ROBBÉ DE BEAUVESET ET SON NEVEU ROBBÉ DE LA GRANGE
Les dictionnaires biographiques qui ont pour excuse de se copier pour l'ordinaire les uns les autres, font généralement naître Robbé de Beauveset à Vendôme, en 1714.
J'aimerais à pouvoir me montrer aussi affirmatif.
Il semblerait plutôt être né en 1712, son acte de décès lui donnant quatre-vingts ans, en 1792, sur les registres de l'état civil de Saint-Germain-en- Laye, où il mourut, comme Charles II, roi d'Angleterre.
On ignore plus encore le lieu de sa naissance. Les registres paroissiaux de Vendôme sont muets à ce sujet (i). La famille, après avoir embrassé la
(i) M. Georges d'Heilly a consacré, il y a déjà près de cinquante ans, un intéressant volume aux Lettres inédites adressées par le poète Robbé de Beauveset au dessinateur Aignan Desfriches, pendant le procès de Rob. Fr. Daniiens, ijyy (Paris, Librairie générale, 1875, in-12, de LXXXII, 186 p.) Bien avant
LES ROBBE
Réforme, était depuis longtemps déjà revenue au catholicisme et Pierre-Honoré Robbé pourrait bien être né à Paris, dont son père était bourgeois.
Ces Robbé étaient, cependant, d'origine vendômoise et leur passé d'anciens religionnaires devait facilement inciter le poète à souscrire au Jansénisme dont il fit quelques années profession, ainsi qu'en témoignent les Mémoires secrets de Bachaumont.
De pères en fils, ils étaient gantiers. D'après les sagaces recherches de M. Jean Martellière, avoué à Vendôme, sur les familles du lieu, le grand-père de Robbé de Beauveset, Jacques Robbé, était né en 1606 et mourut en 1670. Il avait épousé Marie Mardelière (1603-1675) dont il eut deux filles et un fils.
L'aînée, Marguerite, née en 1536, se maria à Vendôme et mourut en 1704, après avoir abjuré
moi, il s'était enquis, à Vendôme, du lieu et de la date de naissance de Robbé. Voici la réponse qui lui fut faite :
Mairie de Vendôme (Loir-et-Cher)
Vendôme, le 2^ avril 1870.
« Monsieur, « Des recherches ont été faites dans les paroisses de Saint- Bienheuré, Saint-Lubin, Saint-Martin et la Madeleine en 1712, 1713. 1714 et 1715, et elles ont été infructueuses. Vous savez qu'à cette époque les registres relatant les états civils, étaient très mal tenus, sans table alphabétique, et que les recherches y sont fort difficiles.
« Veuillez agréer...
« Le secrétaire de l'état civil, « AuG. Fermé. »
{Op. cit., p. IX.)
Mes recherches personnelles n'ont pas été plus heureuses.