DB0 CHAPELAINS
ÏFRÈRE TORÏBIOO)
iT Fmîiki
DIEGO D'OLARTE,
A OOV AVIS 9S TS&AftOO,
Viee-roi de la Noofelle-Espagne.
IStar lef tiibato qw puaient Ici Indient avttnt l«ar ooATortidà.
Tllte^ILLimTRB SBIGNBtm,
VoTius seigneurie illustrissime nous à eû« voyè la copie d'une lettre de son altesse, et
(i) Torîbio de BénaTenté Motolino , un des douze premiers religieux franciscains , qui en iSsa passèrent an Mexique ayec frère Martin de Valence. Lorsqu*îls débarquèrent , les Indiens , étonnes de la panrreté de leurs yétements , ne
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nous a commandé de donner notre faible avis sur ce qu'elle désire savoir ; voici sincèrement tout ce que nous avons pu apprendre avec le plus grand soin possible.
Les tributs que ces gens payaient, lorsqu'ils étaient infidèles, étaient de différentes es^ pèces, suivant les provinces et la qualité des territoires. Celles qui n'étaient pas soumises à Montezutna , et qui se composaient des souve* rainétés [ particulières , sont les suivantes : Michoacan , Tlaxcala , les Yopilcincos , M eztitlan, Gholulan, Huexocinco, Acapulco, Aca^ tepec. Plusieurs n'entretenaient avec Monter
cessaient de répéter motolino , ce qui dans leur langue si* gnifie panTre : frère Toribîo l'ayant appris adopta ce nom comme marque d'humilité. Il prêcha dans tout le Mexique et le Guatemala , on prétend même qu*il s'ayança jusqu'à la province de Nicaragua. 11 mourut à Mexico en odeur de sainteté, le 9 août 1669. Voyez le Monologio franeUeano ^ p. 85, inséré a la suite du Teatro Mexicano. Mexico 1 698»
Léon Pinelo rapporte que ce religieux avait écrit plusieurs ouvrages sur les antiquités du Mexique qui n ont jamais été imprimés. On a de lui un Traité en latin sur les mœurs de» Indiens , et un autre ouvrage intitulé iRelacion de las cosas^ idolatrîas y ritos y ceremonias de la Nueva-Espana y venida de losprimerot padres franeiscanos à Nueva^Espana,
DtJ MEXIQUfil 4<>3
zuma qu'une alliance asseK faible à Farrivée des Espagnols. Toutes les autres obéissaient à Montezumà, au souyerain de Tezcuco, et à celui de TIacopà. Ces trois princes étaient étroitement confédérés ; ils partageaient entre eux tous les pays qu'ils subjuguaient. Montezuma exerçait la toute-puissance dans les af** faires relatives à la guerre et au gouvernement de la confédération. La manière dont anciennement Ton payait les tributs à ces sei-gneurs..... (le reste du paragraphe est illisible dans For iginal ) le tribut dans les
temps indiqués , excepté dans les années stériles ou de peste ; alors ils recouraient au souyerain i et ils étaient déchargés.
Les seules personnes que nous avons indiquées payaient des tributs à ces trois seigneurs souverains , excepté pour les frais de la guerre , les travaux publics et leurs résidences; et même, quand cela arrivait, ils fournissaient des vivres aux Indiens qui venaient de loin , et ils donnaient aux chefs qui
^•4 cohquAtk
les eonduîsaietit des bijoux et de richefi méû^
tedux.
Chaque année, à certaînea fêtes, tous les au^ très naturels, même les chefs qui séjournaient dans leurs villes, tels que ceux dé
Mexico , de Tezcuco et de TIaeopa, ainsi que les marchands > faisaient à ces glands soumet rains des présents considérables à titre de re*" devance, et en témoignage de leur soumis^ sion. Bien que les présenta que donnaient les chefs , les marchands et les autres personiws qui possédaient dés terres en propre, ne fas^ sent pas strictement obligatoires , c'était ub usage tellement en pratique qu'on n'y man^ quait jamais. On percevait ces oEjets , et on les payait en masse et non pas en particulier ; tout se dépensait en fêtes que les souverains donnaient , et en présents qu'ils ftisaient aux gens que l'on appelait les vaillants et qui s'étai^t distingués à la guerre. On servait à peu près de la même manière que les princes souverains, les autres principaux seigneurs
DU MBUQUfi. 4o^
ittturets I qui pour la plupart étaieut des sei^^ gneurs terriers ; car , à peu d'exceptiao près , tout le pays appartenait aux seigneurs et aux chefs, et presque toutes les prestations que Ion fouraiswit étaient, comiu^ im Ta déjà dit^ (tes espèces d« présents gracieunç et des redevances. On les prélevait sur tous ceux qui n'étaient pas seigneurs terriers ; non pas tous les qiiatre^-yingts jours ^ mais à Tépoque dest fêtes que donnait le souverain, ou bien quand il avait des besoins. Ainsi il parait évident que les chefs , les marchands et ceux qui avaient des terres en propre , n'étaient pas obligés de Contribuer , et qu'ils ne le faisaient que volontairement.
Quant au montant des tributs que Ton payai taux grands souverains et aux seigneurs naturels^ on ne peut pas précisément le savoir, soit qu'ils fussent obligatoires , oo gracieux , attendu la différence des terres , leur richesse ou leur pauvreté. Excepté les territoires qui çtaieint grevés de rentes fixes et les villes con-
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quises , tout le reste du pays était imposé dif« féremment
Pour ce qui a rapport à la question de savoir quel ^tait Tavantage que ces gens reti-* raient et retirant encore à être soumis à des souverains naturels , nous pensons qu'il était considérable parce qu*il maintenait parfaitement Tordre entre les sujets , ce qui a lieu encore aujourd'hui dans les endroits où il en existe conjointement avec les alcaldes et gouverneurs qu'ils élisent eux-mêmes au nom de sa majesté. Les seigneurs, en général, ne pren* nent point part à l'administration de la justice , cependant ils ont pour elle le plus grand respect , rendent des services aux officiers de sa majesté , et il est convenable qu'à leur égard comme à l'égard de tous ceux qui remplissent des emplois , on taxe ce qu'ils doivent percevoir ainsi qu'on Ta fait dans quelques endroits.
L'ordre que l'on suivait dans la succession des seigneurs était réglé par des usages très-
DU IIEXIQQ^. 4P7
difierents, suivapt les; provinces. Ceux de Mexico et dfi Tlaxcala' fi^vaient be^^uqoup de rapports en ce qu'on y reconnaissait les souverains naturels y et qu'ils y étaient trèsrespectës. Les filles n'héritaient pas, c'était le fils aine de la femme principale qui »
parmi toutes les autres que possédait le sour verain , était reconnue pour
\ Illisible,)
Le dernier jour de sa vie on allait lui de* mapder qui devait hériter de sa seigneurie , s'il n'avait pas déjà désigné son successeur ; et l'on célébrait à cette occasion une grande fête, dans laquelle on pratiquait certaines cérémonies : voilà comme l'héritier ou celui qui avait été nommé était connu. C'est
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aînsi que David , en ^nourant , noimna Sulor
mou, quoiqu'il ne fût pas falnë de ses et^ fants. Le grand souverain de Tezcuco choisît Nezevalcoyuzi (Netzc^iualcofott), qui prit pour successeur Nezeval finciltli (Netzahualpili ) , quoiqu'il eût d'autres fils plus àgës» se conformant à cet usage.
Spn altesse désire savoir comment on s'y est pris dans l'origine pour repartir les impôts que les naturels payent aux Espagnols; cela eut lieu ainsi : le marquis (Cortès) donna Tordre à tous les chefs des villes du territoire de Mexico de se réunir à Cuyoacan , ainsi que tous les autres seigneurs qui voudraient le faire de bonne volonté, et quand ils s'y furent rassemblés il leur dit : YoUs saurez que maintenant vous ne devez plus payer de tribut à Montezuma ni aux autres grands souverains, vous ne devez plus cultiver leurs terres comme vous le faisiez, vous devez seulement sei^vir rempereur, et en son nom les Espagnols qui sont ici. Toute capitale, ser^
DU MSXIQVE. 40^
gouyernée à part. Les thefo préseais acceptèrent à runanimité ^ et Ton (Mvisa le pKyâr entre les Espagnols^ Chaeun d'eux s'entendit avec le eacique , le seigneur ou le cAief de Is^ ville qu'il avait reçue en partage, pour régler ce que l'Indien devak lui payer tous les quatre * vingts joura* Quelques * uns d'eux , mais un petit nombre , se rendirent cbez le marquis pour faire eonflriner cet accord. Be telle sorte que la plupart furent taxés eomine les Espagnols l'entendirent , soit pour les tributs V soit pour tes services personnels , et même quelquefois pour |es esclaves, s'inquié^ tieuit fort peu que les Indiens pussent payer ee que Ton exigeait d*eux. Son altesse peut prévoir dé là là réponse à cette question : si Ton a éû soin de leui^ faire payer ni plus ni moins de tributs qu'ils n'en payaient à Monteinima et à leur souverain légitime. Les Espagpriols en effet les forcèrent à donner tout ce qu'ils pouvaient , et ee fut le plus possible. Ces mauvais traitements , et les pestes que notre
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Seigneur a envoyées , sont cause qu'il n'y pas ici le tiers de la population qui existait quand les Espagnols y sont arrivés.
La première taxe ou diminution de tribut fut faite par Vévêquç de Mexico , dont Dieu, veuille avoir T^me, et qui arriva dans ce pays en qualité dç protecteur des Indiens. Il n'y apporta pas tout le soin nécessaire, comme il le déplora plus tard , car il se con* . tenta d'exempter les Indiens d'une grande partie de ce qu'ils payaient d'après l'accord, qu'ils avaient fait avec leurs maîtres. Il en résulta de grandes erreurs , car les caciques, et les chefs y par crainte de leur maître ou pour leur faire plaisir , disaient qu'ils pou^. vaient payer la somme à laquelle on les avait taxes , et même ils l'augmentaient , et bien . qu'on les dégrevât beaucoup , ils rc;stèrent, après la taxe aussi imposés qu'auparavant ; c'est ce qui est arrivé dans plusieurs endroits.
Depuis,* l'audience royale de Mexico et des visiteurs ont fait d'autres taxes modérées et
justes , nous ignorons cependant si on a pris le consentement de tout le monde , ainsi qu'on nous le demande; mais nous savons qu'aujourd'hui un grand nombre sont satisfaits. Ces tributs que l'on a payes depuis constamment aux Espagnols.. M
( Illisible. )
Quant à la perception constante des tributs, et à ce que chaque ville doit payer, cette question nous semble très-diflQcile à résoudre, attendu, la diminution de la population qui continue toujours. Gomme ces gens abandonnent leurs maisons et quittent le pays , il est nécessaire de diminuer ces tributs tous les deux ou trois ans , afin de se conformer
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^ leurs moyens j^ les p4pul«tîona fiables ne pouvant payer comme qùadd elles étaient fortes. L'on évitera ainsi leur ruine complète.
On s'est déjà bien entendu sur les dîmes , Ton a souvent répondu qu'il pe convenait en aucune façon que ces gens payassent plus d'un tribut. Ils pensent que dans celui qu'ils payent aujourd'hui les dîmes sont comr prises, et si on les grevait de nouvelles charges ce serait les ruiner complètement , non-seulement par l'impôt, mais par la manière de les percevoir. Les consciences de ces pauvres gens en soufifr iraient, car ils ne sont pas encore assers instruits pour les payer de bonne Volonté , et ils penseraient qu'on' leur vend les sacrements. Ce serait aussi préjudiciable à Fëtat; ils cesseraient de s adpnner à là ctilture et k leducation des bestiaux, cpmme on Ta vu par expérience. Lorsqu'on a voulu metti^e des droits sur les marchandises qui venaient d'Espagne, ils ont cessé d'en consommer*
00 MQXtQUE. 4}3
D'ailleurs i puisqu'ils construisetlt des églises et qu'ils eDtretieooeut les ecclésiastiques qiii les dêsserveut , nous ne savons pas à quel titre nous leur ferions payer des dîmes. Les évêques de ces diocèses devraient travailler plutôt au salut des âmes que de s'occuper
d'entretenir des: du monde aux dépens
des pauvres naturels. On devrait aussi leur défendre de condamner à des peines pécuniaires pour quelque délit que ce fut.
Nous avons observé plusieurs de ces faits par notre propre expérience depuis trente ans que nous sommes dans le pays ; d'autres nous ont été communiqués par des naturels dont nous connaissions positivement la piété i et qui ne diraient pas de mensonges* Que votre seigneurie illustrissime reçoive l'expression de notre bonne volonté impuissante, et du désir que nous avons que ce que nous proposons soit exécuté. Nous supplions la majesté divine de faire prospérer l'illustri»^ sime personne et la fertune de votre sei-
4l4 GONQUIÈTE bu MEXIQUE.
gneurie. A Saint - François de Gholula, lè !ï'j d'août 1554. De votre seigneurie illustris-^ sime , les plus humbles serviteurs et chapelains ,
Frère Toribio Sf otolino ^ Frère Diego d'Olarte.
A l'illustrissime seigneur don Luis de Yklasgo, vice-roi de la Nouvelle-Espagne.
StMANCAS.
ÏIEQUÊTE
dB PLUSIEOtô CHSrs INDIENS D'ATITLàN
SiRÉ,
Nous les caciques et chefs, habitants et naturels de la ville de Santiago d' Atitlan ( i ), nous faisons connaître à votre majesté royale et catholique quels ont été nos ancêtres , les an-
Ci) La ville de Santiago d*Atitlan sur le bord du lac du même nom , était autrefois la capitale des Zntugiles dont nous avons parlé , pag. 140 des Cruautés horrihUty etc., qui font partie de cette collection. Elle fut soumise en 1 5s 4 par
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ciens souverains de ce pays , avant que les Espagnols n'en fissent la conquête , et ce que nous sommes aujourd'hui. Voici les noms dé nos pères et les nôtres : Le souverain suprême se nommait Atziguinifaai et les autres chefs y qui partageaient l'autorité suprême avec lui Amac-Tzutùhile. Ces derniers étaient souverains , et ils ne reconnaissaient personne
au-dessus d'eux. Les villages nommés San- Bartholome, Sant-Andres, San -Francisco , Santa-Barbara , leur payaient tribut , et reconnaissaient leur puissance. Ils avaient des sujets et des vassaux , et ils possédaient les esclaves mâles ou femelles que ces sujets leur payaient en tribut. On leur donnait
don Pedro d'Alrarado , «elon Jnrarros ^ BuUnre du Otuiiemata. D'après cet ëcrirain elle contiendrait encore plus de deux mille Indiens. Atitlan , en langue pipile ; signiGe cours d'eau ; Sanliago d* Atitlan m nommait Atziquinixai * ce qui yeut dire en langue quitché , maison de Faigle ; elle fut nommée ainsi parce que, quand les rois entraient en campagne, ils portaient un grand aigle lait en plumes de quetzal. Cette capitale» bâtie nir des roches taillées a pics, était si bien fortifiée , que, quoicpie les habitants fussent constamment en guerre avec les Qoitchà» jamais ilsae poniat sen «mptuw.
DU MEXIQII£« 4^7
aussi lies pierres précieuses que Ton nomme chatchwitl (émeraude) y de l'or, 4" cacao , dès plumes ) des poules, du mîel, beaucoup de maïs, ïjs Avaient des chasses en propre , et on leur construisait des habitations.
Voici les règles que ce4 souverains observaientautrefois pour rendre la justice et punir les coupables. Ils les faisaient pendre ou coti^ per en quartiers» suivant le crime; et lorsque le supplicié était mort , un prenait sa femme et ses eijrfants , tt on les conduifi»it, en punition du erîme^ dams les villages que tioiis ayons nommés. ï\ était d'usage d*envOyer un ptocM parent du sQuwrain pour faire les enquêtes; il était revêtu de pouvoirs. Quand il s'était kOf quitté de cette çammission on lui donnait , à titre dé salaire^ la moitié de to^i les biens dti coupable I et le juge eq chef entrait en posses-, sion du restant» On agissait ainsi pour que ceux qui remplissaient ces charges pussent vi* vre : tel était Tusaget he^ sentences de ce seigneur étaient sans aucun appel, parce qu'il était lo. ^7
envoyé par le souverain ou roi de cette ville , et que ee prince ne reconnaissait d'autre puissance que la sienne. Les personnes oxt officiers qui servaient le souverain à la cour, se nommaient Lolmay , Atzihunac , Calel ; Âhuchan. C'étaient les facteurs, lescontadorset trésoriers. Nos dénominations répondent aux vôtres.
Le souverain suprême se nommait Atzigui*
nihai , parce qu'il était roi et maître de cette
ville, des provinces d^à citées et des suivantes : NaMhai , Aguibihai, Acubai , Quicihai , Acaborul , Àmac , Izutuhile ; toutes obéissaient à des ducs , des comtes , des marquis, des che^ valiers , des nobles et d'autres personnes de distinction : voilà pourquoi, avantFarrivée deà Espagnols, ce^pays portait, dans notre langue^ le titre de royaume à part, et qui ne reconnaissait l'autorité d'aucîun autre. L'on venait de tous côtés pour voir la cour de ces princes. Nos ancêtres entretenaient des guerres sérieuses contre trois rovaumes nommés Tec-
^anutlatlan , Tepanguatimalà et Tepantecooitlan. Ils nommaient (i^ns là province de Guatimalà quatre rbis ou souverains. Ils dépensaient pour Tentretîen de leur personne tous leurs biens et tous les tributs qu ils per-^ cevaient, ou ils les distribuaient aux séigneurâ dont nous venons de parler, et à beaucoup d'ouvriers qu'ils avaient à leur service, tels que charpentiers, maçons , peintres et artistes en plumes (comme il y en a encore chez eux aujourd'hui) , ou pour les armes qu'ils distribuaient aux chefs-armes, et dont ils se servent encore. Lorsque don Pedro d'Alvarado et les autres conquérants espagnols vinrent dans ce pavs , aucun des villages ne se soumit de bonne volonté, ils n'ont cédé qu'à la force ; mais quand il séprésenta dans notre ville de Santiago d'Atitlan, il fut reçu en àmi , personne ne prit les armes, et même les conquérants ont emmené avec eux , comme alliés et auxiliaires , un grand nombre des nôtres pour les aider à subjuguer d'autres provinces jusqu'à la Vera-Paz
Gracias à Pios , $aii*Miguel et Léon. Un grand nombre de uqs caciques et de nos chefs perdirent la vie dans ces expéditions. En recevant les Espagnols, nos ancêtres leur donnèrent en présent un grand nombre d'objets qu'iU possédaient , et après que la contrée fut çonqnise, chaque village paya des tributs suivant ses moyens. Santiago paya pour le s^vice personnel des Espagnols un tribut en esclaves ^ hommes ou femmes, qui s'élevait à quatre ou cinq cents qui furent envoyés dans les mines ; en manteaux , cacao j miel ^ poules ^ sel , agi » cuivre , pita , et beaucoup d'i^utres produits qu'on exigea de nos. anoè*»
très. Les Espagnols se faisaient aussi livrer tous les quinze jours un grand nombre d'in*
diens à titre de tribut; ils les accablaient
de travaux si excessifs , qu'ils soufiV^aient ex^ trêmement et mouraient; les chefs mêmes, qui conduisaient ces Indiens « étaient si maltraités par les Espagnols , qu'un grand nombre nf^ retournaient pas chez eu^i; et mournient loin
DU MEXIQUfi. 4^1
de leur pays. Le oombre de noB ancêtres diminua tellemeDt, que de seigneurs ils devinrent esdaves. Pour soutenir leur fatnille et leurs femtnes , ils travaillèrent au-dessus de leurs forées , ils dépensèrent toute leur for^ tune pour payer les tributs de caeao et les autres choses qu'on leur demandait. Oes tributs étaient e3Ëbes^fs, etpôur les acquitter ilsétaîent forcés de vendra tout ce qu'ils avaient» Enfin, ces sacrifices finirent par les rendre si miaé* Dàbles, eux et leura^ femmes, qu'ils furent obli-^ géâde porter des fardeaux , de creuser la te^re, de vivre de fVuits et de racines d'arbres.
Nous;, qui sommes leurs fils, nous Momiàe»
pirttllement accablés de charges; nos fem* mes «ont obligées de moudre le grain, et de ûOAis «servir pour que nous puissions soutei|ir tkô» familles. Nous <àiUivons la terre, et nous jaisons tous les travaux que disaient nos esclaves , ce qui nous accable de soufTrances. Aussi les descendants des chefs diminvientils de nombre toDs les jours y car nous ne
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sommes pas accoutumés à servir , mais à être servis , étant les rejetons d'aussi grands seigneurs. Cependant nous croyons en Dieu ; les religieux nous ont instruits de tous ses commandements, et nous faisons partie de la sainte église catholique.
Les premiers maîtres que noi^s avons eus furent l'adélantade don Pedro d'Alvarado et N. de Cueto. Nos pères leur payaient un tribut de mille quatre cents xiquipiles (i) de cacao qui équivalent en argent à dix mille testons , et de plus un nombre considérable de manteaux y de poules^ de miel, de mais et autres marchandises que l'on livrait tous les ans. Ces tributs ont été payés à ces conquérants jusqu'en 1 54^ . Voici trente-deux ans environ que nous dépendons de votre majesté et de notre commandeur Sancho de Barahona, et nos ancêtres ont payé les mêmes tributs à
(i) Les Indiens comptaient par confies , qui comprenaient 400 unités ; le ziquipile était composé de so contles ; 3 ziquip^^ fçuriDAient un<B charge on 14 mille unités.
votre majesté et aux commandeurs jusqu'à L'arrivée du licencié Zarrato, qui nous taxa avec modération , et nous exempta d'une partie des sommes excessives que nous devions payer. Nous. n'avons plus à fournir que six xiquipile$ de cacao. On nous dégreva des manteaux , et nous fumes taxés à quatre cents poules, du pays et autant d'Espagne : mais les règlements du licencié Zarrato nous enlevèrent tous les esclaves, hommes ou femmes, que nous avions à notre service. Il est vi^ai^ que nous autres , caciques et chefs , nous fùmeç ei:emptés de tout tribut ; mais coni^me on nous ayait laissés sans aucun esclave, nous ayoQs p^rdu nos biens , et nos champs de cacao qjie les perroquets ont ravagés , parce
que nous n'avions personne pour les garder, ce qui est cause que nous vivons tous dans la misère. Le licencié Candedio étant venu dans ce pays , nous le priâmes de vouloir bien nous recenser et nous imposer. Quand le calcul fut fait nous fumes taxés à deux. mille testons ,
deu¥ cents fab^uea de mais et dix «nrobrs de miel, lies présidants et les auditeurs qui ar* rivèrent dans cette contrée nous, dirent tous qu'ils ne venaient que pour nousprot^er , et. cependant ils né diminuèrent nullement nea tril>uts«
Lorsque ielicencié Francisco Briaefio arrivi^, nous nous préisentàmes à lui et lui demandâmes de nous recenser et de nom taxer , parce que nous étions trop imposés. Il nous^ diminua de trente-cinq charges de cacao , qui répondent à sept cent cinquante testons , et de plus en argent , de deux cent cinquante ; c'est tout ce que Ton rebtmcha sui^ mille que BOUS devions payer. Nous qui sommes caciques et nos enfants , on nous a imposés comme no3 propres vassaux. Nous sommet tous très*satisfiiits de l'arrivée d'une audience dans la province de Guatimala : le président et les auditeurs nous protègent trè^efficacement ; nous supplions seulement votre majesté, pour ce quia rapport aux tributs^^ qu'on
ne nous les augmente pas , ^ considëratioa de la misère et des maux que nous avons souffertB , et qu'elle veuille bien donner des ordres à ce sujc^ et en raison des motift éxposësi
Cest lin fait connu dans tout ce pays > que nos ancêtres sont les premiara qui aient fondé une église eta )[)ifirres dé taille et en bois^* couverte 4e tuUes. et pavée de carreaux à l|i chaux , avan^t qu'il n y en eiit dans aucun aub'e endroit* Cette construction nous à oc-^ cais^îonné de grosses dépenses pour les ae)iai$ des outils ^ sans que nos commandeurs nous aient aidés en rieh. Noua voulons parler dea première conquérants à qui nous étions sou^^ mis^^c^st-à-diredeVadélkirte et de Gtieto*De* puis que nous sommes sounns à votre majesté et à Sancho i|e Barafaona^ on nous a donné pour le comité de votre miyesté iéent pesos, el trois cents de la part du commandeur, en tout quatre eefirts ; H^ ont serti à acheter dès ornements pour notre église , qui a reçu de>*
4^6 C0£IQl3àTE
puis une cloche et un calice de la part de votre majesté.
Nous exposons à votre majesté tous ces faits , les Services de nos pères et de nos ancêtres, et la misère dans laquelle nous vivons, nous et nos enfants , afin qu'elle daigne avoir pitié de nous; puisque nous sommes éclairés dans la religion catholique et que nous sommes chrétiens: Nous prions et nous supplions votre majesté qu'elle donne Tordre de disposer en nôtre faveur d'une partie de ses revenus, afin que. nous puissions soulager notre misère , de nous accor-der les armoiries qu'elle jugera à propos , ainsi que quelques privilèges ; de plus, que notre ville prenne le titre de Cibdad (i) , puisque nous sommes sujets, et soumis à votre majesté. Il y a dans nos villages quelques Indiens rebelles , qui voudraienl^e soustraire
(i) C'est le titre q^e les ^Espa^ols donnent aux ville» qui ont reçu des annes du roi , et qui jouissent de certains privilèges.
jinotre obéissance , et ne point exécuter nos ordres à Fégard des tributs et autres objets ayant rapport au bien de nos villages. H est nécessaire que votre majesté nous accorde des lettres pour que nous soyons obéis comme on obéissait à nos pères , puisque nous sommes les enfants légitimes de ces seigneurs.
Nous prions en outre votre majesté de prononcer contre eux les peines qu'elle jugera à propos.
Nous la supplions aussi de considérer que si Ton nous a prêché la parole du saint Evangile , d'un autre côté nous avons vu des gens, arrivés d'Espagne se conduire d'une manière tout à fait opposée à ses préceptes y et prêcher le meurtre par l'exemple , ce qui est cause que nous sommçs sitièdesd^ns l'accomplissement des vertus au moyen desquelles on se procure le repos et la gloire de la vie éternelle. Que votre majesté daigne diminuer nos inaux temporels.
Telle est notre pétition et notre rapport ft-
4^6 OONQUnB DU MBUQUB.
déle. Que votre majesté veuille biett , tptèû «voir pris connaissance de notre juste demande , (kire droit aux prières qM lui adressent humUement ses fib et fidèles Sujets.
JT^tdans votre vîliecbe Saint*iacq[tM»4e^Majeur-d*Atitlan , le i*' de février de Fàn 157t. Les humbles sujets de votre majeété catholique et royale ,
Don Francisco de Riybra , don Josef de Sangta Maria , don Gaspar Manrriqub , don Pablo de. Aquilar, don Hernando
DE SOTO » don TOAPBIO DS G)STANTiriO , don LUCAO DE ESCOBAR.