‹ Recueil de poésies diversesChapitre 70 sur 100 · LXXXIV LES ROBBE · texte numérisé non relu

LXXXIV LES ROBBE

la liberté d'ouvrir les lettres qui pourroient me venir de vous ; et l'employ de ce qu'elle pourroit faire de ce qui me reviendroit. Bien loin de me tranquilliser, elle m'annonce que Chatillon que j'ai dit de payer en entier venoit de me faire assigner. Faut-il que j'ajoute cette douleur à la misère dont je suis écrasé depuis si longtems. J'ai écrit à ma femme, mais fort inutilement. Cet abandon me passe. Si je ne m'étois dû à une famille à qui je dois tout, la capitale ne m'auroit jamais vu; mais isolée, seule et dans la douleur, il m'a été impossible de refuser mes soins à une amie vertueuse, dont les parents sont tous absents ou morts, et j'acquitterai bien foiblement une partie de ce que je dois.

« J'ai besoin, Citoyen, qu'avec beaucoup de prudence et de secret vous m'envoyez la copie de mon acte de vente au C^" Bonvalet et la datte du contrat de cette même vente faite par le C" Bonvalet au C"" Le Bas. Ce contrat a été déposé au bureau des hypotecques, ainsi je crois qu'il vous sera facile de me donner ces renseignemens desquels j'attends les plus grands succès, surtout, Citoyen, que votre amitié me garde le plus grand secret.

^< J'ose croire que ma lettre trouvera votre billet parti et que j'en recevrai des nouvelles sous peu de tems, il n'y a pas idée de l'énormité de dépense qu'il faut faire ici, aussi dès l'instant ou mon amie aura touché son remboursement qu'elle attend, je ne manquerai pas de me rendre dans le canton. En attendant, je vous prie de faire payer mes fermiers à mon nom et de les poursuivre s'ils font des difficultés. J'ai besoin absolument du mien, vous trou-

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