COMPLAINTE DE LA FRANCE
Hélas! mon Dieu, que t'ay-je fait (1)?
De jour en jour je suis en peine, Tyrannisée, et sans forfait, Par deux larrons, qui ont mahaine (2).
De mes deniers ma bourse est pleine (3); Quant à l'honneur, il est perdu, Si par toy seul n'est deffendu ; Et puis, par un destin fatal, Affin qu'il soit mieux entendu, M'ont envoyée à Fhospital (4).
(1) Collection de Rasse de Noeex, t. I, p. 23.— A cette épigramine se trouve jointe cette note : — « Ces deux larrons ont foasti un hospital pour loger la France. »
(2) Ces deux larrons sont le cardinal de Lorraine et son frère, le duc de Guise.
(3) Il faut lire : De mes deniers leur bourse est pleine.
(4) Il s'agit de Michel de l'Hospital, chancelier de France, fils d'un médecin du duc de Bourbon, homme vertueux, instruit, plein d'excellentes intentions, mais trop faible pour lutter contre l'ambition des hommes d'épéequi l'entouraient. Né en 1504, il servit son pays avee honneur pendant trente quatre ans, et mourut en 1573, estimé de toutes les factions.