‹ Recueil de poésies diversesChapitre 51 sur 100 · INTRODUCTION LXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION LXIII

C'était la fin de son logement dans les dépendances du château; puis, il craignait pour sa pension et n'avait point tort :

« On me mande que l'assemblée nationale va réduire à mille écus tous les bénéfices, qu'elle va anéantir toutes les pensions et les recréer de nouveau après avoir examiné les motifs qui les ont fait obtenir. Quand viendra mon tour de paraître sur la sellette nationale et qu'on aura lu sur mon brevet que ma pension m'a été accordée pour des considérations particulières, on voudra savoir quelles ont été ces considérations, et je ne sais si elles sortiront victorieuses dans le jugement qu'en porteront ces messieurs (i). »

Elles ne sortirent point victorieuses.

Robbé alla s'installer dans une petite maison de la rue du Roi-de-Pologne. A la vieillesse venaient se joindre la gêne et l'incertitude du lendemain.

Espérant, toutefois, que le nouveau gouvernement pourrait ne pas se montrer moins sensible à ses chants que la royauté et ses suppôts, à nouveau il prit la lyre et publia la France libre.

La vogue n'était guère à ces amusements. La littérature était le moindre souci du moment. Aucune pension ne vint encourager le zèle du néophyte et le poème se vendit peu.

Il ne se découragea pas, et l'année suivante, les

(i) Lettre de Robbé à Desfriches, octobre 17S9. G. d'Heylli, op. cit., p. LXVÎ.

(2) La France libre, poème sur la rcvoïiiiwn actuelle de ce royatime. Paris, L.-F. Prault, 1791, in-8, de iv, B6 p.

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