‹ Recueil de poésies calvinistesChapitre 26 sur 72 · ECHO · texte numérisé non relu

ECHO

sur l'adieu du cardinal de lorraine,

archevêque de reims.

Hélas! hélas! seroit-il bien possible (\\ Que du tyran l'arrogance invincible Fust mise à bas, ainsyquej'ay ouy ? — Ouy. Qui est celuy qui me met hors d'émoy ? —

[ — Moy.

Sais tu quelle est la douleur qu'il endure ?

[ — Dure.

Ne vit-il pas en peine et déconfort ? — Fort.

Voy donc que sert ï'orgueil du terrien ?

[Rien. Jamais aussy d'aucun n'eut bon renom ? —

[— Non.

(1) Imprimé à Reims, 1f»6l. — Nous croyons peu à la véracité de cette indication. Dans le même volume où se trouve cette diatribe, sont un cantique adressé à Louis de Bourbon, deux sonnets à la princesse de Condé, et quelques vers contre les papes. — En 1561, il n'y avait à Pteims qu'un seul typographe. Chaudière, l'imprimeur de l'archevêque ; il n'a pas dû se prêter à de pareilles attaques. — Les mots — Imprimé à lloims — ne sont qu'une bravade. — Cette pièce put être composée après le massacre de Vassy> alors que les calvinistes, qui avaient porté leurs plaintes au château de Monceaux en Brie, où se trouvait la Cour, espéraient obtenir la disgrâce du cardinal de Lorraine.

Mais qui Ta rais en si grande souffrance ? —

[France.

Où sont fichez maintenant ses ébats ? — Bas. Oh ! quel tourment saisira son courage ? —

[Rage.

Qui Ta contraint enfin dédire adieu? — Dieu. Quel s'est montré son bras en cet endroit ?

[— Droit.

Or donc, esprits de droite nature, Ja ne craignez de chanter la droiture De vostre Dieu : faites qu'en toutes parts Soit son renom et sa grandeur espars.

Le temps n'est plus qu'un rouge enluminé Guidoit les pas d'un jeune couronné.

Le temps n'est plus que, par cauteleux arts, Estoit en bruit la maison des Guisarts. Le temps n'est plus que, parleur grand malice, Condamnoyent tous les esleus au supplice.

ESTREINES AU CARDINAL

Au cardinal de Lorraine (1) Porte estreine Le saige Dieu tout puissant !

D'une fouldre, qui tout mine,

L'extermine, De ses maux le punissant (2) !

Luy oste aussi la lumière Journailière, Et le mette au plus bas lieu Des enfers, et de la sorte

' Sa cohorte Soit confondue en tout lieu (3) !

(1) Collection»RAssE de Noeux, t. I, p. 17.

(2) De ses mauvaises actions.

(3) Tant de fiel eutre-t-il dans l'âme des dévots.

Il est vrai que les protestants n'étaient pas dévots, mais simplement des saints (c'est au moins ce qu'ils disaient dans leurs cantiques), ce qui est bien différent.

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