‹ Recueil de poésies diversesChapitre 14 sur 100 · INTRODUCTION XIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XIX

trop à des accidents primaires ou secondaires, pour qu'on ne soit point tenté de souscrire à cette thèse.

Le retour en Kurope des matelots de Colomb, l'expédition de Naples purent contribuer à la diffusion de la € grande vérole ^, dont l'image devait, plus tard, troubler, en un cauchemar angoissant, le sommeil de des Esseintes, mais ce n'aurait été que la recrudescence de manifestations déjà connues.

« Mal napolitain 2^ ou « mal français », suivant le versant des Alpes où on faisait usage de cette périphrase, les deux peuples auraient été mal venus à se reprocher cette « galanterie nt.

Quand les Français à tête folle S'en allèrent en Italie, Ils gagnèrent à l'étourdie Et Gêne, et Naple et la vérole.

Puis ils furent chassés partout ; Et Gêne, et Naple, on leur ôta :

Mais ils ne perdirent pas tout, Car la vérole leur resta.

Cet amusant huitain si fréquemment cité ne saurait rien prouver, sinon combien M. de Voltaire excellait en ces badinages.

Nul ne songeait encore à affubler la vérole d'un nom grec, et à Vienne, en 1494, l'auteur, Barthélémy Steber, l'appelait tout crûment — et de manière assez incongrue — le « mal français >/ (i).

(i) A Mala/rancios morbo gallomm preservatio ac cnra a Bartholomeo Steber Viennensi artinm et meiHcine doctore nnper édita. Impressum Vienne per Jo. W., 1494; in-4.

XX LES ROBBE

D'autres suivirent et lui conservèrent cette étiquette, le « certificat de provenance ».

Le premier, un médecin espagnol, Gasparre Torella, familier du cardinal César Borgia, chez qui il avait eu loisir d'étudier le mal de près, substitua, non sans quelque courage, à la conjonction des astres celle des sexes, et, tout en préconisant l'usage du mercure, combattit l'abus qu'on commençait à en faire.

La source de la contagion, à défaut de son remède, était trouvée. En 1512,1e poète Jean Droyn, d'Amiens, signalait en une pièce jointe aux poésies morales du frère Guillaume Alexis, moine de Lyre et prieur de Bussy, le danger des « petits trous pas chers », attribuant à la prostitution la plus commune origine de l'infection, et, avant Laurent Tailhade, consacrait cette ballade au « propos d'immanente syphilis » :

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