CANTIQUE SUR LE PSAUME XXXV
Seigneur, des armées le Dieu (1), Accompagne-nous en tout lyeu Où nous irons pour la deffense De ton saint nom. Sus donc! avance!
Foudroyé tout de tes deux mains :
Destruis les complots inhumains Et faulses machinations Contre tes constitutions.
Fay que cognoissent les meschans, Qui sont par les villes et champs, Combien est juste la querelle Que veut maintenir tout fidelle :
Ce n'est chose faitte à plaisir, A la fantaisie ou désir De nostre cerveau esgaré ; Mais c'est ton voulloir asseuré.
Oste la toille de tes yeux Et recognoy le Dieu des cycux,
(1) Collection Rasse de Noeux, Ia III, 2' partie, p. 78.
Peuple abruty ! tombe par terre Tes idoles de boys et de pierre!
Pense désormais retourner A cil qui fait tes bleds grener, Et qui te baille tous les biens, Dont te nourris toy et les tiens.
Pauvres séduits et abusés, Sus ! il est temps que reduysez Au Dieu vivant vostre fiance Et sortiez de vostre ignorance, Qui, las! tant brutale a esté, Qu'elle vous a tous arresté, Croyant qu'un blanc idole infait (sic) Fut le grand Dieu qui vous a fait.
Ceux donc qui veullent soustenir (1) Tels abus et l'entretenir, Fay esvanouir leur minée Ainsi que du feu la fumée, Et ne permets plus, o bon Dieu, Tel erreur en France avoir lieu ; Mais tous d'accord te cognoissions Désormais, et seul adorions.
Si Pharaon, ce grand meurtrier, Est revenu, fay le noyer Encor un coup dans la mer Rouge !
Et que jamais de là ne bocage, Pour voir ton pauvre peuple en paix Et délivré d'un si grand faix
(1) L'auteur s'adresse tour-à-tour à Dieu et au peuple.
Qu'il a tous les jours sur le dos, Dont n'a une heure de repos (1).
Fin. 156Î.
(i) Ce cantique, en demandant la chute des statues saintes, appelle aussi sur la tête du duc de Guise, désigné sous le nom de Pharaon, ce grand meurtrier, la vengeance de Dieu. Quand on aura lu ce recueil , on comprendra ce que veut dire ce cantique.
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