CONTRE
LE CARDINAL DE LORRAINE
Garde toy, cardinal (1), Que lu ne sois traité A la Minarde (% D'une stuarde.
(i) Mémoires de Càstelnàu, édition de 1731, t. I, p.
(2) Antoine Minard, président à mortier au parlement de Paris, avait été chargé de conduire la procédure dirigée contre Dubourg et quelques autres conseillers accusés de protestantisme. — Dubourg avait récusé Minard, et comme ce magistrat n'avait pas cru devoir s'abstenir, il lui dit que Dieu l'y forcerait bien (Mezerày, t. III, p. 159). —Le 12 Décembre 1559 , entre cinq et six heures du soir, le président Minard revenait du palais ; il allait rentrer daus son hôtel, rue Vieille-du-Temple, quand il fut assassiné d'un coup de pistolet.— On accusa de ce crime Robert Stuart, seigneur d'Aubigny ; mais l'instruction dirigée contre lui ne fut jamais achevée. Il parvint à se sauver, et nous le retrouverons dans l'histoire des atrocités qui ont souillé nos guerres civiles. — Dès lors, on désigna sous le nom de stuarde toute balle de pistolet, et surtout la balle empoisonnée.
Mezeray dit aussi qu'on tint pour constant que le premier président du parlement, Le Maistre, courut le même danger que Minap^l, mais il fut plus heureux et put échapper à la mort qui le menaçait. Il n'en fut pas ainsi du greffier Julien Frome : il portait un jour, au parlement des mémoires et des papiers relatifs à la procédure suivie contre Dubourg, lors-
qu'iljfut aussi assassiné. [Hémoires de Castelnàu, 1. 1, liv. I, p. 9. Edition de 1659.)
Voici comment d'Aubigné (Histoire universelle, Amsterdam, 1636, p. 183) apprécie ces événements.— « Quelques uns ont pensé que la mort du président Miuard, tué quelques jours devant, d'un coup de pistolet, près du palais, avait appris aux juges les plus rigoureux à mettre de l'eau dans leur vin . » — Dubourg seul fut condamné à mort. Ses co-accusés se tirèrent d'affaire.
Niceron (t. XL) cite une publication que nous n'avons pu consulter : en voici le texte :—In violentent et atrocem cœdem Antonii Minardi prœsidis inculpatissimi Nœnia. Paris, 1559, in -4°. — L'auteur se nommait Mizauld. —Les protestants crurent sans doute se justifier par l'anagramme qui suit '-—Antonius Minarius : Minois ruina natus.
Ou comprend maintenant la portée de la menace adressée au cardinal.