LXIV LES ROBBÉ
foudres de la Sorbonne n'étant plus à craindre, il fit paraître les six chants de ses Victimes du Despotistne épiscopal (i).
C'était le fameux poème sur les vexations qu'eurent à subir les religieuses de Saint-Charles d'Orléans de la part de leurs évêques. Qui pouvait penser alors aux Bourniquettes et n'avait-on point, en 1792, perdu jusqu'au souvenir de la bulle Unigenittis ?
Ce second poème se vendit encore moins.
Vernet était mort le 3 décembre 1789, Cochin, le 29 avril 1790, Desfriches était, depuis 1791, paralysé et hors d'état de se servir de la jambe et de la main droites. L'isolement venait, pour Robbé, aggraver la misère en laquelle l'avait jeté la suppression de ses deux pensions.
Il mourut à son tour, presque en sage, le 8 novembre 1792, dans la petite maison de la rue du Roi-de-Pologne, où la détresse de ses dernières années avait trouvé un refuge :
« Il rit et causa assez longtemps avec moi la veille même de sa mort, écrivait Trochereau de la Berlière à Desfriches : l'entreprise qu'il allait faire de ce terrible départ, où le véritable inconnu commence, ne l'a point trop accablé (2). »
Il avait quatre-vingts ans, ainsi qu'en témoigne l'acte de décès reproduit par M. Georges d'Heylli :
« Le vendredi neuf novembre mil sept cent quatre-vingt-douze, l'an premier de la République française, le corps de Pierre-Honoré Robbé, âgé
(i) Les victimes du despotisme épiscopal ; poème en 6 chants. Paris, 1792, in-8, de 119 p.
(2) G. d'Heylli, op. cit., p. lxxv.