‹ Recueil de planches, sur les sciences, les arts libéraux, et les arts méchaniquesChapitre 91 sur 139 · Puifette fervant aux pêcheurs à la ligne pour enle · texte numérisé non relu

Puifette fervant aux pêcheurs à la ligne pour enle

ver les gros poiffons qui font pris à leur ligne , & éviter en paflànt cet infiniment par-defl'ous le poiffon lorfqu’il eft à fleur d’eau , la rupture de la ligne, ou que le poiflon ne fe déprenne.

4. Profil du même infirmaient qui eft compofé d’un manche de bois , d’un cercle de gros fil de fer fur lequel eft monté un filet en forme de poche; cet infirmaient ou un lèmbjable à chaflis quarré , fert à puifer le poiffon qui eft dans la boutique du bateau.

PLANCHE XXXI

La vignette repréfente la maniéré de pêcher avec le filet qu’on appelle fille : dans l’inftant où le filet eft pêchant, deux hommes font dans le bateau, l’un manœuvre avec les avirons pour contenir le bateau enîravets du courant de la riviere, 8c le fécond tient la corde de la queue du filet pour le relever enfuite ; on voit par la direction de la fléché qui indique le courant que le filet eft jetté du côté d’amont.

Fig. z. Plan du bateau dans lequel on voit le filet prêt à être jetté à l’eau ; la corde du plomb de ce filet, dont la forme totale eft un cône on chauffe pointue, eft arrêtée fur deux tourets ou deux clous a 8c b y entre lefquels il y a environ le quart de la circonférence de la corde plombée de l’ouverture du filet ; en accrochant cette corde aux clous dont 011 vient de parler , on a l’attention de la tordre un demi -tour fur elle-même, pour que jettant le filet à l’eau en le renverfant par-deffus le bord du bateau, le filet fe trouve accroché par fa partie intérieure comme la figure fuivante le fait voir.

3 . Plan du filet jetté à l’eau 8c dans l’état que la vignette repréfente. ab9 quart de la corde du plomb qui eft accrochée aux tourets , les trois autres parties font ainfi difpofées ; une partie defcend du touret a 3 une autre du touret b , au fond de la riviere ; la troifieme partie qui joint les deux autres traîne fur le fond, enforte que l’ouverture du filet forme comme un quarré dont un côté traîne fur le fond, 8c l’autre eft attaché au bateau qui en dérivant plus vîte que le filet, l’entraîne 8c le fait étendre du côté d’amont ; lorfque I on veut fermer le filet , on le décroche au point a 8c b , cette partie du filet tombe au fond de l’eau , 8c le filet fe trouve dans la poiîtion de la figure fuivante.

4. Le filet entièrement jetté à l’eau , le pêcheur qui eft dans le bateau travaille à le relever au moyen de la corde qu’il tient dans fes mains ; à mefure qu’il tire cette corde , les plombs de l’ouverture du filet fè rapprochent les uns des autres , & en ferment l’ouverture avant même que le filerait quitté le fond de l’eau.

PLANCHE XXXI L

La vignette repréfente la maniéré de pêcher les aîofes avec le filet nommé alofiere : ce filet dont on peut fè fervir dans les eaux ftagnantes auflî-bien que dans les eaux courantes , eft un grand fac dont l’ouverture eft quarrée 8c a environ quarante piés d’un bateau à l’autre fin* dix de hauteur , la profondeur du fac eft d’environ 1 f à 2.0 piés.

La partie fupérieure de l’ouverture du fac eft garnie de flottes de liege pour la foutenir à fleur de l’eau, & la partie inférieure eft plombée. Les quatre coins du filet font arrêtés par des cordes aux deux bateaux qui fervent à le manœuvrer. Les extrémités de la corde du liege font arrêtées aux tourets de l’arriere des bateaux, 8c les extrémités de la corde du plomb le font au moyen d’une corde au touret de l’avant ; un des deux hommes dans chaque bateau appuie avec un croc fur cette corde pour faire caler le bas du filet , 8c par ce moyen le tenir ouvert.

Bas de la Planche „

Il repréfente le plan de la même pêcherie.'

PLANCHE XXXIII.1

Grand harnois pour pêcher dans les eaux courantes l

La. vignette repréfente la campagne fur le bord fl’une riviere, qui coule dans la direéâion indiquée par la fléché 8c les deux filets dont on fe fert , l’un fixe 8c l’autre mobile.

Le filet fixe eft compofé d’un fac ef x g h , terminé par deux aîles ecfd3 g ah b , qui s’ouvrent au - devant du courant; elles font terminées 8c fixées à leurs extrémités par les fiches ou affiches a b , cd, qui font fixées dans le lit de là riviere; le filet eft garni de flottes de liege le long de la corde agec , & il eft plombé à la partie inférieure bhfd} pour qu’il fe foutienne vertïcalement&à fleur d’eau dans le courant, l’ouverture du fac a douze ou quinze piés d’ouverture de g en e3 ou de h en f9 fur une hauteur g h ou ej\ de huit piés, la profondeur du fac eft d’environ autant; les aîles du filet ont environ quinze braftès de longueur chacune, & vont en rétréciffant vers les affiches ou bâtons ab cd? où elles n’ont que cinq ou fix pics de haut.

Le filet mobile placé en-travers du courant à l’amont du filet fédentaire , eft également flotté le long de la corde ipm, 8c plombé le long de la corde inférieure k qn j fa hauteur eft d’environ huit piés dans le milieu en p q , 8c feulement de fix piés vers les extrémités ïk , m n^ par lefquelles il eft attaché aux deux bateaux qui fervent à le manœuvrer. Dans chaque bateau il y a deux hommes, l’un /ouo, qui conduit le bateau avalant avec les avirons ou avec un picot qu’il appuyé au fond de la riviere , le fécond i ou w, appuyé avec un croc fur la corde du bas du filet pour la faire caler, 8c par ce moyen le tenir étendu de toute fa hauteur. La corde du liège eft attachée aux tourets i 8c m , fixés dans les bords du bateau, 8c celle du plomb l’eft à l’avant des mêmes bateaux en / & eno, par les cordes kfinOy enforte qu’elle conferve dans l’eau pendant toute fa marche laficuation verticale que la figure repréfente.

Pour pêcher avec ces filets , après que le filet fédentaire eft tendu , les pêcheurs s’éloignent en remontant leurs bateaux à cent ou deux cens brades , plus ou moins , au-deflus ou à l’amont du filet fédentaire , & là ils fe féparent 8c tendent le filet mobile en- travers du

PÊCHES

courant, & nagent enfuite avalant avec plus de vîteffe que le courant ; ils ramènent les deux extrémités de leur filet aux affiches a 8c c ; le filet mobile qui pendant toute la marche étoit convexe du côté d’amont, comme on le voit en pq, parce que la vîteffe des bateaux qui le tiroient étoit plus grande que celle du courant, change alors de figure & devient convexe du fèns oppofé, puifque le courant continuant d’agir fur fon milieu, continue à le faire defcendre pour le faire appliquer au filet fédentaire : tout le poiffon qui s’eft trouvé dans le chemin du filet mobile eft ainfi forcé de fe jetter dans le fac du filet fédentaire.

Bas de la Blanche,

Il repréfente le plan de la même pêche. A, C, les affiches auxquelles le filet efi; attaché. AG H, C£F, les ailes du filet fédentaire. G£FH, l’ouverture du fac. X , le fond du fac. C E G A , la corde du liège. C F HA, la corde du plomb. C Z A, le filet mobile plilfé & près de s’appliquer au moyen de la force du courant au filet fédentaire pour fermer l’ouverture du fac dans lequel le poifion efi; entré.

Le filet mobile P Q efi; tiré avalant par les deux bateaux Ll, O o, ainfi que le fait connoître la fléché placée entre les deux filets ; elle fèrt à indiquer la direction du courant ; les lignes ponctuées depuis les bateaux jufqu’aux affiches A & C, font connoître la marche des mêmes bateaux, qui font arrêtés aux affiches par le touret auquel la corde P du liège eft fixée ; la corde du plomb IQo refie un peu à l’arriere ou amont pendant la marche du filet.

PLANCHE XXXIV

Gord, forte de filet fédentaire établi à l’aval de l’arche d’ un pont fur une eau courante ; tel eft celui établi à Paris au pont Notre-Dame ; c’efi celui que la vignette repréfente, ou ceux établis à Saint-Cloud, qui ne different de celui-ci qu’en ce qu’ils font plus petits, les arches de ce pont ayant moins d'ouverture.

Le filet que l’on nomme auffi gui do , eft une grande chauffe ou entonnoir dont l’ouverture ghki , eft un quarré, dont la longueur g h eft égale à la largeur de l’arche, 8c la hauteur hk de quinze ou dix-huit piés. Sa longueur jufqu’à la naffe N qui la termine eft de douze à quatorze toifes ; il eft repréfenté tendu dans la vignette, & en état de prendre le poiffon.

Le filet eft arrêté au pont par deux pieux, le long defquels les boudes qui terminent les quatre angles du quarré de fon ouverture peuvent monter & defcendre ; les boucles g 8c h font à fleur d’eau ou peu élevées au - deffus , les boucles de fond i 8c k font arrêtées à une efpece de palonier qui embraffe le pieu du cote oppofe au filet; on enfonce ces morceaux de bois , 8c par conféquent la partie du filet qui y eft attachée au moyen de deux longs bâtons dont ils font emmanchés , & que par cette raifon on a nommés enjcncoirs.

Au-deffus des pieux dont on a parlé font conftruits des cabinets a 8c b, dans chacun defquels il y a un treuil qui, au moyen d’une corde, fert à relever l’enfonçoir au-deffus duquel il répond ; fur le milieu de l’arche eft une galerie à laquelle les cabinets communiquent par des efcaliers ; cette galerie contient trois treuils pqr, les deux des extrémités reçoivent les cordes pr, rt ; ils fervent avec les deux treuils des cabinets, à relever le

bas de l’ouverture du filet, 8c à rapprocher la corde du fond is t k de [ a corde g h du deffus ; le troifieme treuil. 9 fcrt> au moyen delà corde qot que l’on attache à l’extrémité du filet du côté de la naffe, à relever le filet hors de 1 eau, pour le faire fécher au-devant du vuide de 1 arche , apres toutefois en avoir détaché la naffe N« qui eff reçue dans le bateau ou la barque du pêcheur;

Bas de la Blanche.

Fig. i. Elévation géométrale du même filet tendu vu du cote d aval. AG, BD, les deux pieux qui fervent de guide aux boudes du filet & aux enfonçons, ces pieux en cachent d’autres qui font femblables *, celui de derrière eft relié à celui de devant par des moifes & le chapeau qui les allcmble-, c’eft fur les chapeaux que font conftruits les cabinets dans Iefqnels font les treuils E & F , qui fervent à relever les enfonçons. G H , corde du deflus du filet. G I , H K , côtés ou aîles du filet.

I S T K , corde de fond du filet. N n , la naffe. IL, KM, les enfonçons. P 8c R, treuils dans la galerie pour relever au moyen des cordes PS, R T, le tond du filet , en même tems que les deux treuils E & F relevent les enfonçons. Q O, corde du treuil du milieu pour relever entièrement le filet par la partie qui joint la naffe N.

PLANCHE XXXV

Suite de la précédente, contenant le plan du gord 8c les développemens néceffaires de la naffe 8c des enfonçons.

hig. 3. Plan du filet 8c d’une partie des deux piles de l’arche, à l’aval de laquelle il eft placé, ainfi que la fléché le fait connoître.

A & B , partie du plan des deux piles. C 8c D,' plan des deux pieux qui fervent de guide aux enfonçons ; on voit par ce plan comment les palonniers dont on a parlé embraffent le pieu du côté d’amont, c 8c d , plan des deux autres pieux qui, avec ceux cotés C& D, foutiennent les cabinets. CD /le, le filet étendu, & auquel eft adaptée la naflè e N/.'

4* Enfonçoir vu du coté d aval ou du côté de fa concavité, qui s’applique au pieu qui lui fert de guide.

A B , le palonnier. C L , le manche ou enfonçoir proprement dit; il eft traverfé de plufîeurs chevilles ou échelons pour pouvoir le faire defcendre en montant deftus : la partie fupérieure eft liée par ia corde qui va au treuil d’un des cabinets ; on a fracturé le manche , parce que fa longueur n’auroit pas pu tenir dans la Planche. Cette figure ainfi que les fuivantes, eft deffînée fur une échelle double. A D B , corde à laquelle en D eft attachée la boucle inférieure du filet.

f. Second palonnier vu du côte d’amont ou du côté convexe, b 8c a, crochets du palonnier. KM, manche.

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