‹ Recueil de poésies diversesChapitre 65 sur 100 · LXXVIII LES ROBBE · texte numérisé non relu

LXXVIII LES ROBBE

plein de gaîté, de tact et de délicatesse, resté très ancien régime et très honnête homme, cherchant à se consoler par de bons mots et de délicates attentions pour ses co-détenues, des misères du temps (i).

Dufort de Cheverny l'y connut, lors de son incarcération, toujours allant et toujours gai. Le mauvais état de ses affaires l'avait forcé à restreindre son train, mais il n'avait rien perdu de son enjouement. Sa société était recherchée de tous et MM. du Bue, de Baillehache et de Rancogne ne manquaient point de faire chaque jour avec lui leur partie de whist (2).

Madame Robbé de la Grange, qui l'avait d'abord rejoint à Blois, s'était vite fatiguée de ce pseudodévouement et était retournée vivre au Grand- Bouchet, où elle semblait peu se soucier de l'état de l'administration des biens de son mari, et moins encore du prisonnier. La sœur du prisonnier, par contre, était restée auprès de lui et « quoique libre, ne le quittait jamais » (3).

Encore qu'il eût passé depuis longtemps l'âge où l'on a accoutumé d'être accompagné d'un ange gardien, sa sœur en jouait un peu le rôle auprès de lui. Et ce n'était pas inutile, car il entrait un grain de folie dans la tête de ce Robbé.

(i) Mémoires de Madame Vallon, souvenirs de la Révolution dans le département de Loir-et-Cher, publiés par Guy Trouil- LARD, archiviste-paléographe. Paris, Emile-Paul, 1913 ; in-12 de xcv-234 p. : passitn.

(2) Dufort de Cheverny, op. cit., II, p. 241.

(3) Dufort de Cheverny, op. cit. y II, p. 227,

Page 1