C. Nerfs
Ils viennent de deux sources : du spinal et de la branche antérieur de la troisième paire cervicale.
D'après les travaux de Maubrac il résulte que la troisième paire cervicale s'anastomose avec la branche externe du spinal dans l'intérieur du muscle. Les quatre faisceaux musculaires sont innervés par des filets spéciaux qui proviennent de l'anastomose des deux nerfs précédents. En outre, et d'une façon constante, le faisceau cléido-mastoïdien possède des filets nerveux qui lui viennent directement du spinal. Les autres faisceaux peuvent posséder aussi des filets directs, mais ceux-ci ne sont qu'accessoires. Froment décrit un filet dû laryngé externe qui se distribue constamment dans le sterno-cléido-mastoïdien.
Anomalies. Variétés.
Les faisceaux peuvent être plus nombreux, les insertions plus étendues que celles que nous avons données. On remarque quelquefois une intersection aponévrotique au tiers
MUSCLE STERNO-CLÉIDO-MASTOIDIEN 2311
moyen du muscle. Des faisceaux du muscle peuvent se rendre dans le sterno-thyroïdien ou l'onio-hyoïdien, sur l'angie de la mâchoire, vers le trapèze, sur le ligament st)'lo-maxillaire, sur la gaine des vaisseaux du cou. Le tendon inférieur peut contenir un os sésamoïde, etc.
Nous avons d'ailleurs signalé en étudiant les insertions du muscle les diverses anomalies que celui-ci peut présenter.
Physiologie.
Le point fixe est inférieur ou supérieur. A. Point fixe inférieur.
a) Action simultanée des deux muscles. Flexion de la tête.
b) Action totale d'un seul muscle. Flexion de la tête, inclinaison du côté qui se contracte, rotation du menton du côté opposé.
En même temps, rotation de l'atlas autour de l'axis ; flexion de l'occipital sur l'atlas, quand le grand et le petit droit ont au préalable fléchi déjà un peu la tête en avant; extension quand cette action adjuvante a manqué.
c) Action du chef sternal. Ce chef est plus rotateur que fléchisseur, ce qui est le contraire pour le chef claviculaire.
Les faisceaux sterno-mastoïdien et sterno-occipital inclinent la tête de leur côté et font tourner le menton du côté opposé.
d) Action du cléido-occipital. Rotateur en même temps qu'il incline la tête latéralement.
e) Action du cléido-mastoïdien. Flexion latérale très prononcée, rotation à peine marquée.
Maubrac pense qu'il existe des connexions intra-cérébrales entre les centres des nerfs moteurs de l'œil et le spinal, connexions qui expliqueraient la déviation conjuguée de la tête et des yeux dans certaines afiections.
B. Point fixe supérieur.
a) Rôle sur la respiration. Le chef sternal devient inspirateur directement, le chef claviculaire n'est ins-
pirateur qu'en fixant l'insertion omo-claviculaire du petit pectoral et claviculaire du sous-clavier.
b) Rôle dans la phonation. Le sterno-cléido-mastoïdien devient un modérateur de l'expiration.
c) Rôle dans les mouvements du bras. Le chef claviculaire, attirant en haut la clavicule et le moignon de l'épaule, fournit une insertion fixe aux muscles de l'épaule dans les mouvements du bras.
Dibliograpliie : Redard. Le Torticolis et son traitement. — Tillaux. Cliniques chirurgicales. — Duplay, Rochard et Demoulin. Diagnostic chirurgical, p. 290. — A. Robin. Traité de thérapeutique, fascicule VI, p. 237. — Walther. In Traité de chirurgie de Duplay et Reclus, t. V, p. 703. — Le Dentu et Delbet.
Pour Redard, le torticolis (cou tors, wry-neck, schiefhals) est une difformité, congénitale ou accidentelle, caractérisée par une inclinaison permanente et involontaire de la tête et du cou.
Pour Tillaux, c'est une attitude vicieuse du cou telle qu'il en résulte une inclinaison latérale de la tête avec torsion, cette dernière condition étant essentielle.
On peut allier ces deux définitions en disant : le torticolis est une attitude vicieuse congénitale ou accidentelle du cou, caractérisée par une inclinaison permanente du cou avec torsion de la tête.