SONNET CONTRE LE CARDINAL
Jésus-Christ ne voulut cognoistre d'un par-
[taige(l) Que deux frères faisoyent, combien qu'en futprié: Car s'estant à garder son troupeau dédié, Il ne voulut jamais embrasser davantaige (2)
Monsieur le cardinal, par force et par outraige, A le partagement de la France manié, Et en faisant les parts, s'est tout approprié, Laissant au Roy le nom pour tout son appanaige.
S'il est de Jésus-Christ, que ne suit-il son
[maistre ?
Et s'il n'en est, pourquoy fait-il semblant d'en
[estre ?
(1) Rassk de Nobux, t. I, 20. — Ce sonnet est sans date positive ; il envoyé le cardinal mener paistre ses brebis : on ne peut rien de plus innocent.
(S) Allusion à la réponse que fit Jésus-Christ à un homme qui lui disoit : — « Magislcr, die fratri meo ut dividat mecum hœreditalem. — At illc di.rit Mi : — Uomo, quis ma constUuit judiccmaut ttivisoran super vos ? »— S. Luc ,
chap. XII, v. 13.
Et faisant le semblant, pourquoi le croyons-
[nous (1)?
S'il en est, il luy fault mener ses brebis
[paistre ; S'il n'en est, il le faut hippocrite cognoistre, Et autant abuseur comme nous sommes fous.
(1) Ce sonnet n'est qu'un incident de ce jeu que les enfants nomment le Roi détrôné ; ils devraient l'appeler le Roi à détrôner.