CONTRE LES TYRANS DE LA FRANCE
L'Eternel par son bras a fait des choses
[grandes (i) Contre la sapience et puissance mondaines : Les Guysiers tyrans par leur cheute soudaine En sçavoyenl bien que dire avec leurs belles
[bandes.
(i) Collection Rassk dîî Noeux, t. I, p. 22. — Ceitc pièce dut être composée après la mort de François il, au moment où l'astre de la maison de Lorraine pàiit. Les Bourbons, leurs partisans et avec eux les calvinistes revinrent en crédita la Cour. La fin de ce sonnet est une allusion à la promotion des che j de Saint-Michel faite à l'occasion du sacre de François II. MM. de Lorraine, pour se faire ùcs partisans, donnèrent dix-huit colliers de l'ordre, chiffre énorme pour le temps où l'on n'était pas encore habitué à voir prodiguer les faveurs. Aussi La Roche du Maine iniligca-t-il alors à celte décoration, jusque là très-recherchée, le nom de colliers à toutes bètes. Les distinctions prodiguées Bans discernement ne font que des ingrats et des jaloux. Les ennemis des Guises, exclus de cette pluie de croix, n'en furent que plus envieux, et le discrédit dans lequel tomba I ordre de Saint-Michel amena plus tard lknry III a créer celui du Saint-Esprit.
Comme ils ont dispersé son troupeau hors des
[landes De la plaine françoise, ainsi il a fait vaine De leur cœur la pensée orgueilleuse et hautaine, Par laquelle on payoit de si grosses amendes !
Il les a déposés de leurs sièges dorés, Où ils estoyent déjà comme dieux adorés, Voire des chevaliers, dont le nombre ancien
S'est pour eux augmenté, et a mis en leur
[lieu Les humbles, lui vouliant rendre comme au
[seul Dieu L'honneur que reçoit d'eux l'idole, qui n'est
[rien.