‹ Recueil de pièces authentiques sur le captif de Ste.-Hélène; de mémoires et documens écrits ou dictés par l'empereur Napoléon. Suivis de lettres de MM. le grand-maréchal comte Bertrand, le comte Las Cases, le général baron Gourgaud, le général comte Montholon, les docteurs Warden, O'Meara et Autommarchi, et plusieurs personnages de haute distinctionChapitre 3 sur 45 · LETTRE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

LETTRE PREMIÈRE

A Pancre dans la baie da SainU-Hâéné^ le 27 mai 1817.

KfoN CHÊBL AMI,

Js suis arrivé à Sainte-Hélène le a a de ce mois ^ après une traversée très-courte^commevous pourrez le voit par la date de cette lettre. Cinq ou six bâtiments employés àrapprovisioiiinement de cette colonie sont à 1 ancre dansla rade. Je prévois que le débarquement de notre cargaison , et le placer mentde ce qui laî compose me retiendront ici deux mois au moins; mais dès que ) aurai terminé , j|e me remlrai d Batavia , conformément à ma première intention. Comptez que je ne négligerai pas, jusqu'au moment de mon départ, de vous communiquer tout ce que je pourrai recueillir

2 PllciS SUR I<£ PRfSOJBIXIER

dlntéressant sur Vhomme extraordinaire (i) qui , malgré des fautes dont la faiblesse humaine ne peut guère se garantir^ a excité si vivement et si long-temps notre étonnement et notre admira* tion.

(i) Le bilan de.Bepaparte peut s'établir en parties doubles ; et par la comparaison de Tactif composé de séries non interrouipue8.de grandes actions, et du passif, où se doivent mettre en ligne de compte quelques actes fautifs f iaconséqucns et : môaie coupables , on peut prononcer sur la valeur spécifique de cet bbmme : mais ces calculs secs no contenteront que les arithméticiens politiques ^ toujours occupés de réduire le mérite à sa plus simple expression » et de faire de chaque individu autant de quantités qu'on peut représenter par des chiH'res ou par des signes algébriques. Napoléon , jftOumis à ce tarif, en triompherait alsémeùt.' Toutefois le philosophe, l'homme d'état se pïacerohit,^^ot^ lé juger, sur un terrain moins nu,'niaini!sr ^^rlde^ moiffi positif peut élre, mais 'oer4ainen|ent .plu^âolid^ <et nsoinf sujift aux contestations : c'est, la postéritéw^ Çofoimenc^ pour- lui,, elle l'a proclamé Tbohale bu pix-ifBcviBMB SIECLE , et c'eât un tout autre titre que ceux de général, de consul^ d'empereur , de Aero^ niême, par lesquels la Bcrvilîlé, qui est deitous temps, et l'aditnîfâlîtin, qui ifdque dès aceè» ', pi^ola«feiit^'objdt 41e leui' dttirei Voici quels mo^fs justifient oeluirque: les? fgéiiërationf v^n^ront à . Bonaparte : . if par I4 -^r&^lpa.dfi p^e grande tacrique^ qu'avait .^l7evue,,Guii)^^^ f^ qu'avait essayée Gatinat, il a simplifié la guerre dans sofi mé*

BS SAINTE -HÉliillE. S

A peine édons^nous arrivés^ que iiaus reçumèt des visites inquisitoriales heureusement iiicoa-. nues daus la vieille Angleterre. Les autorités sont venues s'établir à bord et soumettre à leur in^ vestigation le^ passagers et l'équipage , à l'effet

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lier; il en a anobli Tôsprit, en là fustifiant par Béé résultatf. DUn«ptes ëloquens ont avancé qu'il p'avait su faire la guerre qu'à coups d'hommes : avec quelques 4ocumens jpositifs de p)us ^ ils auraient appris que trois batailles satiglantes , n;iai$ décisives 9 telles que Marengo^ Jéna 9 Àusterlitz , ont beaucoup moins dépensé de chair à canon { selon Tatroce expression prêtée par un poète iroqucds au capitaine le plus aimé de ses soldats ), que trente 46 ce^ combats où un héroïsme inutile éparpiU lait la vie. ^'' Napoléon ^ en enveloppant FAngleterre 4u système . continental , comme d'un vaste filet ^ allait créer le véritable équilibre politique du monde , assujetti désormais à là balance du commerce : par lui, là France, que la' géographie asseoit au centre de l'unie vers civilisé 9 commençait à imprimer à- l'Europe , dont' chaque région l'entoure et la presse ^-qn mouvement de satellite, et une action tout à la fois indépendante et tributaire. 5 ' Enfin , la fondation de cet enipire , dont nous n'avons pu voir que l'ébauche , avait porté son auteur à la tôte de la cirilisatioiiy moins jpat une coocep-^ tien assez inôuie^ assesi gigantesque peut-être pour a!^ir «besoin dû succès qui la justifiât V que par les ins-^ titutioos fortes et grandei^ qui assurent iaux nations leur dorée, aux gèuvernemens letfr dîgpité. -« Yoilà su» ^peUerliases lavges et iiiâ)fûnlal3lef la postérité placem

RECUEIL

DÉ

iPIÈCES AUTHENTIQUES

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