‹ Recueil de poésies calvinistesChapitre 13 sur 72 · SO- DE LA DEVISE DU CARDINAL · texte numérisé non relu

SO- DE LA DEVISE DU CARDINAL

0 plus que de Sémiramide (1) Jadis pompeuse pyramide Le vol de l'aigle as surmonté, Voire sur la lune monté ; Pour de tes faits digne trophée, Elle t'a la teste coiffée De cornes, et pour laurier verd De poltron lyerre tout couvert, Elle ton chef dominera Quy de tout point te minera.

(i) Collection de Rasse de Noeux, t. ï, p. 16. — Le

cardinal avait pris pour emblème une pyramide entourée d'un lierre, qui s'appuyait sur elle. — Sa devise était : — Te stante, virebo ; cadente, pcribo, — c'est-à-dire : Tant que tu seras debout, je serai vigoureux ; si tu tombes, je péris. Le lierre était le cardinal; la pyramide était la monarchie légitime, le roi. — Les protestants contemporains l'entendaient bien ainsi. Gela n'empêche pas M. Micheïet de voir dans cet emblème l'image naïve de Guisô, recherchant les Bourbous, les étreignant par alliance, et peu à peu les étouffant. ( Guerres de religion, p. 53, 1858.) — Le cardinal et son frère purent être ambitieux ; mais ils n'étouffèrent personne et ne prétendirent ni à supplanter les Bourbons, ni à monter sur le trône de France. De tous les princes de ce temps, ils étaient les plus capa bîes , et la monarchie faisait preuve d'intelligence en s'appuyant sur eux. De fait, ils étaient la pyramide , et le lierre eût bien représenté les jeunes enfants de Henry II,

Sur la pyramide abatue Une neufve commencerons, Qu'à nostre Dieu nous dresserons, Non pas comme l'autre cornue.

Et dessus sa teste pointue Ta lune nous ne laisserons, Mais le soleil y poserons, Dont la face tout évertue.

Et pour le lyerre ambitieux, Du laurier favory des cieux Sera tout à l'entour enceinte.

De monter trop haut ne craindra ; Car quand au ciel elle atteindra, Elle est à Dieu- vouée et sainte.

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