SONNET DE DIEU AUX CATHOLIQUES
Latssez, Papaux, laissez toutes inventions (1) Que le Pape et les siens ont semé en l'Eglise. Cette maudite erreur Lucifer leur a mise Au cerveau, pour forger mille religions.
Ne monstrez, insensés, ainsy vos passions, En voulant soustenir ceste ignare prestrise, Qui, feignant saincteté, en brebis se desguise, Estans loups affamés et carnassiers lyons.
Qu'un chascun d'entre vous à suivre Christ se
[donne, Délaissant ce tyran portant triple couronne : Mieux vault tard que jamais à bien s'acheminer;
Aultrement, vous verrez que jà le temps est
[proche, Ainsy qu'il est prédit, que son grand jour approche, Auquel tous les meschans je veulx exterminer (2)
(1) Collection Hassk dk Nokux, t. IV, p. 151
(Ij (le sonnet clianlalil" n'a pas île date. — On peut le placer à l'époque où se terminait le concile de Trente, au
moment où le pape Pie V el les hommes les plus éclairés du catholicisme consolidaient les bases de l'Eglise, luttaient contre ceux qui forgeaient mille religions. Les gens qui dévoraient alors la France n'étaient pas des curés, mais des ambitieux et des intrigants. — Quant au dernier vers de ce sonnet, nous le recommandons à ceux qui ont une juste horreur pour la Saint-Barthélémy.
DES PAPAUX.
Certainement tost périront (1) Papaux, papistes, papillons :
Et Dieu, par qui jugez seront, Fera florir les Chastillons (2).
(1) Collection de Rassk de Noeux, t. I, 2« partie, p. 250.
(2J Ce quatrain dut être publié postérieurement à la bataille de Dreux : jusqu à cette journée, le prince de Coinlé fut le chef du parti protestant ; mais il fut fait prisonnier en combattant. Dès lors le commandement en chef fut ramifl à l'amiral de Coliguy et à son frère d'Andelot.