‹ Recueil de poésies calvinistesChapitre 25 sur 72 · SUR LES ORDRES DU PAPE DONNÉS A MM. DE DAMPV1LLE ET DE MONTLUC · texte numérisé non relu

SUR LES ORDRES DU PAPE DONNÉS A MM. DE DAMPV1LLE ET DE MONTLUC

Faut-il que maintenant vostre ordre soit en

[guerre, Et que le Pape en ait une de son costé, Et que vostre grandeur cède à sa primauté, Qui prend vos chevaliers pour defîendre sa terre!

N'estoit-ce point assez de voir en vostre terre L'Antéchrist usurper une principauté, Et disclaver vos loix dessous la papauté, Vous faisant adorer l'apostat de saint Pierre ?

Qu'attendons-nous encor ? sinon que les

[Romains Viennent bientost oster le sceptre de vos mains, Pour vous faire baiser les pieds de ce grand

[prestre.

(1) Mémoires de Gastklnau, t. II, liv. 4, p. 138. — Cette pièce est encore, comme la précédente, le cri de l'envie. — De plus, on y voit déjà la tactique employée tant de fois de puis par les nommes de révolution- L'auteur essaie de déprécier l'ordre de Saint-Michel , qu'on ne donnait pas aux protestants.

Les deui chevaliers faits par le pape sont : Henry de Montmorency , seigneur de Damville , deuxième fils du connétable Anne. C'est lui qui fit Coudé prisonnier à la bataille de Dreux, Maréchal de Fiauce en 1566, il n'était

Sire, s'il est ainsi, ouest le chevalier Qui se voudra vanter d'avoir vostre collier, Si vostre saint Michel a Sathan pour son maistre?

pas l'ami des Guises, et, tout catholique qu'il était, i! eût été compris dans le massacre de la Saint-Barthélémy, s'il no se fût mis en sûreté. Retiré dans le midi de la France il réunit des amis, des partisans, des troupes, et plus tard se mit à la tête des politiques, c'est-à-dire des légitimistes. Après la mort de Henry III, il fît reconnaître Henry IV dans le Languedoc. A la fin de sa vie, il reçut l'épée de connétable et mourut en 1614.

Biaise de Lasseran-Massencome, seigneur de Montluc, né vers 1502, d'abord soldat sous Bayard, intrépide général, maréchal de France en 1573 ; il mourut en 1577, laissant des mémoires sur les événements du X\T siècle. Les protestants le surnommèrent le boucher royaliste. Il les traitait en rebelles, et resta convaincu toute sa vie que la religion n'était pour rien dans les guerres civiles de son temps.

AU CARDINAL

Tu as, cardinal maudit (1), Par ta soudaine ruyné, De la puissance divine L'effect qu'on t'avoit prédit.

Pour tout ce qu'on t'en a dit, Tu n'as point changé de mine ; Ores que Dieu t'extermine, Moque toy de son cdit.

Tu as Orléans et Loyre Eslevé, pour de ta gloire Y dresser un eschaffaut:

Mais Loyre et Orléans rient De tout ton orgueil, et crient Vengeance à Dieu de là haut !

(l, Collection i!e BaiM dk Noecx, t. I, p. 17. — Ce sonnet n'a pas de date précise. — Ii put être composé au moment de la mort de François II à Orléans, lorsque la maison de Guise vit son étoile pâlir devant celle des Bourbons. — Le cardinal, à celte époque* Be retira dans son diocèse. — Ces vers parent de même être rimes lorsqu'après l'assassinat ùvi due de Guise, Charles de Lorraine revint à Reims pyur quelque Lnips. — Dans tous les i ils sont l'expression de la haine nfenaçante, le cri de la vendetta,

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