‹ Recueil de poésies diversesChapitre 93 sur 100 · LES ŒUFS DE PAQUES · texte numérisé non relu

LES ŒUFS DE PAQUES

Sot que je suis, que je m'en veux de n'avoir pas fait faire à mes cheveux

le triple cercle de prêtrise.

Je l'ai jà dit, pour croquer gente sœur,

il n'est que d'être confesseur,

quiconque a les clefs de l'église

a le passe-partout du cœur ; j'en donnerois et mainte et mainte preuve, si le sujet n'étoit pas trop connu, mais qui ne sait que tendron ingénu,

femme gentille et fraîche veuve

sont vrai gibier à surplis, mais c'est surtout aux filles qu'il s'attache,

témoin le curé de Brédache

qui sut cueillir le premier lis

d'un des pucelages jolis

qui fut en toute la province.

En peu de mots je vais conter comment il vint à bout de la monter.

Pendant la quinzaine pascale.

chacun, comme l'on sait, vide son fond de cale, et solde avec son directeur; ce fut ce temps que le pasteur jugea propre à son entreprise.

Il confessoit l'innocente Dorise,

jeune fillette en qui la puberté

à deux fois six voit un an ajouté.

Comme elle étoit dans le prétoire opaque

à diviser ses cas par le menu,

le prêtre après le pardon obtenu

lui dit : — Venez chercher vos œufs de Pâques

demain chez nous. La pucelle y courut

à l'heure dite, alors le sire en rut

lui met en main son double pendeloque

et l'aiguillon qui faisoit regimber

Monsieur saint Paul et qui fit succomber

souvente fois l'auteur du Soliloque.

— Qu'est-ce cela? — Ce sont œufs à la coque, dit le pater au tendron innocent.

— Et ceci? reprend la fillette.

— Voyez- vous pas que c'en est la mouillette... Lors, sur le lit le pater hennissant,

sans tant de façons, vous la jette et d'œufs au jus lui sert un triple plat. Elle trouva ce manger délicat,

par quoi la belle satisfaite et prenant goût à ce plaisant festin, lui dit : — Si vous vouliez, père, chaque matin,

je viendrois sucer la mouillette.

LA CHASSE Conte.

C'est de tout temps que l'on a vu le froc piper le peuple avec des reliquaires, chaque couvent a son patron escroc qui fait bouillir la marmite des pères. Encor s'ils ne donnoient l'assaut qu'au gousset du vulgaire sot, ce seroit peu, mais les infâmes, avec la faux de la dévotion savent à leur discrétion moissonner l'honneur de nos femmes, en voulez-vous un exemple récent, j'en vais dire un qu'ai tiré des exaples.

Dans la gente cité de Naples, repose un saint qu'on nomme saint Crescent, femmes vont l'invoquant pour avoir géniture : ventre stérile et dans qui la nature voit dépérir l'espoir du genre humain n'a qu'à dévotement faire au saint sa neuvaine, au bout du temps, sa spermatique veine coule de source et fait germer l'hymen. A Paris le malade passe, sous le cercueil du saint, mais, dans ce pays-là, on vous mettoit la femme sur la châsse, jambe de çà, jambe de là, ce qui fit au prieur, la paillardise même, imaginer ce stratagème :

il délogea saint Crescent

de sa couche triomphante puis en place du saint, le moine sycophante

étaloit son corps hennissant.

Sur le dos de la châsse étoit une ouverture par où pouvoit passer messire braquemart et quand femme venoit requérir géniture, deux frères la montoient en commode posture

pour qu'à son aise opérât le frappart.

Là le moderne saint, du mari faisant l'acte, de la stérilité levoit la cataracte et vous tiroit les époux d'embarras.

Une donc de nos Saras qu'à son plaisir fertilisoit le père, contant un jour le fait à sa commère, lui fit naître le désir de tâter du même plaisir.

Elle fit donc la neuvaine gaillarde, de quoi si bien se trouva la paillarde qu'elle complota d'enlever ce saint membre que rien ne pouvoit énerver. — Parbleu ! qu'en peut-il arriver, dit la donzelle, et qu'avons-nous à craindre? le saint est mort et ne pourra se plaindre et nous userons de ceci en guise de gaudemichi. , A peine donc, à travers la lucarne, oii vous savez le compagnon s'incarne que la galante, à l'aide d'un rasoir, vous sabre net son joyeux aspersoir.

Le penaillon se vit écourter la flamberge, mais ce fut en jetant de si terribles cris,

que volontiers vous l'eussiez pris pour le taureau de Phalaris.

Ah! plût à Dieu que dans notre pays De nos moines ainsi on élaguât la v..ge.

LE PÉNITENT GASCON Conte.

Démon de chair et démon de quinze ans

n'est animal à dompter si facile,

à l'épreuve le coursier indocile

rompt sa gourmette et prend le mors aux dents,

quoi qu'on en ait : jeûne, cilice, veille,

chandelle aux saints, vœux, prière, couvents,

canons d'église ou telle autre merveille

à ce démon n'imposent pas souvent.

Il s'en goberge et le meilleur, je pense,

si l'on ne veut qu'on viole la loi

est d'en donner tout de suite dispense

ainsi qu'on fait à Rome comme en France.

Tout moyen autre est de chétif aloi,

non pas pourtant alors que Dieu s'en mêle

et qu'il nous porte efficace secours,

Satan pour lors par l'humain le plus frêle

se laisse battre en diable de deux jours.

Mais, dit Quesnel, Thomme, quoiqu'il soit libre,

n'a pas toujours pièces de ce calibre

qu'il puisse ainsi planter sur ses remparts

vers l'ennemi qui fond de toutes parts.

Il me souvient que quand l'adolescence

m'eut amené mes trois lustres complets,

désir soudain dans mon cœur prit naissance

de surmonter lubrique effervescence

et d'effacer la honte des soufflets

que Satanas, ainsi qu'un grand apôtre,

bien appliquoit sur le visage notre.

Me voilà donc aux pieds d'un directeur

de mes péchés le très humble porteur,

lui remontrant, zélé comme un novice,

l'état naïf de mon cœur ulcéré.

Je lui dis donc que l'indomptable vice

qui m'empêchoit de vaquer au service

étoit toujours luxurieuse envie,

diable mutin qui sous casque de chair

m'aiguillonnoit au plaisir qui m'est cher.

Las, père en Dieu, si saviez, lui disai-je,

quelle fureur prend mon coursier la nuit

de s'exercer en féminin manège,

vous plaindriez l'état où suis réduit.

Eh quoi ! toujours sur ses flancs sentir battre

le chef altier d'un diable cramoisi,

toujours en l'air, toujours prêt à s'ébattre,

pour y tenir faudroit être moisi.

Au plus grand saint le donnerois en quatre,

las ! si saviez par quelques mots choisis

le conjurer et lui baisser la crête,

si m'appreniez de quel frein on l'arrête ;

la Grâce alors entreroit de plein pied

dans mon logis et, faisant maison nette,

Satan bientôt videroit sans trompette

et je serois comme sur le trépied

jadis l'étoit l'écumante sibylle.

— Plein de mon Dieu, la victoire est facile,

dit le béat, ne faut sur lit mollet

s'acoquiner, ni porter le collet

au vieux serpent en lui laissant carrière

un peu trop libre, il lui faut opposer

la pression d'une étroite barrière

si que de nuit ne puisse rien oser.

En bon français, le druide encalotté

me conseilla de coucher en culotte.

D'un directeur il faut suivre l'avis

sans raisonner, aussi, par Dieu, le fîs-je,

bien m'attendois sur mes sens asservis

à voir par là s'opérer un prodige.

L'avis est bon, disoi-je, et de saison

de mettre ainsi Satanas en prison,

que fera-t-il, emmailloté d'un lange ?

je passeroi la nuit pur comme un ange.

Me voilà donc, muni d'une oraison,

sur ma paillasse à ronfler Dieu sait comme,

bien convaincu qu'avec moi le vieil homme

s'endormiroit ; mais, hélas ! mon Iris

que j'ai toujours présente à ma mémoire,

de mon cerveau détachant maints esprits,

les fait couler vers ce laboratoire

où la chaleur les épure avec soin

pour subvenir à mon pressant besoin ;

où vous savez l'impression se porte,

un gentil rêve échauffant le métal,

pierre aux liens (i) tente de bonne sorte

d'abandonner son plan horizontal

avec le ventre, il soulève la herse,

qui, malgré lui, l'étend à la renverse,

et redoublant des vigoureux efforts

il fait sauter deux verrous assez forts.

Au même instant, la volupté débonde,

(t) Var. Et Jean Chouart... (1801).

j'éprouve alors ce que saint Augustin

à notre Dieu confessoit en latin :

fluxiun caniis, mot latin n'est immonde.

Le lendemain, je fus conter l'effet

au père en Dieu de sa belle recette.

— Ne sais donc pas comme quoi l'avez fait,

me répliqua le pasteur en lunette,

pour parer contre aux révolus des sens

avec succès je l'emploie... — Oh! lui dis-je,

votre carrière a fourni soixante ans

bien complétés et ce seroit prodige

si vous pouviez forcer un caleçon,

mais moi qui suis encore à la leçon,

du dieu d'amour me faut autre remède,

en attendant qu'en trouver un meilleur,

si vous voulez. Père, que je m'en aide, '

envoyez-moi, tous les jours un tailleur.

LA CHEMISE Conte.

Il est des gens de bien dont fortune se joue et qu'en naissant elle prend en guignon gens malheureux qu'elle secoue en diable et demi sur sa roue, tandis qu'elle fait son mignon souvent d'un malotru, d'une âme contrefaite. Que voulez-vous, l'aveugle a ses prédestinés qu'en Benjamin son seul caprice traite ; mais parmi ses fils bien aimés.

les moines et les gens d'église tiennent le premier rang. Ce Dieu porte-bandeau

fait aussi la même sottise,

a-t-il quelque bon morceau,

quelque friand plat de réserve,

il faut que le drôle le serve sur la table d'un prêtre ou de quelque frappart. Oh, de par Dieu, je veux me faire moine

afin de devenir idoine à ses faveurs et d'en tirer ma part, Il fait bien plus le mignon portant ailes,

en intendant de leurs plaisirs,

il prévient jusqu'à leurs désirs

et souvent il pousse le zèle jusqu'à leur en fournir d'exquises en tout point

au, moment qu'ils n'y pensent point.

Si l'on refuse de me croire, pour s'en convaincre mieux, qu'on lise cette histoire.

Un cordelier de Saint-Quentin,

allant prêcher la Saint-Martin dans un village assez éloigné de la ville,

menoit avec lui frère Gille, ce frère Gille étoit un minois enfantin sur le menton de qui duvet d'adolescence

n'avoit point encor pris naissance, il comptoit trois soleils par delà ses treize ans, la nature l'avoit comblé de ses présents, il étoit beau, bien fait, portant sur sa figure

je ne sais quoi d'intéressant, pour les amours toujours de bon augure, dans un besoin non pas par trop pressant un cardinal s'en fut contenté, je il'] assure,

quant au père c'étoit un bon gros cordelier,

brun de teint et de taille ronde, qui n'avoit pas passé sans chausses délier

ses quarante cinq ans au monde, qui dans l'occasion sans se faire prier fêtoit encore fort bien et la brune et la blonde,

et, croyez-moi, que le cafard s'il eut été requis par quelque Putiphar du jeu d'amour, n'eut pas à la galande comme Joseph, laissé sa houppelande.

Pour charmer le chemin, tous deux alloient causant,

lorsque le plus noir des orages

sur leurs têtes épaississant

la fonte humide des nuages, du liquide élément imbibe en un instant le tissu peu serré de leur robe grossière, chemise, sacré froc, vénérable manteau,

dans un clin d'œil tout fut traversé d'eau : ils se seroient fondus, si d'une humble chaumière

ils n'avoient rencontré l'abri.

Sous ce toit habitoit une pauvre fermière qui pour tout bien avoit les bras de son mari

et son fuseau. Charité loge plus volontiers sous ces modestes toits que sous les beaux plafonds d'un fermier de nos rois, que méprise souvent tel qui fait son éloge. Aussi la pauvre femme aux fils de saint François fit-elle de son mieux. Une double chemise d'elle et de son mari formoient tout le trousseau : le frère prit la sienne et par père Rousseau

celle du. paysan fut mise ;

puis notre couple bien changé, bien réchauffé, bien remis de l'orage,

eut encore le temps de gagner le village

avant que Phébus eût plongé dessous les flots dorés de l'onde occidentale. Le pasteur de ce bourg étoit un vieux curé qui, depuis son heure natale comptant près d'un siècle enterré, pendoit sous le ciseau de la Parque fatale. Aussi le soin de la maison rouloit sur une arrière-nièce, gentille comme on peint Notre-Dame de Liesse et dans la fleur de la jeune saison :

notre charmant» majordome pour aide avoit servante de trente ans et qui de sa maîtresse eût fait le second tome, sans l'aînesse montant à deux lustres passans. Que le premier lot tombe au frère et le second au père cordelier, je vous laisse à juger si le dieu de Cythère a fait honnêtement sa charge de fourrier. La chose n'étoit pas facile.

Le pucelage de Goton avoit sous sa vertu, dit-on, trouvé plus d'une fois un invincible asile et triomphé de l'appétit glouton de maints avides escogriffes qui d'elle n'emportoient que l'empreinte des griffes. Mais cet esprit de curiosité qui, des humains perdit le premier père, sut triompher de sa fragilité et valut à ce gentil frère belle fleur de virginité.

Comme nos révérends se mettoient dans leur couche, Nanette qui n'étoit pas louche.

lorgnant à travers l'huis, vit très distinctement le joli frère en Dieu qui, sous son vêtement, endossait chemise de femme, et concluant de là qu'assurément c'étoit quelque drôlesse : — Oh ! dit-elle, l'infâme, il lui faut des tendrons pour coucher avec lui, je ne m'étonne plus pourquoi la bonne pièce lorgnoit le frère à table. Oh! par Dieu, d'aujourd'hui père, n'en tâterez... Puis sur l'heure à la nièce elle court conter tout le cas.

— Mais, dit Goton, as-tu bien vu, Nanette, avant de faire aucun fracas faut être sûr du fait ! — Oh ! j'ai prunelle nette, dit-elle, et puis voyez si le moindre coton de ce prétendu frère ombrageoit le menton.

Par quoi sans plus longue demeure toutes les deux s'en vont trouver le penaillon qui, pour sûr, n'attendoit de visite à cette heure. — Vraiment, pourquoi prend-on cette maison? dit la jeune nièce en colère, n'avez-vous pas de honte. Père, d'amener chez mon oncle une fille à coucher? Elle s'en défend mal et pour mieux se cacher, elle auroit dû, du moins, déguiser sa chemise. Je devrais du logis sur le champ la chasser, mais je crains le scandale, et puis quand l'aurai mise avec moi sous la clef, j'en réponds sur ma foi. — Frère, dit lors tout bas père Rousseau, crois-moi, ne fais le sot, le ciel te favorise, profite de cette méprise et rends grâces à saint François de la faveur que de lui tu reçois.

Ainsi fit frère Gille, en feignant quelques larmes

il suit la charmante Goton qui, sans crainte, à ses yeux étale tous ses charmes, fin mollet, cuisse ronde, élastiques tétons : c'en étoit trop pour mettre un frère sous les armes.

D'abord, la belle sans pitié, vouloit que la coquine eût un fauteuil pour couche,

mais le froid qu'il faisoit la touche et lui fait de son lit concéder la moitié. Que penses-tu, lecteur, que fera frère Gille?

qui quitta tout pour l'Evangile laissera-t-il en repos tels appas ?

osera-t-il ou n'osera-t-il pas?

Ne le verrez longtemps dans cet état perplexe : Goton, le chef penché sur un mollet coussin, dormoit auprès de lui, sur la foi de son sexe,

les deux bras croisés sur son sein

et sans la moindre inquiétude, quand Gille profita d'une heureuse attitude qu'Amour sembloit avoir ménagé à dessein ; ce n'étoit pas pour rien que certain genou gauche portant en se coudant jusques au bord du lit, laissoit la croupe libre et ce charmant réduit

où la nature nous ébauche.

Il enhardit le frère et le frère séduit se moque qu'on le prenne en beau flagrant délit. Un léger mouvement d'abord excite un rêve

qui charme la jeune beauté ;

mais il redouble!.. Gare qu'Eve

ne sente Adam à son côté.

Bientôt la volupté s'insinue et pénètre,

le frère n'est pas maladroit, Goton s'éveille en rut : — Ah ! dit-elle, où ton doigt,

folle, va-t-il ainsi se mettre?

L'amant redouble de fureur et d'un seul coup, d'hymen il enfonce la porte... On se pâme d'abord, ensuite l'on s'emporte

quand on a reconnu l'erreur.

Mais à quoi bon ! la place étoit prise d'emblée.

L'offense ainsi quatre fois redoublée

au vigoureux frère cordon de la première faute impétra le pardon

par la belle d'aise comblée.

L'histoire ajoute encor que le père frappart sut de Nanette aussi tirer sa quote-part

en lui contant la plaisante méprise à laquelle Goton alloit se trouver prise.

Notre heureux couple à robe grise, quoi qu'il en soit, fut amplement fêté ;

père Rousseau fut arrêté

pour l'Avent et pour le Carême, bien entendu que pour son compagnon il ne manqueroit pas d'amener le mignon qui, de sa part, jura, par le cordon suprême

de s'en tirer toujours de même.

L'HEUREUSE AVENTURE Conte.

En fait d'amour, comme en toute autre chose, One il ne faut désespérer de rien ;

l'aventure qu'ici j'expose

va le démontrer assez bien.

Alix, moitié d'un seigneur de village, belle, charmante, et dans la fleur de l'âge,

avoit donné dans l'œil à Barry son valet.

La mettre à bien le drôle eût bien voulu le faire, mais deux raisons s'opposaient à l'affaire :

dame Alix étoit fière et le manant si laid, si hideux et si contrefait qu'il auroit pu passer pour un Esope,

ce n'étoit pas de quoi tenter la Pénélope. Le gars aussi renfermait dans sa peau son feu secret, sans mot dire à la dame, tout son espoir étoit qu'enfin sa flamme le descendroit dans la nuit du tombeau, car de penser à forcer tel obstade c'étoit vouloir qu'Amour fît un miracle. Eh ! pourquoi non? quiconque a de la foi à ce dieu là, toujours Amour le sauve. J'en fis l'épreuve, il a souvent pour moi apprivoisé la belle la plus fauve.

Ce petit dieu, voyant que dame Alix, qu'il connoissoit si superbe et si haute, ne manqueroit de dépécher sans faute le pauvre diable au rivage du Stix, il résolut de soulager sa flamme

en jouant à la belle un assez plaisant tour. Un jour, un seigneur d'alentour

d'une noce envoya prier la jeune dame.

Comme elle aimoit la danse et les plaisirs,

elle eut bientôt grimpé sa haquenée,

son valet triste, en proie à ses désirs,

suivoit à pied sa chère dulcinée,

ils traversoient un bois assez épais,

quand trois vauriens qui passoient là tout contre

apercevant la dame et le valet auprès,

le sabre en main vinrent à leur rencontre.

— Madame, dit l'un d'eux, que venez-vous chercher ici? Sans doute à votre époux,

avec ce gentil personnage, vous machinez quelque burlesque outrage.

On sait assez jusqu'où pour semblable magot, souvent le sexe a poussé le caprice.

Mais [par] la mort, tout sur le champ il faut qu'à votre époux j'en fasse un sacrifice. Alix, tremblant pour le pauvre Barry,

crut pouvoir le tirer d'affaire, en leur disant que c'étoit son mari.

— Votre mari ? Soit il faut en voir faire tout devant nous l'office, dit l'un d'eux : allons, manant, vite qu'on se dépêche

à l'accoler, ou bien vous êtes morts tous deux. Madame Alix, tranchant de la revèche, sembloit, d'abord, aimer mieux le trépas que de manquer aux règles de l'honnête par qui proscrits sont les publics ébats.

Mais le galant, brûlant de se voir à la fête, étoit d'avis que le mari sans nul scandale, en tout état de cause, a droit de faire à sa femme la chose. Pour confirmer son sentiment, Barry

la descend de cheval et la couche sur l'herbe. Il accoloit cette beauté superbe, quand dame Alix, d'un ton bas et tremblant lui dit : L'ami, surtout, fais beau semblant, ne vas sur moi prendre entière licence, pour mon honneur aies au moins des égards.

— Je ne le puis, Madame, en conscience, on nous observe et, par Dieu, dit le gars, ils me tueroient ces diables de soudards !

Force fut donc qu'elle prît patience et patience à l'amour la mena, notre éclopé si bien se démena que, du garant s'entêtant notre blonde,

Barry vit ses aniours aller le mieux du monde

et depuis ce jour-là la belle associa

notre heureux nain au lit de son Joconde.

LES MOUCHES A MIEL Conte

Que l'homme est plein de préjugés divers

et que le poids de la première idée

dont on berça l'enfance mal guidée

nous fait donner dans de nombreux travers.

Tout est soumis à ce premier principe

qu'on se bâtit dans chaque nation

et si profonde en est l'impression

que rarement la trace s'en dissipe.

A leur esprit bien peu donnent l'essor,

nous sommes tous une simple machine

dont nos parents montent le grand ressort.

Pourquoi voit-on l'habitant de la Chine

devant des fleurs adorer prosterné,

pourquoi par nous le faux Mahom berné

est-il si cher à cet amas docile

d'hommes soumis à son livre imbécile?

là l'Ottoman, désignant notre loi

à la raison la juge peu conforme,

[rit] de saint Luc, comme on fait de l'exploit

d'un retrayant qui ne suit pas la forme.

Le bien, le mal qu'on attache à nos mœurs

est arbitraire et dépend des idées

dont enfantoit le ferment des humeurs

des chefs à qui les nations bridées

donnent le nom de saints législateurs.

Que si Plutarque à plein vaisseau respire

le feu qu'en Grèce Alcibiade inspire,

le Spartiate à ce mal adonné

d'aucun scrupule est-il environné?

Le faux prophète entre un nombre de femmes

partage-t-il ses vigoureuses flammes,

permis aux Turcs de peupler un sérail

tant qu'il voudra de ce gentil bétail,

pour nous chrétiens, gens de la loi nouvelle,

peuple affectant plus solide cervelle,

vivant d'espoir, notre églisier Barreau

à femme unique astreint notre taureau

et c'est pour nous assez grande besogne.

Mais je voudrois que, sauf toute vergogne,

il fût du moins permis aux contractans

de s'essayer l'un l'autre quelque temps,

avant qu'un prêtre orné d'une chasuble

ait prononcé le mot indissoluble.

C'est à peu près, tout grossier qu'il étoit,

que pensoit Pierre, un manant de village

qui, recherchant fillette en mariage,

vouloit avant voir ce qu'elle portoit,

il n'aimoit pas acheter chat en poche,

à la charrue ajustait le sillon,

il vouloit voir avant le carillon

si le battant alloit bien à la cloche.

Mais le moyen ? Son curé qui prêchoit

en homme saint contre toute luxure savoit si bien munir la créature qu'avant l'hymen aucun n'en approchoit.

Pierre avec Jeanne avoit raté sa noce ayant voulu cueillir le fruit précoce un peu trop tôt. Lise se présenta pour l'épouser, elle étoit gente et fraîche, jeune, maligne, au reste un peu revèche et n'aimant point qu'on commençât par là. Quand Jeanne sait que sa cousine Lise prenoit bientôt Pierre en face d'église, tout de ce pas, à part elle la prit :

— Quoi, lui dit-elle, as-tu perdu l'esprit, y penses-tu de souffrir que ce louche

t'en conte ainsi, crains-tu pas qu'il ne touche

à ton honneur avant que d'être à toi ?

Il t'en fera mieux qu'il n'a fait à moi.

Cet insolent m'a-t-il pas sur ma couche

voulu baiser, si je n'avois crié

c'en étoit fait. — Dis-tu vrai? reprit Lise,

s'il est jamais avec moi de ma vie

notre curé n'est pas homme d'église.

Ce n'est assez, faut lui jouer d'un tour...

— J'en suis d'avis, montrons à ce vautour si je suis donc fille à me laisser faire. Huit jours avant qu'ils durent s'épouser, notre galant voulut lui proposer

un avant-goût de l'amoureux mystère.

Lise feignit de se rendre aux propos : le rendez-vous fixé sur les dix heures, lorsque Phébus à prendre le repos eut invité nos tranquilles demeures.

Le compagnon s'en va vite, à dessein

de consommer le gentil sacrifice,

la belle avoit rempli d'un [plein] essaim

de gros bourdons jusques à l'orifice

un certain sac qu'elle avoit ajusté

au bas du fort par Pierre convoité.

Pierre venu, notre Judith moderne

met dans le sac la tête d'Holopherne.

Lise de fuir et bourdons de pomper,

lui de jurer, en se voyant tromper

d'une façon si sanglante et si triste.

Son pauvre outil en fut si malmené

qu'il manqua presque aller croître la liste

des malheureux par Vénus condamnés

à ne jamais approcher de sa plage.

Il en fut ri beaucoup dans le village

et nos manants, quand ils voyoient leurs gars

sur quelques filles attacher leurs regards,

surtout alors qu'ils les savoient farouches

leur criaient tous : Prenez bien garde aux mouches.

Dont il advint qu'un jeune jouvenceau,

simple et tout propre à gober le morceau,

crut bonnement que de nos amoureuses

le ventre étoit des ruches dangereuses.

— J'ai bien ouï qu'il y poussoit des fleurs,

disoit le gars et seroit-ce meryeille

s'il n'y venoit s'y nicher quelque abeille?

Et là-dessus, Guillaume tout en pleurs

s'en va trouver sa mère Guillemette

qui lui devoit faire épouser Nanette.

Le lendemain, lui déclare tout franc,

qu'il se dédit, ou bien que s'il la prend,

avant il veut que sa mère la mette

nue à ses 3'eux et voir comme elle est faite.

( BiBLlOTHECA

100 ROBBE DE BEAUV'ESET

On eut beau faire, il ne se départit

de son propos ; comme il étoit très riche,

à ce qu'il veut Nanette consentit :

notre lourdaud qui craint qu'on ne le triche

fouille partout, et, l'endroit visité,

lui fait tourner l'antipode-côté.

Lors à l'anus apercevant, le sire,

de nos frelons la trop visible cire :

— Je n'en veux pas, s'éeria-t-il, ô ciel

au cul, Nanette a des mouches à miel.

LE MAL RÉPARÉ Conte

Certain curé que f^pm^ï^eroiis Beleau,

administrant une malade en couche,

vit par hasar4, sur un cgrti^in tableau,

femme montrant chose autre que 1^ bouç^ie ;

dont l'homme saint scandalisé, Pieu sait !

la menaça de remporter son huile,

hors que 1§ peintre à la ^^vcie incivil^

ne recouvrît ce qui nu paraissoit.

On porte donc le tableau chez l'Apelle

qui, pour cacher Je jo3'au de la belle,

en manteau long peint Monsieur le Curé

qui de sa main couvrait l'endroit sacré.

Du peintre fol la burlesque incartade

à la santé rappeUP la mala4e ;

le lendemain, quan4 l§ prêtre ?nauss.ade

eut vu ses doigts qui servoient à cacher

RECUEIL DE POESIES DIVERSES lOI

ce que savez, il voulut se fâcher,

sur le tableau porter sa main farouche.

La dame, alors, riant de son courroux :

— Vous faites bien de la petite bouclée,

dit-elle, que je meure, si de vous

il s'en rencontre un qui d'abord ne veuille

couvrir cela d'une semblable feuille.

LE DIABLE DES FEMMES Conte,

De tous les saints que l'église révère nul à Satan n'a joué tant de tours que le patron de l'église de Tours dont est parlé dans Sulpiçe-Sévère.

Quand dans le corps de quelque malheureux, l'esprit malin élisoit domicile un signe de croix fait sur eux faisoit plier bagage au farfadet docile. Comme l'on sait dans les enfers il est plus d'une hiérarchie et cette ferme monarchie renferme des esprits de mille ordres divers, qui tous entre eux partagent l'univers, pour nous escamoter à la grâce divine chacun séparément fait jouer sa machine. Pour les menus exploits, il est des diablotins,

mais il est aussi des lutins qui malgré l'aspersoir sont diablement mutins, tel est celui qui prend à la langue des femmes

lOC ROBBE DE BEAUVESET

et celui qui préside aux amoureuses flammes, vous épuiseriez bien contre eux, eau bénite, foudres d'église, bref, tout ce qui leur fait un sort malencontreux, que vous ne leur feriez pour cela lâcher prise, mais surtout à celui qui les porte à jaser, il n'est ni crainte, ni menace qui mordit onc sur ce diable tenace, c'est là le fort armé qu'on ne peut terrasser, [pour] pouvoir délivrer la femme énergumène

de ce démon, harangueur sans pitié, faudroit être aussi saint que le catéchumène fameux par ce manteau qu'il coupa par moitié. Il en chassa pourtant un de trempe semblable, mais non pas sans difficulté, il avait beau seringuer notre diable, par saint Martin le causeur insulté se cramponnoit aux muscles de la langue et tenoit bon contre toute harangue.

Il y seroit encor, je crois, si le saint n'eut fourré ses doigts dans la bouche de la femelle, force lui fut de reculer sitôt qu'il se sentit brûler par les doigts oints du saint qui l'interpelle et ne trouvant d'issue autre que celle-là,

il sortit par l'endroit du monde qui convenoit le mieux à cet esprit immonde, bref par l'arrière-porte où gratte Loyola.

Ce diable n'étoit guère habile et s'il se plaisoit tant au corps de la sibylle, que ne se cachoit-il en un certain endroit où le saint, pour le sûr, n'auroit pas mis les doigts.

Mais non, il aurait là trouvé trop mauvais gîte, Car son antagoniste en étoit possesseur,

et l'impur esprit qui l'habite

n'aime pas un diable causeur.

LA GRAND'MERE ET SON PETIT-FILS Conte

Messire Orgon avait pour fils un gars et si simple et si niais qu'à sa seizième année il ignorait encore à quoi de nos chouards

la filure est destinée.

Le père pour le dégourdir de maints écus un jour lui garnissant la poche :

— Tiens, tiens, voilà, dit-il, de quoi te réjouir, n'est-il pas temps, morbleu ! que tu fondes la cloche ?

Allons, allons, déniaise-toi, Monsieur mon fils, et moule-le toi sur moi,

il falloit voir comme à ton âge j'allois flairant, troussant maint pucelage ! Seras-tu toujours sot, va trouver ton cousin,

qu'il te mène chez la Voisin.

Là tu feras d'esprit apprentissage.

Comme le fils descendoit l'escalier pour aller obéir aux ordres de son père.

Madame Thomas, sa grand'mère,

rencontre le jeune écolier qui bonnement lui dit ce qu'il va faire.

— Garde-toi bien d'aller en cet horrible lieu,

lui dit sa pédagogue aïeule.

tu te feras une affaire avec Dieu, viens, il vaut mieux ici que je t'apprenne, seule^ ce jeu dont ton papa te voudrait voir instruit. La sibylle aussitôt dans sa chambre le mène et lui montre le champ de l'amoureux déduit où pullule l'espèce humaine.

A cet aspect, l'instinct du jeune gars, qui sur ce lieu va fixant ses regards, tant et si bien se développe que Monsieur sort grand-père en est de prime abord. Sur l'aïeule en syncope, e petit-fils étoit encor crucifié,

quand son père entre et les trouve en pOBtUré, tous deux faisant bel outrage à nature.

— Dieu, quelle horreur! dit-il, que vois-je ici?

Malheureux, tu baises ma mère!..

— Eh, mais, parbleu, repart le fils au père :

vous baisez bien In mienne aussi.

L'OklGlKE DE LA FËMMë

Qui comme moi admireroit l'audace

de nos rabbins et du fameux Joseph,

vous les voyez donner sur plus d'un chef

aux livres saints des démentis en facd.

Ces écrivains, avec témérité,

vont altérant le narré de Moïse,

et par maints faits qu'ils changent à leur guise

ouvrent beau champ à l'incrédulité.

Bien est-il vrai que la sainte Ecriture

prend dans leurs mains un air de vérité

RECÛËit DE POESIES DIVERSES 10^

qu'on ne voit pas toujours à la lecture

lu livre Obscur àtix prophètes dicté-.

jdais il n'importe et sous aiicUtl prétexte

en ne doit point etî Ëltéréf le texte,

n'ajoutons donc de foi qii'àU seul ËUteur

que va guidant Utl souffle iftsplràteUf ;

Crions, crions aiiathèiiië ! à quiconque

ccrrompt la Bible, oU là. changé, ou la tfonque^

et donnât-il à soii récitatif

l'air le plus vrai, le tOti le plUs iiaïf

si qu'à côté la Bible pai^ût fabld,

ne b cro)'ori3 poUt" cela VéHlablé,

Dieu dit-il pas, en uiairlt et tùâiiit endroit^

qui ae voit poitlt voit plus clàii" que qui voit :

que ^ Foi donc soit notre Unique guide.

Auss s'est-on avée dfbit méfié

de ce qu'écrit lé rabbin Mëimonidë

de Dieu créant à riiortlme Une moitié.

Selon ce juif, 16 chef dé iiotre tace

fut loigtemps seul daiis lé jardin d'Edeti,

tous les plaisirs le ëUiVoiént à la trace

excepié ceux que l'oil goûté en liyinen,

il n'en tâtâ dé Idugtéitips lé boiihoinme:

Dieu n3 l'avoit pourtant fàçOiiiié cotnrne

il paroissoit poUf qUé Si beaux outils

dussen: rester ptOUt là simple paradé,

puis de/ant lUij mille animaux géntilâ

s'alloieat donnant l'àffiOUfeUsé estocade

et témo gnoient pat leurs roulements d'yeux

que ce plaisir rie dëvoit êtfe fade^

le voilà donc à tourmenter lés cieUX

pour en goûter : — Eh ! SéigUeur, sans compagne,

que voUeÉ-vdUs qué je fasse en ces liëUX

que m'ennuyer? dit-il d'un ton piteux.

Dieu, par hasard, du haut d'une montagne,

oyant sa plainte, enfin se résolut

à le coupler et lui faire une femme,

mais à regret, il savoit que la dame

bientôt mettroit obstacle à son salut

et lui feroit gober mainte couleuvre.

Voilà pourquoi le bon Dieu ne voulut

pour cette fois mettre la main à l'œuvre.

Il en chargea l'archange Gabriel,

pour qu'en tout cas le reproche ou la honte

de la besogne en fût tout pour son compte

et s'imputât au factotum du ciel.

Le créateur avoit d'abord à l'homme

mis double queue, une qui pendoit comme

aux animaux à la chute des reins

et quant à Tautre il l'avoit fait éclore

au même endroit où l'on la voit encore :

mais par la suite, à l'être souverain

celle du dos, y rêvant davantage,

parut gâter son plus parfait ouvrage,

il fut conclu qu'on la réformeroit.

A mon avis, c'est pourtant grand dommage,

arrière-queue en hymen serviroit,

dans ses ébats, femme s'accrocheroit

par cet endroit, devant une maîtresse

chacun voudroit faire voir son adresse

à frétiller en signe de tendresse

sa belle queue, on s'en escrimeroit

à tout moment, et si je ne me trompe

la queue aussi serviroit pour la pompe :

bien mieux que nous l'ottoman l'a compris

puisqu'au divan leurs trois pachas ont pris

tel ornement pour marque singulière

de leur grandeur et de leur place altière,

mais, ô douleur, ô soupirs superflus.

Dieu la supprime et nous n'en avons plus.

Consolons-nous, puisqu'au moins, en revanche,

femme nous vient de ce qu'on nous retranche.

Pour obéir aux ordres du Très-Haut,

le séraphin dans un rustique somme

profondément plongea le premier homme,

puis, le voyant à ronfler comme il faut,

tout doucement met la main sur sa croupe,

lui prend la queue et rasibus la coupe

et puis avec, dans un recoin d'Eden,

court fabriquer le vase de l'hymen.

Chemin faisant, notre ouvrier rencontre

arbres chargés de fruits beaux à la montre,

fleuris surtout, désir vint d'en tâter :

l'ange sur l'arbre aussitôt de monter

pour en cueillir, laissant sa queue à terre,

mais un barbet qui, d'assez loin la flaire

en tapinois vous la happe et s'enfuit.

Il avoit fait déjà près d'une lieue,

quand Gabriel, ne trouvant plus sa queue,

double de l'aile et si bien le poursuit

qu'il l'attrapa. Mais l'animal vorace

avoit déjà grugé plus de moitié

de l'instrument à former notre race.

L'ange en courroux arrache sans pitié

celle du chien, en disant : — Bon, qu'importe,

que ce soit queue ou bien d'homme ou de chien

puisqu'après tout l'œuvre n'en vaudra rien.

L'ange, au surplus, fit sa tâche de sorte

qu'Adam du troc ne se trouva trop bien.

I08 kOBBÈ DE BEAtJVESEt

Femmes, voilà, pourtant, votre originej aux vieux rabbins si l'on ajoute foi, très volontiers je riô crôii-OlS, poUr itloi, aussi, depuis, d'ârûoût ragé canine n'a point quitté l'éspêcé féminine.

Page 1