‹ Recueil de poésies calvinistesChapitre 30 sur 72 · CONTRE LE CARDINAL DE LORRAINE · texte numérisé non relu

CONTRE LE CARDINAL DE LORRAINE

Faux traistre furieux, ta puissance et ta

[raige(l) Rien ne te serviront : apprester il te faut A rendre compte à troys : Dieu tout premier

[d'en haut Ne t'en remettra rien, cognoissant ton cou-

[raige (2), Car tu l'as offensé un million de foys, Or blasfèmant son nom, or mesprisant ses loix, Invoquant autre Dieu que luy en ton affaire, Saccageant, meurtrissant ceux qui font (sic)

[contraire (3).

D'autre part, quand le Roy sera venu en eage, Et il sçaura comment toy et ton frère cault L'avez voulu priver d'un sceptre, qui tant vault, 0! que je vois tomber sur ton chef grand

[oraige !

Recognoistre il te faut encore les grands maux,

(t) Collection Rasse de Noecx, t. I, p. 59.

(2) C'est à dire : Ce que tu veux au fond du cœur.

(3) Il faut lire ; Ceux qui font ton contraire.

Ravissements de biens et mort de ses vassaulx Auxquels tu as mené toujours guerre cruelle.

Ja, ja, pour tout venger, Dieu prend la cause

[en main :

Nous voyons contre toy s'armer un Prince hu-

[main (1) ht de son branc d'assier menacer ta cervelle.

(1) Humain veut dire ici non divin, prince de ce monde. Ce prince humain, qui de son branc d'acier menace la cervelle du cardinal de Lorraine, est Louis de Bourbon, prince de Condc, né le 7 Mai 1530, septième fils de Charles de Bourbon, duc de Vendôme. — De tels éloges sont le juste châtiment des princes qui, par ambition, trahissent leur religion et leur pays. Le nom d'un petit-fils de saint Louis mis de pair avec celui d'un Poltrot ! quelle leçon pour ceux qui ne savent pas dire : — Fais ce que dois, advienne que pourra.

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