‹ Recueil de pièces relatives à la conquête du MexiqueChapitre 24 sur 27 · EXTRAIT · texte numérisé non relu

EXTRAIT

m L'HISTOIRE DE PHILIPPE II.

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IiMt OMMBXBLA 1>X COBOOVS,

■ttromiocftAriB bb gx aotaomb.

Madrid, Luis Sancfaez , imprimeur dn roi, 1010, in-folio.

DëcouTerte da NouTean-Mexiqae à la NoaTi^Ue^iS^giiie, Récit des ëyénements qai 8*y sont passés.

Le 1 7 juin de Tannée. . 1 5^7 , Panfilo de N«r«< vaez, un de ceux qui découvrirent et cou-»

quirent avec Fernand Cortés , Espagnol d'im^ mortelle mémpirê, premier marquis del Y^lle, 1^ I^ouvelle-E^pagoe pour cette très^ieureiise

que leurs pères sont sortis pour peupler leur pays. Frère Marcos de Niza, religieux fran** eiscaÎD, partit eu i543 pour yérifier cette dé-» couverte. Il revint» et confirma en partie la relation des sauvages . Fer nand Cortè^, désirant ftdre un voyage de découverte, établii^ des colo^ nies, et travailler à la cause de Dieu et de sa majesté , eut des différends à ce sujet avec le lâce^roi^ eX se rendit en Espagne pour obtenir de Temperepr la direction de cette entreprise a il y mourut» En 1 544 « 1^ vicM^oî expédia Francisco Yasquet de Coronado avec un^ beau nombre de cavaliers et de fantassins , mais il revint bientôt apié$. Il n'en fut point ainsi du père Marcos de Niza , qui lui seHrait de guide, car eu travaillant a la conve^ion des Indiens il s'avança tellement dans Vintérieur , qu>'il finit par recevoir le martyre comme cm le verra plus loiq. Jusqu'à Tan i5âi ^ les han bitants de la Nouvelle-Espagne n^ s'occupe"»

rent point de cette conqqéte. A cette éjpoque, don Lorenzo Suares de MendoM , comte de

DXJ MEXIQUE. 4^3

Coruiia , Vice-roi de la Nouvelle-Espagne , expédia Yasquez Ghamuscado avec des soldats et des franciscains , quf ne voulant pas suivre les troupes lorsqu'elles battirent en retraite , continuèrent à travailler à la conver^ sion des barbares, et furent martyrisés.

Cette année, Espejo Gastano (i)^ etle capitaine Francisco Bonilla, pénétrèrent dans l'inté-^ rieur sans recevoir d'ordre ; ils furent suivis par le capitaine don Pedro de Gaçorla Adalid» brave soldat, alors lieutenant du gouver-^ neur et capitaine général. Il ^'avança à cent lieues dans l'intérieur , et exposa sérieusement sa personne; mais on lui notifia de ne point pénéti^er dans le Nouveau - Mexique sous peine de haute trahison. L'envie que sa majesté avait que cette expédition fût faite était si grande, qu'émus d'un saint zèle, une multitude de nobles offrirent , pour se char-

(i) Sa relation est imprimée dans Hacîuyt, t. VIlI, p. i83 ; elle ^ été traduite presque entièrement dans l'Amérique de Jean de Laet, p. 226 eteuiv.

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ger de cette expédition , leur vie et leur for-tune. Au nombre de ceux qui se trouvaient dans la situation la phis favorable pour cela , étaient don Pedro Ponce de Léon , comte de Bailen ^ don Pedro de Granada Vannas , che^^ valier de Tordre d'Akantara , héritier de majorats par ligne directe de mâles en npiàies des anciens rois de Grenade et d* Aragon » et seigneur de Campotejar Jayena. D'après Favis de sa majesté et sur les informations <lu vice-roi y on confia cette entreprise à don Juan d'Oiiate, noble chevalier biseayen, qui avait fondé et colonisé les mines de San- Luis Zichu y Cfaarcas , descendant de la mai-* son et de la noble race de Narriahondo qui devait son origine à l'illustre cha^alier Lope Diaz de Haro , conquérant de la ville Baeza en 1^17 ) et qui a laissé le nom de Baeza à ses descendants qui conservent aujourd'hui beaucoup de majorats à Baeza et dans la Biscaye.

Il était fils de Cristoval d'Ofiate . conquérant et gouverneur de la Nouvelle -Galice ,

DU MBtXQtJB. 43s

marié à doSa Isabel Gortès Mot^uma , petitefille de Feràaûd Gortès , marquis del Yalle , et arrière*petite -fille du grand Motezuma , roi de la plus grande partie de la Nouvelle- Espagne» fille de Joanes de Tolosa, chevalier biscayen , fondateur de la ville de No« tre*Dame de Zacatecas et des mines de Ue*rena , San-Martin et Aviiio. Don Philippe , reconnaissant de la découverte de ces mines d'argent , accorda pour arme et devise à cette ville» son nom royal autour de l'image de Notre-Dame placée sur la colline de la Bufa » avec le soleil et la lune de chaque côté , et au pied les portraits de Joanes de Tolosa^ deChristoval d'Ofiate, beaii^pére de Baltazar Temiilo, et de don Diego d'Ibarra , chevalier de» Santiago , beau«frère de don Luis de Yelasco , marquis de Salinas , ancien président du conseil des Indes , afin de coijiserver*à la postérité le souvenir de chevaliers aussi braves et aussi utiles , et en témoignage de l'estime que sa majesté catholique professait pour Is valeur

et le mérite. Cette entreprise fut libéralement sontenuepar ses frères, qui voulurent prendre part à la conquête à leurs frais ; c'étaient don Fernando, don Cristoval, et. don Alonso d'Ofiàte, à qui sa majesté Confia les dépêches , et promit de gt*andes récompenses si la conquête réussissait. Juan Guerra de Reja ^ Baltazar Banuelos Temino , Yicente et Gristoval Zaldivar , capitaines généraux de la Nouvelle- Galice, Juan de Zaldivar , fils de celui qui avait déjà exploré ce pays , les mestres de camp, don Juan et Yicente de Zaldivar, dont la noble famille réside en Biscaye , où elle est routée pour sir haute valeur, Antonio d'Ordaz Villa-* gomez , seigneur de Galpa et Chilapa , tous parents rapprochés de Fadélantade, voulurent concourir à cette expédition. Us parvinrent jusqu'au dernier village du nouveau royaume de Biscaye; d'où Ton prétend que sont venus les Indiens qui ont peuplé laneien Mexique.

Le démon, sous la figure d'une vieille femme, plaça la fameuse borne de fer qui parait avoir

hait cents quintaux^ ce qui engagea une partie des Indiens à retourner dans leur pays natal, et les autres vinrent peupler la Nouvelle- Espagne. Cette masse fut placée au milieu d'un désert pour fixer les limites de chacun y à la hauteur* de vingt-sept degrés et demi ; et ce qui est admirable ^ c'est qu'elle est aussi brIK lante que l'argent lé plus pur., L'adélantade partit pour cette conquête avec quatre-vingts charrettes , une grande quantité de troupeaux, de grain , et des soldats d'élite , mariés ou célibataires , ayant avec eux leurs familles, qui voyageaient aux frais du chef de l'expédition. Leur voyage fut très-pénible , ne connaissant pas la direction qu'il fallait prendre. Au bout de sept mois ils arrivèrent dans la province qu'ils cherchaient ; mais ils y furent très-embarrasses, car ils n'en connaissaient pas lalan» gue. Etant parvenus dans un village, on trouva trois Indiens , un d'eux dit à l'adélantade : Jeudi j vendredi^ samedi et dimanche ; ne voulut rien ajouter de plus ; on s'empara de sa

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peraonne ; on lui fit des cadMtix, alors il prononça les noms de Tomas et de Gristoyal , ea ifoisant signe qu'ils étaient dans deux villages éloignés de deux jours de marche de cet endroit ; il né put pas en dire davantage.

L'adélantade continua de s'avancer en èherchant œslndiens, dont lesnomsiaisaientcroire qu'ils étaient baptisés* Arrivés à Puarai , ils virent une peinture qui représentait les religieux qui avaient fait partie de l'expédition de Ghamuscado, au momeMoù on lesfaisaitmou-* rir à coups de i»erre et de bâton. Us tirou* vérent dans un autre eiklroit les Indiens Toœâs et Cristoval qui avaient fait partie de la suite de Castafio , et qui étaient restés de bonne volonté dans ce pays , lorsque ce dernier avait été f|it prisonnier; ils connaissaient la langue mexicaine, celle de ces sauvages , et Hs parlaient un peu TrapagnoL L'adélantade put, par leur entremise, faire part de son intention aux naturels. Les villages de ce pays étaient assez importants , les maisons avaient

six OU sept étages , il y avait des fenêtres et des balcons. Les habitants vivaient de la culture et de réducatioQ des bestiaux; ils filaient et tissaient le coton pour se vêtir. Ce sont de beaux hommes , braves » robustes , vifs , de très^bonne santé; ils nagent» ils pèchent, ils peignent; ils ne connaissent ni loi , ni gouvernement ; cependant ils ont parmi eux des personnes qui arrangent leurs différends; ce sont les plus savants ; les Mminels n*y sont pas punis ; ils sont idolâtres , et ils parlent différentes langues. On trouve dans le pays presque autant de gibier , de forêts « de fleurs et de fruits qu'en Espagne, et depuis que les naturels ont des rapports avec les Espagnols , ils possèdent tous les fri^is de ce pays-<â. Les naturels rapportèrent que Ton trouverait plus loin de si grandes villes qu'il fallait marcher pendant trois jours pour aller de l'extrémité d'une rue à l'autre, et que pour foire le tour dW village il fallait un mois « ou, pour parler comme «eux, une lune. L'adéiantade s établit

dans un village bien bâti , auquel il donna le nom de Saint-Jean des Chevaliers ( Son-Juan de los Cahalieros). Les Indiens logèrent les Espagnols en amis. Cette ville estéloignée de cinq cents lieues de Mexico , et à trente-trois degrés. Le plus grand jour de l'année est de quatorze heures et demi. Lorsque le soleil commence à entrer dans le signe du cancer, le zénith est ordinairement dans la constellation d'Andromaque et de Borsée, qui influe toujours sur Vénus et Mercure. La longitude »

suivant le méridien fixe le plus moderne , est à deux cent soixante-dix degrés, juste dans la zone tempérée, et quatre climats, deux cents lieues du côté où la mer du Nord et le golfe du Mexique en regardant le sud-est, et autant du sud-est si nous regardons la Californie et la mer des Perles. Elle est à cinq cents lieues de la zone glaciale, et comprend trente-sept degrés et plus, si nous calculons d'après le parallèle. Toute cette région embrasse presque cinq mille lieues espagnoles , et l'on n'a pas cour

naissance que ce pays ait été découvert par des chrétiens. Les Espagnols étaient en bonne intelligence avec V ces naturels / parce qu'ils les défendaient contre ks Indiens des vaches qui habitent les vallées de Gibola , et leur font constamment la guen;e. Un Indien , nommé Jusepe , arriva dans le village , il avait [quitté les chrétiens ^qui étaient entrés avec Bonilla. Il apprit que cet officier avait été tué par Aor tonio de Umana dans une révolte (i); qu'Umana avait pris le commandement des autres, et qu'ils s'étaient établis sur une rivière d'une lieue de. large , éloignée de deux cents lieues

(i) Tras (Tesie buen mcceso , luego vinô Un Jndio bauiisado que Jusepe Dico que se llamava , y que çenia ffujrendo de la génie que habia enirada Contra bandoya sin orden con Bonilla.

Y dio por nuevos que un soldado , Umana , Que dejava y muerio à punalada ,

Per bando jr ptuiones que tuvieron

Y que este por governador quedava Tambien por gênerai de aquella gente.

Aussitôt après t;et heureux événement il arriva

Un Indien baptisé , dont Joseph

Était y je crois, le nom. Il avait pris la fuite

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de là. L'Indien dit que pendant qu'il était en • route il avait employé un jour et demi à traverser une ville , et qu'il s'était enfui parce que Bonilla en avait ikit pendre plusieurs. Sur ces entrefaites , quatre soldats désertèrent en emmenant beaucoup de mules et de chevaux.

L'adâantade envoya pour les prendre le capitaine Gaspar de Villagra, homme bien connu par sa lance et par sa plume , qui a écrit et publié ce voyage, dans lequel il a servi à la tète d'une compagnie , digne rétribution de sa valeur. Le mestre de camp Yieente de Zaldivar^ aujourd'hui fondateur et protecteur de la compagnie de Jésus de Zacatecas , partit à la tète de cinquante hommes pour déco\ivrir les

En abandonnant la troiq^e qui «tait eotir^e

En reballa et sans ordr^ ayec Bonilla.

U apprit qu*an aoldat nommé Umaâa t

ÀTait poignardé «on eh^f

Dans une réroltiQ qm «▼aU éclaté «

Et qu'il était rMté en qualité de goi|TemA«jr

Et de général de cette troupe.

. ViLLA)6RA, Historiadel NuetfO'Hfcxieo , cant. XVI , pag. 141» Alcala, i6io«

plaines de Cibola. Il reconnut qu'elles portaient ajuste titre le nom deplanicié^ car pendant Tespace de huit cents lieues , ainsi que l'assurent les naturels , on ne découvrit pas d'éminence considérable. Il fut surtout émerveillé de les \(Âv couvertes de troupes innombrables de vaches , aussi grandes qve celles d'Espagne , ayant une bosse comme les chameaux , des barbes comme les chèvres , le cuir noir , la chaire bonne , donnant beaucoup de graisse, et fort agiles. Ces plaines sont habitées par des Indiens nommés bagueras ( vachers ) , ils sont robustes et belliqueux. Ils habitent , comme les Arabes de la Barbarie , dans des tentes de cuirs de vaches bien taqnés , et qui les défendent de Tintempérie des saisons. Ils font porter leurs bagages par des chiens réunis en convois nombreux , et chargés de trois à quar tre arrobes, vivent du produit de leurs troupeaux , font du pain avec la graisse qu'ils en retirent et se se nourrissent aussi de trèsgros poissons que donnent les rivières, et

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qui sont si abondants que dans une heure,. et avec UQ seul hameçon , un seul soldat en péchait au moins quatre arrobes. Il y a beaucoup de cer&que les Espagnols ont appelés chevaux cerviers (i) , à cause de leur grande taille ; ils ont les cornes très*longues , grosses et branchues. Pendant ce séjour L'adélantade s'occupa à convertir la province des Tiquas , Tequas et Emes. Il partit pour reconnaiti'e la mer du Sud du côté de la Californie. Il s'était avancé à quarante lieues dans les villages de Çuni pour découvrir une saline dont on lui avait parlé. Les personnes qu'il y envoya lui dirent que si l'on avait pu enlever tout entier les pains de sel ils auraient eu une lieue de diamètre et cinq pieds d'épaisseur. Il apprît dans cet endroit que les Indiens de la- forteresse d' Acoma avaient tué ^ le mestre de camp don Juan de Zaldivar, son neveu, ainsi que deux capitaines et onze soldats. Il envoya pour

(0 L^auteur veut sans doute parler de» élans.

les châtier , en qualité de lieutenant , Vicente de Zaldivar, et il lui ordonna de leur faire la guerre s'ils ne donnaient pas des réparations pour le crime qu'ils avaient commis. Les In* diens s'y refusèrent; il les attaqua à la tête de quatre-vingts soldats seulement , mais avec tant de bravoure, qu'il en tua un nombre considérable^ et il en prit quinze cents. Il brûla la forteresse , et emmena six cents prisonniers, ce qui jeta la terreur dans le pays. Les Indiens étaient surtout épouvantés des armes à feu, qui les blessaient sans qu'ils vissent comment.

Âussitôtaprès cette expédition il en donna avis au vice-roi par l'entremise du capitaine Gaspar Villagra, et le commissaire de Saint-François. Ils emmenèrent d'Acoma quatre-vingts jeunes filles, dont on fit des religieuses à Mexico. L'adélantade, en attendant du renfort pour pénétrer dans des provinces plus importantes, fit baptiser plus de neuf mille Indiens. Il envoya deux fois son mestre de camp pour découvrir lai mer du Sud. Attaqué par les natu-

rels , il battit en retraite par les plus maayais chemins pendant deux cents lieues, depuis le Rio del Tison. On a dotiné ce nom à ce fleuve, parce que les Indiens qui en habitent lés bords portent un tison à la main pour échauffer leurs estomacs « qui sont faibles, car la plupart ne se nourrissent que d'herbes et de racines. Il parvint chez les Indiens nommés Gruzados. Ils sont beaux de figure, bien foits , ont de jolis 'yeux , des traits agréables , et au milieu de la tête des croix attachées avec les tresses de leurs cheveux. Ils en virent au pied d'une croix bleue 'plus de cinq cents assis, la tète penchée , et qui priaient dans un profond silence. Leurs arcs n'avaient point de cordes, leurs carquoisétaientsuspendusdansletirs cabanes. Les Espagnols mirent pied à terre , et adorèrent la croix au grand contentement des Indiens. Ils n'ont pas pu savoir comme Fadoration de la croix avait pénétrée dans ce pays. Il arriva des renforts de Mexico , mais comme on ne trouvait ni or ni argent dans le Nou*

veau-Mexique » les troupes se mutinèrent et voulurent retourner. L'adélantade punit les laphes qui osaient nourrir la pensée (faban-* donner les drapeaux du roi. Il entra par rO« rient dans la province de Quivira » et il mena^ de la peine de mort quiconque quitterait la ville. Il défendit à son lieutenant d'accorder des permissions pour en sortir. Il partit avec frère Francisco de Velasco y provincial de cette montrée, et don Cristoval d'Onate son fils, qui, quoique jeune encore, donna de grandes espérances de valeur et de prudence pendant cette campagne , où il accompagna son père 9 avec le titre de lieutenant du gouverneur et du capitaine général , emplois dont il se montra bien digne. Le mestre de camp , Vicente de. Zaldiv ar > faisait aussi partie de la suite de radélaiitade. Ils firent deux cents lieues dans des pâturages très-fertiles , arrosés par d'excellentes eaux ; il y vit des arbres fruitiers , une iimmense multitude de vaches , des raisins sauvage^ » bea iicoup de poissons

très-gras, que Ton tuait à coups de lancé dans les rivières; et des vignes de quinze lieues de longueur. Etant arrivés à de grands villages , les soldats, effî^ayés , prièrent Fadélantade de choisir une autre route , étant trop peu de inonde contre ces populations innombrables. Il consentit à leurs désirs; mais ils fu* rent assaillis par tant d'Indiens, que la retraite devint difficile. Âpres avoir passé quatre mois dans cette expédition, et éprouvé des pertes, il ramena à son camp un grand nombre de blessés ; il le trouva abandonné de ceux à qui il en avait confié la garde. Il les fit arrêter, et il partit avec trente hommes pour explorer la mer du Sud du côté de la Californie. Il donna à un ex-cellent port le nom de la Conversion de Saint- Paul , car pour d'aussi grandes âmes le repos n'est. que l'emploi de leurs talents. Les maux qu'il soufirit pendant huit mois que dura cette expédition furent extrêmes : non-seulement les chevaux ne mangèrent pas , tant le pays était stérile, mais il tomba une si grande quan-

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fité de neiges» qu'ils étaient obligés et les saisir par la queue, etdeles traîner ainsi par-dessug les montagnes que formait 1â neige. Enfin il retourna à son eamp, et il fonda une ville at^ le seul ' secours def Espagnols. Le vice-roi envoya un commissaire pouf arrêter les déserteurs qui se rendaicQt à Mexico , et pour punir lés insurgés ; mais cet ofiScier, au contraire, intenta un procès à Fadélantade , et prit en témoignage ces mêmes déserteurs. Cette manière d'agir ré* préheilsible attira au gouverneur de nombreux procès , et bien des déplaisirs après toutes les peines et les dépenses énormes qu'il avait supportées. La jalousie calomnia sa conduite courageuse , et elle ferma la porte aux justes récompenses qu'il avait si bien méritées : effet de l'envia , qui , comme nous le voyons chaque jour , s'attaque à ce qu'il y a de plus estimable l Les jugements sages qui ont été portés sur les accusations d'excès, intentées par les déserteurs et autres , prouvent

la vérité de ce que nous avançons. Les cloîtres lo. ag

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des pliJL$ giraïuies université» 4'^^Pii^n^ t ^^ hommfts les plu3 «ayants » les plus gruqds §ér néraux de TËurope , «ppPQUYeQt^GoqdwtPf et le Jugml: digne de réiwinpense» h 1» ponfusÎQP et eo dépit des calomninteur-s*' Il j^etouma à Mexico» et passa en E^goe pour se présenter au roi. I^ viceo^oi cl^oisit un autre gouvei^ neur , chargé seulement de eonserver oe qui avait été conquis, et Von éprouva le plus grand ehagrin de voir que Yan renonçait à raequisi:« tion de provinces aussi vastes et aussi fertile^ infeptées de tf nt dHdolàtrie^ quand on aurait pu }es attirer à la lumière de TÉvipigile fit à l'obéissance du souverûn pontife»

ËNVdié

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