FA1CTE ENTRE LE ROY ET LE CARDINAL
Par l'alliance Du cardinal, On void tout mal
Battre la France,
— et amour éternelle (1)
— laictes avec le roy ,
— ne trouver plus de
[quoy
— et sa fleur immor-
telle (2).
Qui Dieu desprise, — il sent sa main
[cruelle (3).
Luy jusqu'au bout — ayme et soutient la
[foy.
(1) Collection deRAssE de Nokux, 1. 1, p. 21.
(2) Rien n'est plus ingénieux que cette pièce de vers. Ce sonnet a deux sens : on trouve l'un en lisant les vers sans s'arrêter à la césure : c'est un éloge complet du cardinal et de son frère. En séparant les hémistiches et en ne lisant plus que la première partie de chaque vers, on constitue un autre sonnet, à lignes courtes, mais bien rimées, et cette fois; c'est une satire contre les deux princes lorrains.
(3) Pour comprendre ces quatre petits vers, il faut eu modifier ainsi la ponctuation :
Qui Dieu desprise ?
Luy jusqu'au bout. Qui prise tout ?
Son frère Guise.
Qui pille tout Son frère Guise
Ces deux fort bien Gardent que rien, Ne leur eschappe.
Car l'un de soy
Veult estre roy, Et l'autre pape
— et veult vivre sans loy,
— afflige de bon zèle.
— ayant un cœur uny,
— demeurant impuny,
— 0 très heureuse
[France !
— cognoissant combien
[craint
— sa justice il advance,
— imite , tant est
[saint (1).
(1) Ces calomnies se retrouvent dans plusieurs pièces de ce recueil : l'histoire impartiale a vengé les deux princes de ces audacieux mensonges. Mais le mal n'en fut pas moins fait : l'un fut assassiné, l'autre souvent menacé d'une mort violente.