‹ Recueil de planches, sur les sciences, les arts libéraux, et les arts méchaniquesChapitre 90 sur 139 · Troifieme tems; il confifte à ramener le fil fur le · texte numérisé non relu

Troifieme tems; il confifte à ramener le fil fur le

moule où on l’arrête avec le pouce.

PLANCHE XXVII

Fig. 4. Quatrième tems ; il faut rejetter le fil en haut ôc fur la gauche pour former une boucle.

f. Cinquième tems ; il ccmfifte à pafter l’aiguille dans la maille que l’on fait en embraffànt en-deftous les deux fils de la maille dans laquelle l’aiguille a paité au fécond tems, l’aiguille doit fortir dans la boucle formée au quatrième tems.

6. Sixième tems ; il confifte a tirer le fil par-deftus le moule pour ferrer le nœud qui forme la maille.

Dans ces trois maniérés de mailler les accrues ôc les diminutions fe font de la même maniéré.

Des différentes fortes defdets.

Pour faire un filet fermé comme eft un fac ou pannetiere, qui fè pend au cou avec une corde ôc fe ferme comme un bourfe avec deux cordons.

11 faut faire le filet de petites mailles d’un quart de pouce de large , ôc que la levure foit de quatre piés delongueur, afin que le fac étant fait ,il ait un pié de large. Quand la levure fera faite, pourfuivez le filer jufqu’à un pié de long, ôc pour-lors quittez le moule Ôc

prenez-en

-■fe-

PÊCHE S

jprenez-en un autre plus petit des deux tiers, que vous poferez pour la première maille comme fi vous vouliez travailler. Vous paflerez le bout de l’aiguille dans la première maille , & dans la derniere que vous rapporterez deiïus l’autre, pour n’en faire qu’une des deux. Vous ferez enfuite une petite maille, laquelle étant faite , il faudra la laitTer fur le moule , palier la pointe de l’aiguille dans la fécondé maille, & dans celle qui précédé la derniere, puis faire une autre petite maille comme auparavant 5 il faut palier l’aiguille dans les mailles qui avoifînent les précédentes , 8c faire une troifeme petite maille, pourfuivant ainfi julqu’au bout. Le filet étant tiré par les deux côtés, ce rang de petites mailles fe trouvera droit comme une ficelle, qui tiendra le filet d’un pié de large. Quand le bas aura été fait, on palfera une ficelle dans la derniere maille, 8c dans toutes les autres du même rang, en montant jufqu’au baut.il faut nouer les deux bouts de cette ficelle eniètnble, 8c la mettre à un clou pour faire pendre en bas les deux autres côtés, & y faire une rangée de petites mailles, comme l’on a fait au premier côté; on p allé ta après cela une ficelle par ce rang de petites mailles, on mettra cette ficelle à un clou pour laiffer pendre le quatrième côté, afin d’y faire pareillement une rangée de petites mailles qui tiendra le filet à la hauteur de neuf pouces. En faifant ce fac on change d’un moule plus petit pour le tenir ferré, Ôc afin qu’étant chargé il ne s’alonge, ce qui prelferoit trop les oilèaux ou le gibier. Il fera auffi néceflaire d’attacher une corde aux deux côtés, afin de le pouvoir pendre, ôc paflèr deux ficelles par toutes les mailles du dernier rang de l’ouverture , pour le fermer comme une bourfé;

'Pour faire les filets en maille quarrée , & premièrement pour. faire un filet quifoit déformé tout- à-fait quarrée.

Les filets qui font faits en mailles quârrées, ont bien ineilleure gtace, & ne font pas défi grande dépenlè, lit fi difficiles à faire, que ceux qui font faits à lofanges.

Pour travailler ces fortes de filets „ il faut prendre la mefure de la longueur dont on defire faire le filet avec une fîcéllé, laquelle on attachera d’un bout à un clou, puis prenant l’aiguillé chargée de fil , & un moule de la grofTeur qu’on veut là maille, il faudra tourner le fil deux fois autour du moitié, nouer les deux brins enfemble 8c les retirer hors du moule. Ce fil ainfi noué , fera comme une boucle , laquelle fendra, fi on veut, de première maille , quon mettra au cloii avec le bout de la mefure ; on pofera après le moule deflôus cette maille poür en faire une autre féconde qui fera la première maille du deüxieme rang , & fans l’ôter du inouïe, on fera de nouveau un tour dé fil fur le moule, 8c on paflera l’aiguille encore utie autre fois dans la maille du premier rang, faifant un nœud comme devant. Ce fera une accrue qui fera la deuxieme maille du fécond rang. Il faut après cela ôter ces deux mailles du moule pour le pofer fous l’accrue , ou maille qui a été faite la derniere, pour commencer lé troifieiné rang de la même façoh qu’on a fait le leeond , oblèrvant de jetter toujours une accrue à la fin dé chaque rangée de mailles. Ainfi le filet fe fera en élargüïant, 8c lorfqu’il fera auffi long que la ficelle ou mefure , il ne faudra plus faire d’accrue au bout des rangs; mais au contraire, on diminuera-, prenant à la fin de chaque rangée deux mailles à la fois;

Pour faire un filet eû mailles quârrées , qui fera plus long que large.

Les filets qui font plus longs que larges, 8c faits en mailles quârrées , font ordinairement les traîneaux, panetières , 8c les hamaux ou grandes mailles d’un bailler;

Pour faire run de ces filets , il faut prendre avec une ficelle la mefure de la longueur & .largeur qu’on lui veut donner. On attachera l’une & l’autre mefure à un clou, puis il faudra commencer la première maille, 8c la mettre au même clou pour continuer le filet, en jettant des accrues à la fin de chaque rang ; 8c lorfqu’il fera auffi long que la ficelle qui marque la lon-

igueur, au-lieu de faire des accrues â la fin dé chaque rangée de mailles, on en prendra toujours deux à la fois. Cela étant obfervé, 8c le filet étendit, il paroxtra plus long que large , 8c fera à mailles quârrées*

Traîneaux pour prendre des perdrix .

Le traîneau doit être de fil bien délié, & retors éti deux brins. On ne lui doit pas donner plus de douze toifes de long, ni moins de lix. La hauteur ou largeur ne fera pas moindre de quinze pies, ni plus grande de trois toifes. La maille, fiait quarrée ou à lofiange , aurâ deux pouces de large. Quand tout le filet fiera maillé, on le bordera tout autour d’un corde greffe comme une plume à écrire, lailîant pendre à chaque coin deux bouts de là même corde , longs chacun d’un pié. On en attachera d’autres de deux en deux pies, tout le long du filet. Ces cordes fervent pour lier le traîneau à deux perches qui doivent être portées par deux perfonnes.

On obferveira que fi le filet eft bien long 8c large, le fii en doit être plus fin, & la maille plus grande, afin de le rendre plus léger & plus portatif.

Maniéré de faire une tonnelle pour prendre les perdrix ,

La tonnelle pour prendre les perdrix ne doit pas avoir plus de quinze pies de queue, ou de longueur, ni gueres plus de dix huit pouces de largeur, ou d’oir verture par l’entrée; elle doit être faite en diminuant vers la queue, de forte que dans ie fond elle n’ait que cinq ou fix pouces de hauteur ou de diamètre.

Ce filet fera de bon fil retors en trois brins, qui ne foit pas trop gros, teint en couleur verte, jaune, ou minime; les mailles en feront d’un pouce & demi, ou deux pouces de largeur. On peut lui en donner trente de levure, plus ou moins, félon la largeur des mailles. Après avoir maillé en rond , jufqu’au fix ou fcpdénié rang, alors on prendra deux maillés à la fois, à un endroit feulement, afin de diminuer le filet ; oti fera la même chofe de quatre en quatre rangs, pour que lé filet s’étréciffe par degrés, Ôc fe trouve en finifi* fant n’avoir plus que huit ou dix mailles de tour. Après que le filet eft: achevé, il faut paflèr dans les dernieres maillés du bout le plus large , une verge de bois bien unie , 8c groflè comme une baguette de fufil; on plie en rond cetté baguette comme leroit un cercle de tonneau, puis oh attache les deux bouts enfemble l’iiti fur l’aütre pour tenir le cercle eh état. On mettra d’autres cercles plus petits par degrés en cinq ou fix endroits, éloignés les tins des autres à proportion de là longueur de là tonnelle. Pouf joiridre oü attacher ces cercles au filet, il faut les fairè paflèr datis un rang dé mailles du tour, puis lier avec dti fil les deux bouts de la verge enfemble , afin qu’ils ne s’ouvrent pas plus qu’il ne faut ; il faudra auffi attacher aüx detix côtés dit cercle de l’entrée deux piquets longs d’environ un pié & demi, qüi ferviroht pour tenir la tonnellé tendue.. On eti mettra un autre long d’un pié, à la queue du filet pour le même ufage.

Il faut faire deux halliers fimples d’un pié de haut, pour accohipagner la tonnelle, ils feront faits de mailles à lofatiges où qüarréès, chaque haliier fera de fepe oii huit toifes de longueur ; quand ils feront faits. On y attachera de deux en deux piés des piquets gros commelé petit doigt, & long d’un pié 8t demi, poür les pouvoir tendre aux deux côtés de la tonnelle, quand on s’en voudra férvir.

De quelques filets pour pécher le poijfoh , & premièrement de la maniéré de faire les deux fortes a éperyiers »

La levure de ce filet doit être dé douze mailles de deux pouces de large. On travaille ce filet en ronds Ôc il faut faire dix rangs de mailles fur le même moitié avec lequel on a fait la levure, puis changer d’un autre plus petit du demi-quart, pour continuer dix autres

I rangées de mailles, moins grandes que les premières; obfervant ce changement de moule à tous les dixième*

‘ïangs s jufqu'à la fin cîu filet , qui fera par le bas de petites mailles à recevoir le bout du doigt félon qu on aura diminué les moules par degrés , afin de prendre auffi bien les petits poiflons que les gros., A mefure que l’on travaillera on jettera des accrues de fix en fix mailles au deuxieme rang d’après la levure, le troisième rang fera fans accrues : on jettera encore des accrues au quatrième rang, le cinquième fans accroître, au fixieme on accroîtra; ainfi de tous les autres rangs les uns après les autres, jufqu’à ce que le filet ait huit ou neuf pies de hauteur, Si on ne doit prendre que les gros poiflons, ne changez point de moule que de quinze en quinze rangées de mailles ; ce filet doit être fait de bon fil retors en trois brins, 8c quand il fera fait il le faudra teindre en couleur brune avec le tan, -8c le monter de corde 8c de plomb en la maniéré qui fuit. Ayez vingt ou vingt- cinq livres de balles de plomb, plus ou moins, félon l’étendue du filet, qui feront grofles comme des balles de fufil, 8c toutes percées dans le milieu , pour les enfiler, avec une corde d’une moyenne grolfeur. A chaque fois que vous aurez enflé une balle, faites un nœud à la corde tout joignant la balle, puis enfilez-en une autre, & faites encore un nœud, de forte qu’il s’en rencontre toujours un entre deux balles. En ayant fait un tour félon la grandeur du , filet, il faudra nouer les deux bouts de la corde enfemble., 8c avec une aiguille couverte ou chargée de ficelle, attacher ces balles ainfi enfilées tout autour du bas du filet. Cela étant fait, prenez nombre de ficelles longues de quinze pouces. Vous les attacherez de piés copiés à la rangée de mailles qui doit être à dix - huit ou vingt pouces au-deflus du chapelet, & lorfqu’elles feront toutes nouées, vous lèverez la corde ou chapelet de balles en haut, pour la lier auffi de piés en piés à l’autre bout de chaque ficelle , de façon qu’il n’y ait pas plus de neuf, dix, ou onze pouces de longueur depuis la rangée de mailles où ces ficelles font attachées jufqu’aux balles. Par ce moyen le filet fera une efpece de ventre tout autour, c’eft dans ce ventre que le poiflon demeure pris. Outre cela on attachera à la pointe, ou au bout du filet, une corde longue de deux ou trois toiles, avec une boucle pour pafler le bras dedans, afin de retirer l’épervier de l’eau.

Quant à l’autre forte d’épervier, il efi fait de la même façon que celui de ci-deflus , mais il fe monte d’une autre maniéré; car au-lieu de lier une corde au bout du filet par où il a été commencé , il faut y mettre une grande boucle ou anneau qui foit de cuivre, gros comme le petit doigt, ou bien de corne épaifle de neuf lignes. On attachera autour de cette boucle les douze premières mailles de la levure du filet , après quoi on ajufterale chapelet de balles tout autour du bas. Il faut après cela lier au chapelet des ficelles fortes 8c longues de fix piés, & il faut qu’elles foient éloignées les unes des autres d’un pié. Elles doivent être toutes nouées enfemble au bout d’une corde, qui pafle dans la boucle ; de forte que tirant la corde par le bout { quand le filet aura été jetté) tous les endroits auxquels les ficelles font attachées fe rencontrent en un monceau les uns proches des autres. Ainfi le filet fera fermé comme une bourfe, fans qu’il en puifle fortir aucun poiflon que les petits qui paffent au-travers des mailles.

Vu filet nomme’ rafle a poijfon.

Ce filet efi nommé une rafle à poififon , parce qu’étant bien fait & tendu en quelque riviere, pourvu que l’eau n’y foit pas trop rapide , il s’y prend une quantité prodigieufe de poiflon»

Le plus difficile à faire de tout le filet , c’eft le coffre cylindrique, qui contient tout ouvert ou monté fix piés de longueur , fur trois ou quatre piés de diamètre ou d’ouverture, félon la hauteur de l’eau en laquelle il doit être tendu. Si on le veut de trois piés de diamètre, il faudra faire la levure de deux cens mailles d’un demi - pouce de large. Quand la levure fera faite 8c les mailles enfilées , on attachera la ficelle à un clou, 8c on continuera de mailler à l’ordinaire, jufqu’a la

longueur d’un pié ; après il faut joindre les deux côtés enfemble pour travailler en rond, faifânt par ce moyen jufqu’à quatre piés de longueur. Quand on y fera parvenu, il faudra changer d’aiguille, & en prendre une . couverte de fil en double pour en faire un rang de mailles doubles. Ce rang étant fait, on reprendra la première aiguille chargée de fil fîmple, avec laquelle on continuera le filet, en travaillant tout autour, comme devant , en prenant une maille fîmple, ou pour mieux dire, la moitié de chaque maille double, laiflant l’autre moitié pour faire dans un autre tems la même chofe qu’a celles qu’on prend , fur lefquelles ayant fait deux rangées de mailles, il faudra diminuer d’une rnailie à tous les quarts de tours du filet.

Suppofez que le rang des mailles du tour de ce filet foit de deux cens. Lorfqu’on aura fait deux rangées complettes, on prendra deux mailles à la fois pour n’en faire qu’une des deux ; 8c quand on fera à la cinquantième, on en prendra deux autres enfemble, & on poinfuivra jufqu’à la centième, pour en prendre encore deux autres à la fois, & enfin à la cent cinquantième on fera la même chofe. Ainfi ie filet fera diminué d’une maille à toutes les cinquantièmes mailles, qui font le quart de deux cens, qui fera quatre mailles de diminution au rang. On obfervera cela à toutes les autres rangées, en fuivant, non pas de cinquante en cinquante mailles , mais à tous les endroits auxquels on aura commencé de diminuer, jufqu’à ce qu’il n’y ait plus que vingt ou vingt-quatre mailles de tour, 8c ainfi le goulet ou l’entrée fera faire. 11 faudra ie laifter là de retourner prendre les rangs des mailles qui taifoient la moitié des doubles, pour faire auffi deux rangées de mailles ordinaires tout autour, lefquelles étant faites, on jettera des accrues de quarante en quarante mailles, jufqu’à vingt rangs. Quand on aura fait les vingt rangées de mailles fur ce même moule, on en changera d’un autre plus gros d’un demi - quart pour travailler defliis dix autres rangs de mailles, 8c après ces dix rangées, il faudra changer encore d’un autre moule plus gros d’un demi-quart, augmentant toujours par degrés, 8c jettant des accrues de quarante en quarante mailles, jufqu’à ce que le filet ait fix ou fept piés de long, 8c que les dernieres mailles fè trouvent d’un pouce ou d’un pouce 8c demi de largeur. Lorfque ce filet fera a fiez long , il faudra partager le dernier rang de maiiles en quatre parties égales, fur deux des quatre quarts oppofés; on formera les ailes du filet en fe fervant du plus gros moule fans croître ni diminuer , 8c on le continuera autant que l’on defirera que l’aîle du filet foit longue, laiflant toujours une des quatre parties entre deux aîles. Et pour achever ce filet, dont il n’y a que la moitié de fait, reprenez par où il a été commencé, pour en faire autant de l’autre côté que vous en avez de fait.

Il refte à enfeigner la maniéré de monter le tout. On aura cinq ou fix bâtons ou petites perches de châtaignier, ou autre bois ployant, bien droites 8c unies, de longueur convenable, félon le tour que doit avoir le coffre du filet. Il faudra les ployer comme des cerceaux ou cercles de tonneau , en mettant les deux bouts enfemble l’un fur l’autre, 8c puis pafler le filet pardedans y 8c l’attacher tout autour aces cercles, commençant par l’entrée fur le lieu où a été fait le rang des mailles doubles, un à l’autre bout du coffre, 8c les deux ou trois autres entre ces deux là en des efpaces égaux. C’eft dans cette efpece de cylindre que font les goulets coniques de même diamètre à leur bafe que le cylindre, & dont les fommets qui répondent au tiers de la longueur du coffre, font tendus par des ficelles qui s’attachent vers l’autre tiers de la longueur du cylindre ; enforte que les deux goulets ont leurs fommets oppofés , 8c éloignés l’un de l’autre d’environ le tiers de la longueur du cylindre.

Pour achever de voir comment il faut ajufter les quatre aîles de la rafle , on prendra une corde câblée groffe comme le petit doigt, 8c on la coudra au bas du filet avec une ficelle attachée au bout de la corde; ayant paffé cette ficelle dans trois ou quatre mailles, on fera deux nœuds autour de la corde , on prendra

PÊCHES

enfuite trois autres mailles, éc on fera encore deux autres nœuds , continuant de même tout le long de la corde jufqu’à l’autre bout. Mettez-y après defix en fix pouces des morceaux de plomb, longs de deux ou trois pouces, qui entoureront la corde. Ayant ainlî accommodé les cordes du bas de la rafle , prenez plusieurs morceaux de liège, grands de deux ou trois pouces en quatre, épais d’un pouce , lefquels feront percés dans le milieu pour y pafièr une corde, qui fera auflî câblée, ■8c de même grolïèur que l’autre, fur laquelle on arrangera tous ces morceaux de liège „ éloignés de fix en fîx pouces, ou de neuf en neuf, puis on y coudra le haut <du filet de la même façon qu’on a fait l’autre du bas. Il faudra laiffer pendre au bout de chaque aile un morceau de la même corde, tant du haut que du bas, longue de trois ou quatre piés , pour les attacher à des perches quand on voudra tendre le filet.

Maniéré de faire un tramait ou filet compofè de trois filets appliqués II un fiur Vautre.

Le tramail fè fait ordinairement de mailles à lofànges, tant pour les hamaux ou grandes mailles, que pour la toile ou les petites mailles, quoiqu’on puiffe faire les hamaux à maille quarrée. La longueur d’un îramail ne fè fpécifie point, on le fait auffi long qu’on veut. La hauteur eft ordinairement de quatre piés; mais on le peut faire plus ou moins haut, félon la profondeur de l’eau où fon veut pêcher.

Pour le faire il faut commencer par les hamaux, qui doivent être de ficelle ou de gros fil retors en quatre brins. Soit qu’on faffe les hamaux d’une maille ou d autre, la toile doit en être toujours à lofànges, & deux fois auffi longue 6c large que l’aumé, afin qu’elle ait de la poche. La maille en fera d’un pouce de largeur, & de fil retors en trois brins ; 8c celle de l’aumé de neuf pouces de large. Quand la toile eft achevée, on paffe une ficelle bien forte dans toutes les mailles du dernier rang d en - haut 8c d’en - bas , puis on a plufieurs morceaux de liège de trois pouces de large 8c d’un pouce d’épaiffeur, tous percés au milieu pour les pafler fur «ne corde câblée greffe comme le petit doigt. Il faudra lier cette corde des deux bouts à deux arbres, à quatre pies au-deffus de terre, 8c ajufter les morceaux de liège tout au long, de neuf en neuf pouces. Après cela il faut étendre à terre par-deffus la corde du liège les aumés , 8c la toile entre deux pour les attacher avec de la ficelle au commencement de la corde proche le premier morceau de liège , puis conduifant le bord de la toile toujours entre les deux aumés, liez le tout de trois en trois pouces à la corde, fans approcher ni reculer les morceaux de liège , obfervant de faire froncer la toile autant qu’il en fera befoin. On aura une autre corde de même grofièur que celle où a été enfiié le liège, à laquelle il faut coudre l’autre bord de la toile & des hamaux, 8c lorfqu’elle fera ajuftée, on y mettra le plomb.

Les pêcheurs fè fervent pour leurs filets de deux fortes de plombs. Us appellent la première forte des gouffes de plomb , elles font longues de deux ou de trois pouces, groffes comme le doigt; elles ont deux branches ou crochets à chaque bout pour les affujettir à la corde qu’on fait tenir entre les crochets avec un marteau qui les rabat autour. Il faut les mettre de trois en trois pouces, félon qu’il y a plus ou moins de liège dans le haut du filet.

L autre maniéré fè met auffi de trois en trois pouces, ce font des morceaux de plomb applatis, épais comme une pièce d’un écu, longs de deux ou trois pouces. On pofe la corde fur le plomb , puis avec un marteau on rabat le bord deflus la corde, jufqu’à ce que le plomb. foit tout -à' fait roulé.

PLANCHE XXVII L

. vignette repréfente un païfage où l’on voit une riviere fur ^laquelle un pêcheur placé dans un bateau

eu occupe a pêcher à la ligne volante & à la ligne de

o cf «

AB, un des deux pieux fichés dans le fond de îa rivière pour affermir la claie, compofée de perches, à l’aval de laquelle il appâte le poiffon. C DE F, la claie. DC, les deux traverfes entre lefquelles, comme entre deux moifes, les perches qui compofent la claie font placés.

Le bateau dans lequel le pêcheur eft placé contient une boutique à poifions , c’eft-à-dire un retranchement dans lequel beau de la riviere communique; 8c fur la levée de derrière un étui fg, pour placer les lignes 8c autres équipages néceffaires à cette pêche: la ligne volante que le pêcheur tient à la main efi: repréfentée en grand au bas de la Planche.

Bas de la Blanche.

Fig . i. La verge de la ligne , laquelle a fait donner aux pêcheurs qui s’en fervent le nom de pêcheurs à verge ; elle eft compofée de deux parties A B 8c C D. La première efi: un bâton creux , ordinairement un rofeau auquel on adapte le fion CD, terminé en D par une boucle à laquelle on attache la ligne ; la première partie fert d’étui à la fécondé lorfqu’on ceflè de pêcher.

2. La ligne volante ou a fouetter, parce qu’apres que l’eau courante l’a entraînée de toute fa longueur, le pêcheur la retire â lui 8c la rejette au loin. Cette ligne, la plus fine de toutes, efi: compofée d’un feul brin de foie ou de crm, fur laquelle on attache trois, quatre ou cinq empiles d’un feul brin de crin, chacune garnie de leurs hameçons. Cette ligne fert pour pêcher les ablettes. A B C , le corps de la ligne d’environ quinze piés de long. A , la boucle qui fert à l'attacher au lion» CDE, plumeret; c’eft un tuyau de plume DE dans lequel la ligne eft palfée. C D, autre bout de plume fervant de coin, que l’on introduit dans te premier pour fixer le plumeret fur la ligne à la diftance convenable de fon extrémité. An-lieu de plumeret on fe fert quelquefois, fur-tout pour les lignes plus groffes, d’un morceau de liège F que la ligne 8c un bout de plume traverfent ; on nomme ce morceau de liège flotte. G H, empile. IK, petit morceau de plomb lamine que I on roule autour de la ligne pour la faire caler. KL 8c KM , autres empiles garnies chacune de leur hameçon , auquel on attache l’appât qui eft un petit ver.

Une autre ligne un peu plus forte 8c dont les empiles font formées par deux brins de crins retordus enfemble , fert pour pêcher les goujons.

Une fèmblable ligne compofée de trois brins, 8c dont les hameçons font empilés par trois brins de crin , fert à pecher le gardon.

PLANCHE XXIX

Fig. î. Ligne ^de fond a foutenir , faite de fil de lin ou de foie de Grenade en plufieurs brins. A B , le manche de bois d’environ huit pouces de long. CD, la ligne longue de vingt-cinq ou trente piés. DEF* boucle à l’extrémité de la ligne. E, plomb dont le poids eft proportionné à la rapidité du courant, fervant à faire caler la ligne auprès du fond. F G, boucle de l’empile qui eft formée par fix brins de crin. G H , l’empile. H, l’hameçon.

2. Ligne de fond a tendre. AB, piece de bois fur Jar quelle la corde, ficelle ou fouet qui fert à defeendre la ligne dans l’eau eft ploté. C, nœud de la corcle au plomb. D, le plomb. DE, aileron qui empêche le plomb de tourner lorfqu’on le defcend au fond de la riviere. EFG, &c. la ligne de fond attachée par une boucle E F à l’aileron ; la ligne a autant de longueur que l’on veut, 8c eft garnie d’autant d’empiles GH, I K, LM, N O, PQ, ST, qu’elle en peut contenir ; la diftance G I , I L , L N , Oc. entre les empiles eft d’environ dix- huit pouces.

On voit dans la vignette de la Planche précédente une partie de la ligne etendue fur le fond de la riviere.

B ij

■a3 le plomb. D a , la corde amarrée au bateau. bicÿdî •e, plusieurs empiles garnies de leurs hameçons.

PLANCHE XXX

La vignette repréfente la maniéré de pêcher avec la truble.

Pour faire cette pêche, trois hommes dans un bateau vont auprès des crones ou creux fous les berges. Le maître pêcheur, figure i. defcend la truble dans l’eau au pié de la berge en la tenant par le manche de. Ses deux compagnons , figure z ; 8c figure 3. après avoir arrêté le bateau au moyen de quelque perche a, prennent chacun un bouloir bcsfg, avec lequel ils foulent le fond & le ddfous des crones aux deux côtés de la truble; cela fait, le maître pêcheur la releve le plus promptement qu’il peut en fe fervant du bord du bateau comme d’un point d’appui, 8c pelant fur l’extrémité d du manche de la truble.

Bas de La Planche.

Fig. 1. Plan de la truble. CD, le manche. EA, EB, les enlanmes ou alarmes. AB, corde à laquelle le filet qui forme le fac de la truble eft enlarmé.

a.. Profil de la truble. CED, le manche.

Page 1