PARALYSIES DES NERFS MOTEURS DF, L'ŒIL
Bibliographie : Manuel cV ophtalmologie, du D'iFughs (de Vienne). — Traité des maladies des yeux, du professeur Panas. — Nouveaux éléments d'ophtalmologie, des D'"** Truc et Valude. — Traité d'ophtalmologie, des D""^ Nimier et Despagnet. — Traité de chirurgie, t. IV (D'' Delens).
Les statistiques nous montrent que sur cent affections oculaires il y a un cas de paralysie. C'est donc une affection relativement fréquente et qui intéresse dans nombre de cas beaucoup plus le neuropathologiste que l'oculiste, car ces paralysies ont souvent une signification diagnostique de premier ordre pour reconnaître les lésions encéphaliques, mésocéphaliques et bulbaires. Malheureusement, la complexité de l'innervation motrice^ l'existence des paralysies motrices intéressant plusieurs paires nerveuses ou ophtalmoplégies, le fait capital en l'espèce de la vision binoculaire et des centres d'association, les différences symptomatiques profondes dans les cas récents ou anciens, les he'sitations qui surgissent en présence de paralysies doubles, ou s'il s'agit d'yeux; d'acuité visuelle fort inégale, donnent à cette classe de paralysies un cachet tout spécial de difficulté diagnostique et nécessitent un examen des plus minutieux.
Les nerfs moteurs de l'œil sont : le moteur oculaire commun ou troisième paire, qui préside aux mouvements de tous les muscles droits, sauf le droit externe, du petit oblique, du releveur de la paupière supérieure et des muscles intrinsèques, muscle ciliaire et sphincter irien ; le moteur oculaire externe ou sixième paire commande au droit ex-
lerne, et le pathétique ou quatrième paire au grand oblique. Pendant longtemps on a cru que le grand sympathique animait directement les fibres radiées de l'iris, mais on admet presque universellement aujourd'hui que ces fibres radiées n'existent pas, et que l'action du grand sj'^mpathique est purement inhibitoire. Nous le laisserons donc de côté et nous allons étudier d'abord les symptômes généraux des paralysies motrices oculaires.
Syiiiptôines généraux.
Le malade vient consulter le plus souvent parce qu'il voit double, qu'il voit trouble (paralysie légère), qu'il louche. Tl raconte généralement que ces phénomènes sont survenus depuis peu de temps ; en effet, la diplopie est un symptôme si gênant qu'elle engage immédiatement le patient à s'adresser au médecin. L'attention est dès lors attirée sur la probabilité d'une paralysie musculaire.
1. Diminution de la motilité. — On fait suivre au malade le mouvement d'un doigt promené dans toutes les directions. Dans la paralysie d'un muscle, l'excursion du globe oculaire est diminuée ou entièrement supprimée du côté qui répond à l'action du muscle paralysé. Ainsi, lorsque le droit externe de l'œil droit est entièrement paralysé, cet œil ne pourra pas être amené plus loin que la ligne médiane de gauche à droite. Cette recherche se fait le malade conservant les deux yeux ouverts, ce qui permet de comparer avec le côté sain, ou bien en fermant successivement l'un et l'autre œil.
2. Déviation primaire. — Dans cette épreuve, l'œil est dévié dans un sens, il louche, mais ce strabisme paraly tique ne se manifeste que lorsque les yeux se dirigent dans la sphère d'action du muscle paralysé. Dans toutes les autres directions du regard on n'observe aucun défaut. Ce fait capital distingue le strabisme paralytique du strabisme ordinaire ou concomitant qui se manifeste dans toutes les directions du regard.
Les deux yeux étant ouverts et fixant le môme objet, si l'on marque à f encre sur la paupière inférieure la position momentanée du bord externe des deux cornées, ou par divers procédés : périmètre, utilisation des