‹ Recueil de planches, sur les sciences, les arts libéraux, et les arts méchaniquesChapitre 98 sur 139 · DU PLOMB · texte numérisé non relu

DU PLOMB

S ; on voit que la table de plomb fléchit 8c ployé à mefure que le crochet de la poulie f éleve polir la tranfporter fur le laminoir, y. Ouvrier, 8c ils font, ordinairement deux ou quatre, qui en faifant tourner la manivelle du cric, enleve la table Q, au moyen du treuil fixé fur la ïoue dentée du cric & de la corde qui pafle fous la poulie mobile y, à la chape de laquelle eft attaché le crochet N qui faifit l’anneau de la table; on n’a repréfenté qu’un feul ouvrier, pour laifler voir le cric de la grue, 8c encore cet ouvrier eft-il un des aides de ceux qui tournent les manivelles , lefquels ont le vifage tourné du cote du fourneau.

La grue eft compofée de l’arbre vertical P R du bras s S, affemblé avec l’arbre, à tenons 8c relié par un fort étrier de fer s t3 8c du lien x p, affemblé 8c embreve haut 8c bas dans le bras 8c l’arbre vertical.

Près la muraille & entre les deux croifées on voit un réfervoir de plomb plein d’eau 8c un arrofoir coté , fervant à arrofer le fable de la forme lorfqu 011 en veut former le moule d’une table.

Bas de la Blanche.

Coupe du fourneau de la chaudière 8c de l’auge. B, le cendrier au-deffùs duquel eft la grille fur laquelle on met le bois qui fert à chauffer la chaudière. E, la chaudière. e , la cheminée du foyer. A, gouleau de la chaudière. A 3 4, le tampon du robinet dont la queue eft coudée & eft retenue par une ou deux vis dans la fourche du chevalet. C, plaque ou gouttière de tôle paffée fous le chevalet, 8c appuyée d’un bout fur l’auge; elle fert à diriger le plomb fondu dans l’auge. Gng, l’auge de fer forgé revêtue intérieurement de plaque de tôle. G, centre de mouvement ou charnières de l’auge. ny fond de l’auge qui appuyé fur le feuil du fourneau.

Fig. 1. Repréfentation perfpedive du tampon du robinet & de la gouttière deflinés fur une échelle double. A, le tampon que l’on enduit de terre grafle, 8c au-devant duquel on met une boule de la même terre pour boucher exactement le gouleau fie la chaudière. 3,4, le manche ou poignée du tampon, au-defious eft la plaque ou gouttière. C, partie de la plaque qui s’applique au fourneau endeffous du gouleau de la chaudière, cd, extrémité oppofée de la gouttière; c’eft cette partie qui repofe fur le bord de l’auge.

1 , Le chevalet du tampon en perfpedive. 1 8c 3 , traverfe ou chapeau du chevalet fur lequel fe voient les fourchettes entre lefquelles eft arrêtée la queue du tampon par la preffion d’une ou deux vis. 4, 3, 5 , 6 , les quatre piés du chevalet, lefquels font fcellés dans le feuil du fourneau, comme on le voit fig. r.

3. L’auge vue du côté des trois charnières par lefquelles elle eft attachée à la table ou forme fur laquelle on coule le plomb ; les trois charnières 8c les fîx pitons qui font plantés dans la traverfe du moule font traverfés par un feul 8c même boulon autour duquel elle eft mobile.

4. L’auge vue du côté oppofé à celui de la figure précédente, ou du côté des crochets KH, G g , par lefquels elle eft accrochée aux chaînes de la baficule , les crochets font aftemblés à charnière fur les mêmes bandes de fer où font pratiqués les eharnons G & K de la figure précédente.

PLANCHE Y

Cette Planche 8c la fuivante repréfentent la fuite des opérations néceflàires pour former le moule fur la table , que l’on a repréfentée fous le même point de vue 8c de la même grandeur que celle de la vignette de la Planche précédente, avec un fragment du fourneau devant lequel elle eft placée.

Fig. 1. Après avoir arrofé le fable de la forme avec des arrofoirs , & l’avoir bêché avec la bêche a , pour l’ameublir 8c diftribuer l’humidité également , 0

le laboure avec îc rateau b y avec l’angle du dos duquel on forme des filions tranfverfaux A , dans lefquels on diftribue de nouveau fable pour le mêler avec celui qui a dcjà forvi, & on cgaiife le tout avec les dents du rateau , comme on le voit en B : un ouvrier de chaque côte de la table a une bêche ou pelle de fer, 8c un rateau de bois dont les dents font auffi de même matière.

2,. Après que le fable eft égalifé au rateau on paffie un rable bc fur toute la longueur de la table, pour mieux encore égaiifer le fable; ce rable a deux pouces d’entaille à chacune de les extrémités, enforte que la fur face G de la forme eft deux pouces au-deffious des rebords du moule ; la partie B de la forme eft celle lur laquelle le rable n’a point encore palfé, elle eft dans le même état que la partie B de la forme précédente, ce qui a été obfcrvé de même dans toutes les figures fuivantes. b i, ic, le rable forvant à cette opération repréfonté en géomécral. i , z, arête du rable qui s’applique à la forme de labié.

L’opération de battre avec la grande batte à quatre poignées , menée par deux ouvriers ; cette batte eft un fort madrier de quelque bois dur, large environ d’un pié, fur le déifias duquel on a fixé deux traverfes qui fervent de poignées; deux ouvriers i’élevent à deux pies environ de hauteur ,

8c la laiftent retomber -enfui te fur la forme, en commençant du côté du fourneau 8c parallèlement à l’auge. D, partie de la forme qui eft battue avec la grande batte. C, partie de la même forme qui eft dans l’état de la préparation précédente.

A côté de cette figure eft la repréfentation de la grande batte en plan 8c en perfpeânve. cd, la grande batte, i> z: 3 , 4, les deux doubles poignées.

'4. L’opération de dreffier avec le rable de profondeur; pour conduire ce rable & le maintenir dans la fituation verticale pendant toute fa courfe, les ouvriers paifent une cheville dans des trous pratiqués vers les extrémités, ces chevilles qu’ils tiennent d’une main , tandis que de l’autre ils appuyent fur l’extrémité du rable fervent à le maintenir vertical , 8c par ce moyen à dreffier le fond du moule, ce rable emportant toutes les inégalités que l’action des battes a pu laiftèr fur la forme. E, partie du moule fur laquelle le rable a déjà pafté. D, partie de la forme dans l’état de la figure précédente; par ces différentes opérations le fable fuperflu fe trouve raflembié vers l’extrémité de la table oppofée au fourneau, de , le rable de profondeur. 1 8c a, les chevilles. 1,3 : 2,4, les mêmes chevilles repréfentées féparément ; la profondeur des entailles de ce rable eft de deux pouces plus fiépaiffeur que l’on veut donner à la table.

PLANCHE VI

fi g. f. Après que le fond E du moule ou l’aire de la forme eft drelfiéeau niveau de la partie E de la figure précédente, on place le modèle F de Panneau & de la tête de la table, on bat derrière le fable qui a été repoulfié vers cette extrémité de la forme dans les opérations précédentes , enfuite ayant enlevé ce modèle, on pafië un rable dont les entailles n’ont que deux pouces de profondeur pour rejetter vers le bout de la forme le fable fuperflu 8c former une furface unie 8c de niveau avec le deftus de la table de plomb après quelle fera coulée; la figure ej , repréfente le modèle de l’anneau 8c de la tête de la table en plan , & la figure E F qui eft au - déifions le repréfente en élévation ; G eft la cheville de bois qui fert de noyau pour former le trou de l’anneau.

6. L’opération de planer ou repaffer la forme. G, le fond du moule fur lequel un ouvrier paffie la plane de cuivre, comme un fer à repaffer le linge ; il fait auparavant chauffer la plane qu’il conduit fur piuùeurs bandes p&r&Ilclcs fut toute Ici ion-

gueur du moule; il place enfuite la cheville g qui fort de noyau pour le trou de l’anneau, il place auffi le rable gh gh> qu’il enfable dans la tête du moule, 8c derrière ce rable il bat le fable pour le, fixer ; à côté de cette figure on voit la plane de cuivre G, vûe du côté de fa poignée, 8c au-deflous la même plane g g vûe en perfpeétive; le deflous de la plane doit être bien poli, 8c fos bords doivent être arrondis pour qu’elle glifie plus facilement & qu’elle n’entame point la forme , ces deux figures font deilinées fur une échelle quadruple de celle du moule.

Avant de lailfer écouler le plomb fondu dans l’auge pour le verfor enfuite dans le moule, on place fur ce dernier 8c près de l’auge une planche auffi longue que la table eft large 8c haute de deux piés & demi, que l’on peut nommer parapluie , de fon ufàge, qui eft d’empêcher les gouttes de plomb qui rejailliftent de l’auge , de tomber fur la forme, qui en foroit piquée & les tables endommagées ; la fttuation 8c la grandeur de cet infiniment font indiquées par des lignes poneftuées.

7. L’opération d’écrerner la table de plomb après qu’elle eft coulée fur la forme; cette opération fuccede immédiatement à celle que la vignette dela Pl. IV. repréfente, HI, leplomb en bain fur le moule. H, partie de la table de plomb déjà écremée avec le rable hi, qui eft celui que le maître fondeur , fig. 4, de la vignette citée préfonte entravers du moule, & qu’un autre ouvrier lui aide à conduire le long de la table de plomb en fufion ; ce rable raffiemble toutes les craffes vers la tête de la table au-delà de la cheville g , qui forme le trou de l’anneau. I, partie du bain non encore écremée ; on voit à côté le rable hi repréfente en face.

Outre ce rable les ouvriers fo forvent encore des fpatules hh,ii, ils s’en forvent pour écrémer dans l’ange G K, dans laquelle ayant plongé une écumoire ils y conduifont toutes les feories qui furnagent avant de renverfor l’auge fur la forme ; ils s’en forvent auffi apres que la table eft: coulée, pour raftembler fur la tête de la forme les feories que le grand rable n’a pu y conduire, 8c celles qui entourent la cheville g ; en cet état la table eft achevée, il ne refte plus qu a trancher le long de la tête & autour de l’anneau le plomb fuperflu, ce que l’on fait auffi tôt que la table eft figée, on fe fort pour cette opération de quelquesuns des outils repréfontés au bas de la Planche fuivante.

S. L’opération d’enlever la table de deffius le moule au moyen de la grue tournante 8c de la placer devant le moule comme on voit dans la vignette de laPl. IV. pour cela ayant dégarni la tête de la table 8c mis un rouleau deflous, les ouvriers placent deux morceaux de bois inclinés / IL K, que l’on nomme coulottss , 8c ayant paffié un crochet N dans 1 œil de la table, 8c le crochet de la poulie mobile de la grue dans l’œil de celui de la table, en faifant enfuite manœuvrer le cric, la table Q N eft attirée par la corde de la grue, 8c le rouleau facilite ce mouvement ; on redrelfie enfuite à grands coups de mailloche de bois la table fur laquelle on empile fucceffivement les autres, comme on le voit dans la même vignette.

PLANCHE VII

f La vignette repréfente, dans l’intérieur del’attelier, l’opération de laminer une table, 8c la vûe perfpeétive du laminoir entier. Cette Planche 8c la Planche IV. peuvent s’affiembîer l’une avec l’autre pour repréfenter la totalité de la manufaéture.

L’établi A I C B du laminoir eft compofo d’un fort chaffis de charpente foutenu de diftance en diftance par des montans 8c des contre -fiches affiemblés haut 8c bas, dans les longs côtés du chaffis , & les folles qui font affleurées au rez-de- chauffée, 8c ce chaffis eft fo-

A ij

pare en deux parties par îe laminoir ; l'intérieur du châffis eft garni de rouleaux horifontaux de bois , pour faciliter le mouvement de la table, excepté vers les extrémités, où dans la longueur d’environ fix piés, l’établi eft recouvert de forts madriers qui forment une table pleine, dont le deffus affleure les côtés du chaffis, au-deffus defquels les rouleaux excédent d’environ un demi-pouce.

La cage du laminoir eft compofée des deux montâtes iji&z, 2, qui portent d’un bout les traverfines aa,bb fur lefquelles font affemblés à encoche les Iongrines a bycd , c’eft fur les longrines que portent les tourillons de l’arbre oo de la bafcule îo; la fécondé îongrine recouvre en chapeau les deux montans poftéarieurs 3 c ; 4, d, auxquels font affemblés les traverfes 8c entre-toiles embrevces qui forment la cage du rouage du laminoir derrière laquelle eft le manège qui lui communique le mouvement, fi c’eft par le moyen de chevaux -, ou la roue à l’eau, fi c’eft cet élément qui fait agir la machine , & c’eft le cas que la vignette repréfènte.

Vers une des extrémités du laminoir on voit la grue tournante PRS chargée d’une table de plomb laminée 8c roulée fur un baron, par le moyen duquel 8c d’un cordage cette table eft facilement enlevée 8c tranfportée fur le chariot qui doit la tranfporter au magafin.

L’ouvrier repréfenté dans la vignette eft dans l’a&ion de redrelfer la table ou de la diriger fur le milieu de l’établi Iorfqu’elle fe détourne plus d’un côté que de f autre; pour cela il fe fert d’un bâton crochu nommé crojj'e , avec lequel comme avec un levier du fécond genre il repouffe la table fur le milieu du chalfis , pour cela il appuyé l’extrémité de cet infiniment contre la face interne du chalfis, la convexité eft appliquée contre l’épaifteur de la table, 8c l’autre extrémité fur 1 épaule de l’ouvrier ; en expliquant le bas de la Planche, on dira les autres ufages de cet inftrument.

Ce même ouvrier, après que la table eft entièrement paftéedu côté du laminoir, la faitpaffer du côté oppofé en relevant & abailfant alternativement l’extrémité V de la bafcule du verrouil, ce qui change la dire&ion des cylindres. A chaque retour au côté oppofé à celui où il eft placé, il fait tourner la manivelle L du régulateur d’un quart de tour, ou un demi -tour tout au plus , pour approcher infenfiblement les cylindres l’un de l’autre.

Bas de la Blanches

Fig. 1. Pince ou pié-de-bkhe de fer fervant à mouvoir les fardeaux.

&. Croffe dont fe fert l’ouvrier repréfenté dans la vignette, elle fert auffl à relever l’extrémité de la table lorfqu’elle fort d’entre les cylindres, pour empêcher qu’elle 11e paffè fous les rouleaux de l’établi ; pour cela l’ouvrier introduit l’extrémité courbe de cet inftrument entre le cylindre inférieur 8c le rouleau voifîn ; la convexité de la croffe préfente alors à la table de plomb un plan incliné le long duquel elle eft forcée de monter: une fois paffée fur le premier rouleau , elle palfe fans difficulté fur tous les autres.

Tenailles; elles font d’une forme ordinaire, à cela près que les manches font courbés en-dehors près de leurs extrémités , pour mieux tenir dans les mains de l’ouvrier lorsqu’il tire félon la direétion de la longueur de la tenaille. Les mors de cet inf trament font taillés intérieurement en râpe pour mieux faiftr les tables de plomb; on fait ufage de cet outil pour faire rentrer la table entre les cylindres du laminoir à chaque fois qu’on change la direction des cylindres ; pour cela l’ouvrier ayant couché la tenaille horifontalement 8c dans une diredion à-peu-près perpendiculaire s la longueur de l’établi , il faifit la table par fon épaiffeur, 8c le côté de la tenaille étant appuyé contre une des chevilles de fer qui font Taillantes au-deffus du chaffis, il fait décrire aux manches de la tenaille un arc de cercle auquel cette cheville fert de centre ; la tenaille alors devient un levier du pre-

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