papiers publics , du commencemeat des procédures.

M. £B GOMtB GaBNOT ,

Vous recevrez un décret par lequel j'ordonne la formation de deux régimens de lanciers de gardes nationales dans les départemens du Haut et Bas-Rhin. Écrivez à Metz, à Nancy y à Épinal »

4lâ PliCES SUft LE PftlSOlflflER

dans les 2*. , 5*. , 4*- » 6** » ?*• et 1 9*. diyisions , pour savoir s'il serait possible de former dans chacune un régiment de 600 lanciers; on réunirait plusieurs divisions militaires , s'il le fallait , potur former un r^iment ; les hommes devraient s'équiper et se monter à leur frais* Ecrivez aussi dans r Aisne , dans la Somme , dans le Nord, dans les départemens des i5% et 14** divisions. Si cette mesure pouvait se généraliser ^ eUe nous offrirait de grands avantages , puisqu'elle nous fournirait une masse de cavalerie suffisante pour mettre les départemens à Tabri des troupes légères.

Paris ^ le aa avril i8i5.

M. LE COMTE CaRIÏOT ,

On me dit que le sieur Delamagdelaine , préfet de rOrne, est bien intentionné, mais qu'il est faible et peu propre à maintenir l'ordre. Tâcher de prendre des renseignemens là-dessus.

PariSi le aa avril i8i5.

M. LE COMTE GâRNOI:,

n serait convenable d'ordonner dans chaque département que l'on fabriquât une certaine quantité de piques. Faites-en arrêter le modèle. Cela servirait à défaut de fusils et de faulx.

Paris, le a4 avril i8i5.

M. I.E COMTE GaRNOT,

Je désire que vous m'apportiez ce soir , avec votre opinion , la rédaction définitive d'un projet de décret qui contiendra les dispositions suivantes:

t Tous les maires , adjoints et membres des communes, cesseront leurs fonctions au i^'mai.

« Les pr^ts présenteront suf^le*champ en^ remplacement , des . maires , adjoints et conseillers des communes , qui ^ient la confiance du peupfe. Ces présentations seront iaites par le» préfets à de» commissaires extraordinaires qui seront envoyés dans chaque' division militaire;: Les commissaires extraordinaires se' présenteront ensuite dans chaque chef-lieu du département,

4l4 PlilGES 8fIR :£B PEAflONlflER

et nommeront tous^les maire» « adjoints et con-' seillers de commune , d'arrondissement et de département; il y a , je crois , vingt*dbux divisions militaires ; déjà plusieurs commissaires extraordinaires . s y trouvent; présentez - moi , pour compléter la liste de ces commissaires exr traordinaires,, des conseillers-d'état, quelqiies anciens sénateurs, comme Pontécoulant, Boissyd'Anglas; qudîiues membres de l'ancienne Chambre, comme Bedoçli; Par ce moyen icbaque division aura un commissaire : il faut que ces. commissaires puissent partir demain j car ce renouvellement de tous les maires est de la plus haute importance. »

Dans un autre projet de décret , je désire que vous me proposiez les dispositions suivantes : .

Tous les officiers et commandans dès gardes ^ nationales cesseront leurs fonctions au.i^' mai.

Les préfets présenteront sur-le-champ à nos commissaires extraordinaires les nominations à faire en remplacement. Voyez s'il faut prendre la même mesure pour les juges de paix ; mais je ne pense pas qu'en général cette classe soit dans le acns du fiarti royaliste. Je crois qu'à la prompte exécution de ces mesures est attaché le sahit puldic. Préparez-moi ks instructions pour le» comtnisaaiirai.

Usfferwit la' mèaàè opération sur les sôiHh-

DE SAINTB-HilLiNB. 4^^

préfets ; tous me proposerez un troisième pcojet de décret » pour que les commissaires les renou* Tellent tous.

Mes commissaires ne s'arrêteront pa» \à% Us feront une enquête sur les administrations et régies , sur les payeurs , percepteurs , officier» forestiers j employés de l'enregistrement, enfin sur tous ceux qui occupent des jdaces à ma nomination. Ils ôteront sur-le-champ tous ceux qui ont des dispositions opposées , et dont le salut

public commande le remplacement. Les commissaires feront prêter serment aux nouvelles municipalités et aux nouveaux corps des officiers des gardes nationales; ils reviendront sur-lechamp à Paris, où ils vous rapporteront toutes les nominations qu'ils auront faites» Vous ferez ensuite régulariser , par ma signature , tout ce qui en aura besoin*

Paris, le 20 avril i8i5.

M. I.E COMTE CaRNOT,

On m'assure que les chefs des tofcéetê sonft^. trèsv-mauTais ., et ootainiBtfiitioeiia dht lijm^

4l6 PlicBS SUR LE PRISONNIER

de. Rouen : faites-vous faire un rapport là dessus.

. Paris, le a4 avril 161 5.

M. L£ COMTE .CaRNOT,

Ecrivez uùe circulaire à mes Commissaires extraordinaires , pour leur dire que )é âuis instruit que dans l'administration des vivres il y a beaucoup d'hommes dans de mauvaises dispositions, et qui seraient capables de donner des renseignemens à Tehnemî sur nos mouvemens des troupes ; qu'aussitôt qtiils en reconnaîtront dans de mauvaises dispositions , ils sont autorisés à les suspendre et à les changer.

Paris 5 le a4 avril 181 5.

M. LE COMTE GaRNOT,

Donnez ordre qu'on ne laisse plus sortir personne de France sur toute la frontière du .Not*d , depuis Dunkerque «jusqu'à Landau. Concertez*

DE SÀI1TTË-HEIÈ5K. 4^7

VOUS à cet effet avec les Ministres de la guerre , de la p6lice et des finances. Le dernier donnera aux Douanes les instructions convenables. Donnez ordre que tout individu de la maison du Roi , qui irait à Bruxelles ou en reviendrait , sôit arrêté ; qu'on arrête de même sur la ligne des frontières tout ce qui sera suspect ; en général » qu'on ne laisse passer personne , à moins qu^on ne soit porteur d'un passe-port du Ministre des affairés étrangères.

Paris 9 le 27 avril i8i5.

M. £B COMTE CaRITOT,

Je vous envoie des Notes qui répondent au Mémoire que vous m'avez remis. Communiquez ces réponses à l'auteur du mémoire, qui répliquera, s'ily a lieu (i).

Paris, le 27 avril i8i5.

(1) L'éditeur ignore quel pouvait être .l'objet de ce Mémoire.

4l& PlicS^ SVh^ LE PRISONîNIER

M* LE COKTE CaEHOT,

Omne ^nonce le sieur Bottin, sqcrétaire-géj^éjal delà Préfecturedu Nord, comme peu dévoilé ) et cependant menant le Préfet. Changez diç place le sieur Cordier, ingénieur des ponts et chaussées du département du Nord , et ren^ placez* le par un ingénieur sur les sentiment duquel je puisse compter.

Paris, le3o avril 181 5.

M. LE COMTE CARirOt,

Présentez-ndoi un projet pour remplacer le sièui^ Jerphanion , préfet de lai Haute -Marne. Son^ département est bon ; mais il n'en est pas moins convenable d'y avoir un homme phis ferme* Jetrodve sur la liste des candidats, que vous m'avez remise, l'aud^içur Farguçs ^uime paraîtrait convenir à cette place. Proposez -moi un projet de décret pour accorder une pension au sieur Jerphanion.

Paij^le a8 avril i8i5.

i5£ 8ÀINTK-Hèl.iNB. 4^

M. I.E COMTE CaRUOT,

Les bataillons de grenadiers et chasseurs de ta garde nationale , aiisaitôt qu'ils seront formés « devraient s'habiller et s'armer, s'ils le peuvent, dans leur départemest ; mais le défaut d'armes et d'IuJbits ne doit paD les empêcher de se rendre dans les places fortes, qui le^r spnt dési^iiées : ils y seront successivement armés et habillés.

MPOLÉOFt.

Paris, le a mai i8i5i

M. I.E COMTE CàENOÏ,

Vous m'avez présenté hier un travail sur la Garde nationale de Ps^ris : ce travail est d'i^ne gràndiô importance, le pense qu'il faut qfie les choix soient revus par une Gopimisi^on. confia dentielle, composée d'hommes de Paris, qui soient chaudjs. On communiquera ensuite ce travail^ aux comtes Real ^ Dubois et Regpault de Saint-Jeaq-d'Angely , qui connaissent Paris , et pourront qonper des renseignemens utiles. De cette îaçon on pourra faire ^es choix; qui met-

4^0 PliCES StXE I.B PaiS055IEE

tront à même de s assurer de Topinion de cette grande cité.

Paris, le a mai 181 5.

M. £E tOMTB CaR50T,

Il est urgent qu'il y ait un Préfet actif dans le département de Ttsère. Les gardes nationales ne se forment pas. Ordonner à Bourdon dé rester à Grenoble. Le comte Rœderer pourrait être chargé de pouvoirs extraordinaires.

Paris, lie 2 mai i8i5

M. LE COMTE GàRNOT;

On blâme tout ce que fait le baron d'Alphonse dans le département du Gard^ et on pense qu'il faudrait charger un autre individu du travail. Donnez des instructions pour que le général Çilly , homme sage , et connaissant le département, soit chargé de cette organisation. Présentez-moi un projet de décret à ce sujet.

Pari8;leamai 81 5.

DE 8ÀlNTB-Hil.ÈlfB. 4^1

M. !•£ COMTE CaRI^OT,

Vous avez dans vos bureaux des hommes d'une malveillance marquée. Mon intention est que, demain mercredi , vous m'apportiez Tétat dès individus à renvoyer.

Paris^lea maiiSiS.

M. i(B GoifTE Gaeistôt,

On m'assure que M« Rouen<^es^l^)f ts , préfet de I|Ot-et-6aronne, nompaê le 4 avril, est encore aujourd'hui, 5 mai ^ à jParis > <et que plusieurs fonctionnaires sont dans le même cas. S'il est vrai que ce préfet soit en ret^d à ce point > et qu'il ne soit point parti cette nuit , il faut le destituer.

Paris 9 le 5 mai i8i5.

4S|2 PllfeCVS BVft CB PmiSOlINIER

M. lE COMTE CaRNOT,

J'ai signé Je décret qui autorise un certain nombre de citoyens A^ la Corse à représenter ce d^torjtemcnt à rasséinBlée du Cl^amp de Mai : il est inutile d imprimer ce décret en Franco; mais il cpnyient qu'il soit publié en Corse. !Suivant la Constitution , ce département doit avoir des députés à la Chambre des Représentans. Je désire que vous me présentiez un projet de décret, pour ordoimec la formation des Collèges électoraux , dont la Corse a été privée jusqu'à ce jour. Comme il f^^dra quelque temps pour que cette mesure soit tarrêtée, vous pourriez, àèH à^r^nt, antibttter ëii duc de^Padoue, en \xC\ ehvbyant le dédriet ti'cWijburd'hui, q(ue vous Itii en éii^rn??È lÀcèssatoment tin autre pour la -formatiètf (le^ tloH^s- électoraux et la n(Hnina< tl«m des déptft^. ' •

NÂPOLÉÙN.

J^c^ris ^ le 5 mai i8i5.

M. LE COMTE CaR^-OT,

Envoyez Fbrdre aa<lôdâeil de î'tFni^étsH:*^ de rétablir dàm les Lycëes tes rëglé^nèûè i^tai^iéfk été supprimés; de substitctéi^v en cohàé^èhéé, les tatiobau^'à la cloche; de changer les Proviseurs et les Professeurs .qui sellaient m^Hivais; enfin , de faire ces changemens partout où cela serait nécessaire , et surtout à Paris. Je désire que , pour Paris , le rétablissement des régle^ mens soit ordonné dès demain.

Paris, le 8 diai i8i$.

M. LE cqVTE Carnot, . .^

Il parait qfùe le Pi*éf« de V^kûe a t^feti 200,600 fr. pour l'habillement de làes gardes nationales. Ainsi ji il ffy a rien à lui donner. Potâfquoi les autres Préfets du Rhin, des Vosges» etc. , nen obtiendraieut-Us pas autant? ^

Paris y le 9 mai 181 5.

4l4 PliîGBS êVK £E PRISOITNIER

M. lE COMTE CaRKOT,

On me dit beaucoup de mal du sous-préfel de S^iiut-Germaui (i); on a^sBuxe qui! s oppose au départ des militaires.

PariSjle lomai i8iS.

M. £E GOMXE GaRNOT,

Présentez-moi un décret qui nomme Châties Lameth, conseiller d'état (a); Quinette préfet de la Somme et André Dumont , préfet du Pas de Calais ; qui appelle Delaitre à d autres fonctions , et nomme Ramel à la préfecture de Seine-et- Oise. Roujoux ne connaît pas assez le nord , il sera destiné è une autre préfecture. I^es départemens de la Somme et du Pas - dç - Calais ont besoiin d'fiommes qui connaissent parfaite-

(i) Il n'y avait point de 80us*préfet à Saint-Germain. Napoléon veut sans doute parler du maire.

(i) C'est évidemment de M. le comte Alexandre de Lameth qu'il est ici question ; il y a erreur de prénom.

DE SÀINTE-HELËNE. 4^5

ment le nord et qui ne puissent pas être trompés. Girardin sera rappelé auprès du prince Joseph, comme premier écuyer; il faut quel-^ qu'un de très-fort pour le remplacer à Rouen. Faites connaître au préfet du Calvados qu'on remarque qu'il ne marche pas , qu'il est trop homme de société , qu'on ne voit pas paraître d'adresse à son département , qu'il ne fait rien imprimer pour éclairer et remuer l'esprit public, que ce n'est pas ainsi qu'on sert la patrie. Ecrivez aux préfets du nprd pour leur faire sentir la nécessité^ d'opposer des écrits aux écrits, et de faire bien connaître que la cause dont U s'agit aujourd'hui est celle du peuple contre les nobles , des paysans contre les seigneurs , et des Français contre l'étranger* Il faut partout faire un appel à l'honneur et au patriotisme du peuple. Le préfet de Chartres va mal; Roujoux serait beaucoup meilleur pour cette préfecture. Appelez celui qui y est à d'autres fonction^.

Paris, le lo mai i8i5.

M. LE COMTE CaRHOT,

On ne croit pas que M. Saulnier fils soit capable d'administrer un département comme

4^6 PIEGEA sua LE PaiSOMNIER

Tarn-^fit- Garonne, où, indépendamiuent des a&imosités politiques, il y a des animosités religieuses. U faudrait là un homme consdmBié^

Paris, le ii mai 181 5.

M. LE COMTE CjiairOT,

M. de Pontécoulant voit beaucoup un sieur àe la Valette ^ui avait offert à Toulouse une «Ottime ooiisiâénd>le pour Tarmée iroyde. Ou lui reprodhe aussi d'avoir fait venir à Toulouse Tex-préfet Villeneuve, ce qui a permis à ùébiin ci de s'évader* Nous avons trouvé dans les pa** piers de Blacas des preuves que ce Villeneuve conspirait depuis long-temps. Ecrivez à M. de Pontécoulant sur sa conduite , et faites lui sentir la nécessité de donner une forte direction à l'opinion.

Paris , le 16 mai i8i5.

M. LE COMTE CAaNOT,

Le commissaire extraordinaire Beduch me fait de justes observations sur le département

BE SAIfïT£-UÉLÈWE. 4*9

de la Marne , qui a ordre de lever quatorze ha^ taillons de gardes nationales , et qui déjà en a foitrni dix. Le département de la Marne est porté 99. tableau que le conseil d'état a placé à la suite dû décret du ip avril, pour quarante-!» deux bataillons , ce qui fait quarante-deux com^ pagnies de grenadiers ^ chasseurs , ou quatorze bataâlons d'élite. Mais le département de la Meuse n'est porté que pour vingt et un bataillù»s , ce qui fait quarante-deux compagnies de grenadiers et chasseurs , ou sept bataillons : or j, on ne conçoit pas comment la Meuse qui a une popilation de deux cent quatre-vingt-quatre miBe {aditidus n'est portée que pour vingt et un ^bliùittons , quand la Marne qui a trois cent cttize mille individus, c'est-à-dire, vingt-sept mÉle de plus seulement , est portée pour qua^ vâttleKdeux bataillons. Il est indispensable que vous donniez sur-le-champ l'ordre e^n préfet de la Marne de ne pas aller au-delà du nombre de dix bataillons d'élite qu'il a fournis, et que vous me proposiez de faire sur la Meuse et les Ardennes une augmentation équivalente à cette réduction. En général , il faudrait refaire la colonne du nombre des bataillons que doivent avoir les départemens. J'ai levé en France trois mille bataillons de gardes nationales, ce qui sur vingt-six millions d'habitaas fait trois bataiU

Ions pour viogt-six mille habitons. Dans celle proportion , le département de la Marne ayant trois cent mille habitans , n aurait dû avoir que trente-six bataillons au lieu de quarante-deux. Ces trente-six bataillons n'auraient fait que soixante et douze compagnies de chasseurs et grenadiers, c est-à-dire» douze bataillona délite au lieu de quatorze. Le département des Ardennes^ qui a une population de deux cent soixantequinze mille individus, aurait dû avoir trente bataillons au lieu de vingt et un, et dès lors.dii bataillons de grenadiers et chasseurs. On ne lui en a demandé que sept, il peut donc encore ea fournir deux. Le département de la Meuse ayant deux cent quatre-vingt-quatre mille habitans ^ aurait dû avoir trente et un bataillons , ce qui fait soixante-deux compagnies d*élite , ou dix bataillons à marcher. On ne lui en a demandé que sept, on peut donc encore lui en demander au moins deux. Ainsi la Meuse et les Ardennes peuvent fournir chacun deux bataillons de plus en compensation de ce qui serait diminué sur le contingent de la Marne : je vous prie donc de faire rectifier la colonne de ce tableau imprimé indiquant le nombre des bataillons de gardes nationales, que chaque département doit avoir, et de rectifier ensuite le nombre des bataillons d'élite à organiser; ce nombre ayant été réglé

dans le premier état qui lui sert de base. Le dé« partement de l'Aisne est également susceptible d'une rectiiScation. Ce département, qui a quatre cent trente-deux mille habitans , n'est porté que pour quarante-deux bataillons, comme la Marne qui n'a que trois cent onze mille habitans; il est évident que l'Aisne devait avoir cinquante et un bataillons au lieu de quarante-deux ; et comme dans ce département je n'ai pris que les compagnies de grenadiers , cela devait faire cinquante et une compagnies ou huit bataillons , au lieu de sept. Si j'avais demandé dans ce dé-' partement les compagnies de chasseurs, cela aurait fait seize bataillons d*élite. Je vous prie de faire suivre cet examen sur tous les autres départemens , et pour tous ceux que cette recti* fication fera connaître en état de fournir un bataillon d'élite de plus , mon intention est de le demander. Vous remarquerez dans l'état imprimé qu'on a oublié le département des Pyrénées Orientales.

Paris, le la mai i8i5

43o PIEGKS âU& J^E PRISOUNIER

itf. £B COltÏE Ca&ITOT,

Je TOUS envoie une lettre du général Gazan. II se plaint qu'on ait rétabli le sieur Baîn^ sous- Çréfet de Grasse , qui en effet est mauvais. On propose de le remplacer par M. Chobert.

Pans, le 17 mai i8i5«

M< ]ÇE Comte garkot,

Quest-ce que c'est que la corporation re-^ l%ieuse de Ik Magdelahie existante a Bor^ deaux?

Paris, le t8 mai 181 5.

M. LE comte Carn0T,

Le maire de Versailles est mauvais, le maire d'Orléans est mauvais ; il faut les changer et le» remplacer par d autres.

Paris 9 le 18 mai 181 5.

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