‹ Recueil de questions d'internat (volume 2)Chapitre 202 sur 676 · VIII. Traîteinent · texte numérisé non relu

VIII. Traîteinent

a) Protéger les croûtes, empêcher l'irritation des terminaisons nerveuses : poudres inertes mélangées d'opium ou de cocaïne.

b) Si, l'éruption terminée^ la douleur persiste, traiter la maladie comme une névrite :

Courants électriques continus ;

Médication arsenicale ;

Morphine (l'éviter autant que possible).

c) Si l'on soupçonne :

La syphilis^ donner le traitement spécifique.

Le rhumatisme : le salicylate ;

La tuberculose : une hygiène appropriée.

MUSCLE STERNO-GLÉIDO-MASTOIDIEN

Dililiograpliie : Cruveilhier — Sappey — Testut — Poirier — Tillaux

SÉBILEAU — DUGHENNE DE BOULOGNE

Définition.

Le muscle sterno-cléido-mastoïdien est un muscle puissant tendu sur la face antéro-latérale du cou, entre la partie postérieure du crâne et la partie supérieure du thorax. C'est l'un des muscles les plus importants de la région cervicale, car, si au point de vue topographique il est le satellite des artères carotides, au point de vue pathologique c'est lui qui est le plus souvent en cause dans le torticolis musculaire.

Forme.

Il a la forme d'un parallélo'gramme allongé dans le sens vertical, aplati dans le sens transversal.

Etendue.

Il s'étend du sternum et de la clavicule à l'apophyse mastoïde du temporal et à la ligne courbe supérieure de l'occipital.

Direction.

De l'extrémité sterno-claviculaire qui est considérée comme son point d'origine, le muscle se dirige obliquement en haut, en dehors et en arrière.

Insertions.

A. Insertions inférieures.

Le muscle sterno-cléido-mastoïdien s'insère en bas

MUSCLE STERNO-CLÉIDO-MASTOIDIEN 2301

par trois chefs très nettement distincts, un chef sternal et deux chefs claviculaires.

1. Chef sternal. — Le muscle s'insère sur la face antérieure de la première pièce du sternum, en dedans de l'encoche destinée à la clavicule, au-dessous de la fourchette sternale. L'insertion se fait par un tendon puissant, conoïde, dont quelques fibres traversent la ligne médiane pour gagner le tendon du muscle du côté opposé. Ce tendon se dirige en haut et en dehors, donne naissance aux fibres musculaires par sa face profonde et cède la place au corps musculaire arrondi qui gagne la base de l'apophyse mastoïde,

2. Premier chef claviculaire . — Ce chef est superficiel et oblique (Poirier) et s'insère sur la face supérieure de la clavicule sur une étendue de 3 à 4 centimètres, à la lois par des fibres musculaires et aponévrotiques. Le corps musculaire est rubanné, se dirige en haut et en arrière, passe au-dessous du chef sternal et gagne la ligne courbe supérieure de l'occipital.

3. Deuxième chef claviculaire. — Ce chef est profond et vertical (Poirier) et s'insère en arrière du précédent à la limite des faces postérieure et supérieure de la clavicule, sur une longueur de 3 à 4 centimètres, à la fois par des fibres charnues et tendineuses. Le corps musculaire est assez épais, se dirige verticalement en haut, passe au-dessous des deux chefs précédents et gagne la partie antérieure de l'apophyse mastoïde.

La réunion de ces différents chefs se fait généralement très haut, mais peut ne jamais s'effectuer, disposition que l'on observe à l'état normal chez la plupart des mammifères : entre autres la marmotte et la sarigue (Meckel) .

B. Insertions supérieures.

1. Le chef sternal s'insère par une aponévrose très mince et étalée à la face externe et à.la base de l'apophyse

mastoïde, et à la portion externe de la ligne courbe supérieure de l'occipital.

2. Le premier chef claviculaire s'insère sur la ligne courbe supérieure de l'occipital jusqu'aux insertions du trapèze en arrière.

8. Le deuxième chef claviculaire s'insère en se fusionnant au chef sternal à la face externe de la mastoïde par une mince aponévrose^ au bord antérieur de cette apophyse par un tendon résistant né du bord antérieur du corps musculaire.

Le STERNO-MASTOÏDIEN EST UN QUADRICEPS. — LcS fîbrCS

sternales et les fibres claviculaires superficielles forment un plan superficiel, appelé par Farabeuf sterno-cléido-occipitomastoïdien ; les libres claviculaires profondes forment un plan profond, dit cléido-mastoïdien.

L'indépendance de ces deux plans est assez fréquente et suffisamment nette pour qu'Albinus, et après lui Theile et Farabeuf, aient voulu les décrire séparément.

De plus, si nous remarquons, avec Kraûse, que le plan superficiel peut se décomposer en trois faisceaux : sternomastoïdien, sterno-occipital, cléido-occipital, nous voyons que, en ajoutant le chef cléido-mastoïdien, profond, le muscle est en somme formé de quatre faisceaux. C'est donc le quadriceps de la tête.

L'anatomie comparée nous donne la clef de cette disposition des muscles : elle nous montre, en effet, d'une part les deux plans nettement séparés chez la plupart des mammifères, et d'autre part la division en quatre chefs existant à l'état normal chez certains animaux : l'hyène, par exemple.

Rapports.

Le muscle sterno-cléido-mastoïdien nous présente à étudier des rapports immédiats et des rapports médiats.

A. Rapports immédiats. — Le muscle est compris dans un dédoublement de l'aponévrose cervicale superficielle qui lui forme une gaine d'enveloppe complète. Mais dans sa partie supérieure cette gaine présente une épaisseur et une résistance bien plus grande que dans sa partie inférieure, où

MUSCLE STER.\'0-CLÉlDO-MASTOIDtE\ 2;^^

elle devient très mince et ressemble à une simple toile celluleuse. Aux confins des régions sous-maxillaire et parotidienne, l'aponévrose est très épaisse par sa partie antérieure. Cet épaississement forme une bandelette étendue de l'angle postérieur de la mâchoire au bord antérieur du muscle sterno-cléido-mastoïdien, et qui se continue sur la face pour former ce que Richet appelait la bandelette d'insertion faciale. L'anatomie comparée, et une anomalie fréquente du muscle sterno-mastoïdien, nous rendent compte de la raison d'être de cette bandelette sterno- maxillaire. Chez quelques grands mammifères, l'âne, l'éléphant, le cheval, on voit quelques fibres du sterno-mastoïdien venir s'insérer, sous le nom de muscle sterno-mandibulaire, à l'angle de la mâchoire. Ces fibres sont retrouvées quelquefois anormalement chez l'homme. La bandelette qui nous occupe est un reste de cette disposition.

B. Rapports médiats. — Par l'intermédiaire de sa gaine aponévrotique, le muscle sterno-mastoïdien est en rapport avec les parties voisines, et à ce point de vue il faut lui considérer une face externe, une face interne, un bord antérieur et un bord postérieur.

I. Bord antérieur. — Ce bord est en rapport en haut avec la région parotidienne dont il forme la partie superficielle et externe de la paroi postérieure. A ce même niveau, il est en rapport avec le bord postérieur de la parotide. Plus bas, il forme la limite externe des régions sus et sous-hyoïdiennes et détermine une saillie, de laquelle résulte en dedans du bord antérieur du muscle une dépression : la gouttière carotidienne. La veine jugulaire externe longe ce bord du muscle auquel elle est antérieure.

TL Bord postérieur. — Ce bord constitue avec le bord antérieur du muscle trapèze les limites latérales du triangle sus-claviculaire, à sommet supérieur ; limites variables d'ailleurs, suivant le développement des deux muscles. Souvent, en effet, les deux muscles se touchent presque par leurs bords, ou bien il existe des faisceaux musculaires surnuméraires qui fondent les deux muscles en une seule nappe musculaire. Cette

anomalie légitime l'opinion de Gegenbaur qui considère le muscle sterno-cléido-mastoïdien comme composé de faisceaux erratiques du trapèze. Au niveau de ses insertions occipitales, le bord postérieur du muscle sterno-masloïdien est parfois recouvert par un muscle surnuméraire, le transverse de la nuque de Schultze.

111. Face externe. — On rencontre en allant (Jes parties superficielles vers les parties profondes :

1. La peau. Elle est souple, mobile, fine, glabre. A travers elle, on voit la jugulaire externe qui bombe quelquefois et qui est souvent animée des battements du pouls veineux ;

2. La couche cellulaire sous-cutanée qui présente des différences suivant qu'on la considère à différents niveaux du muscle.

a. A la partie supérieure, elle est composée d'aréoles fibreuses contenant des lobules graisseux, parfois volumineux, rougeâtres. Ces aréoles attachent solidement la peau aux faisceaux fibro-charnus du muscle sterno-cléido-mastoïdien.

P. A la partie moyenne elle se dissocie assez aisément en deux assises dont la plus superficielle est aréolaire, la plus profonde est lamelleuse, et qui adhère assez intimement au peaucier qui la traverse.

Y- ^ ^^ partie inférieure le tissu cellulaire devient plus abondant, et se borne à une couche lamelleuse épaisse infiltrée d'une grande quantité de vésicules adipeuses, surtout chez la femme.

Le tissu cellulaire renferme :

a) Le peaucier. qui descend du menton vers la région sus-claviculaire, dont il n'atteint pas la partie postérieure. C'est un organe rudimentaire chez l'homme, quadrilatère, très mince, qui adhère à la face profonde de la peau, baigne dans du tissu lamelleux, se dirige en sens inverse des faisceaux du sterno-mastoïdien et produit quelquefois, par sa contracture, certaines variétés de torticolis ;

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b) Les branchés du plexus cervical superficiel qui, à leur émergence des parties profondes, se recourbent en avant sur le bord postérieur du muscle et passent sur sa face externe pour gagner les régions où elles se terminent. Les filets cervicaux passent transversalement sur le muscle et gagnent la ligne médiane; les filets sus-claviculaires et sus-acromiaux passent obliquement pour descendre vers la partie inférieure du cou ; les tilets mastoïdiens et auriculaires gagnent la région auriculaire postérieure ;

c) La veine jugulaire externe, née au niveau de l'angle de la mâchoire (Sébileau), se dirige en bas et en arrière, sous le peaucier, aux fibres duquel elle est parallèle, et croise sous un angle très aigu le muscle sterno-cléido-mastoïdien. Elle est croisée par les filets du plexus cervical superficiel et aboutit, après perforation de l'aponévrose cervicale superficielle, dans le tronc brachio-céphalique correspondant ou dans la veine sous-clavière. (Voir question région parotidienne).

3. Enfin on rencontre profondément le dédoublement superficiel de l'aponévrose cervicale superficielle, déjà décrit.

IV. Face interne. Les rapports de la face interne sont beaucoup plus complexes; mais avant de les aborder nous devons faire remarquer avec Richet les faits suivants : la tète étant dans la position de la ligature des carotides, le bord antérieur du muscle, adhérent à la gaine, recouvre complètement le paquet vasculo-nerveux du cou, et ce n'est qu'après isolement du muscle des lames aponévrotiques qui l'enveloppent, que celui-ci se ramasse sur lui-même, s'arrondit, devient flasque et s'infléchit en arrière en découvrant les vaisseaux. Ceci posé, si nous sectionnons la gaine et les insertions inférieures du muscle pour le relever, nous voyons qu'il est plus ou moins maintenu sur les plans sous-jacents par des vaisseaux et par des nerfs.

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